Un jour, j’ai eu un cancer (11) Des conséquences
Quand je suis rentrée de Bretagne la semaine dernière, Léone m’a tendu mon courrier – une seule enveloppe – l’air un peu tendue. Elle est restée près de moi pendant que je l’ouvrais.
Quand je suis rentrée de Bretagne la semaine dernière, Léone m’a tendu mon courrier – une seule enveloppe – l’air un peu tendue. Elle est restée près de moi pendant que je l’ouvrais.
Les semaines ont passé. Peu à peu, l’étau du confinement s’est desserré.
La ligue contre le cancer apporte une aide bienvenue. Elle propose des séances de sophrologie, des consultations avec un nutritionniste, des aides psychologiques, des séances de yoga.
Ce jour-là, la discussion avec le Professeur a été à la fois longue et courte. Longue parce qu’après m’avoir auscultée, il m’a expliqué exactement ma situation. En résumé, le lobubidulle avait atteint le ganglion sentinelle et il n’était pas exclu qu’il ne l’ai pas fais dans les autres.
Lors d’un de mes premiers voyages en Guadeloupe, un an après le cyclone Hugo, j’avais demandé à un ami comment il l’avait vécu. Il a refusé de me répondre. Il a juste dit : « L’avoir vécu, ça suffit. Je n’ai pas envie d’en parler. » Mon cancer, ça a été longtemps pareil.
Quand je suis malade et que je vois le médecin, j’ai tendance à être un bon petit soldat et à faire confiance : « Je remets ma vie entre tes mains, aide-moi et en retour, je serai sage et obéissante. »
Aujourd’hui, je digresse. Un peu de contexte avant d’aborder la suite.
En décembre 2019, je suivais l’actu de près. D’abord par intérêt personnel. Je le fais depuis petite, la radio allumée en permanence chez mes parents m’en a donné le goût. Mais aussi parce que cette année-là, j’étais la rédactrice en chef des Rattrapages de l’actu.
Il n’y a rien qui m’énerve plus que les formules du genre : il est mort après une longue maladie. Comme si c’était sale. Bon, la syphillis, je comprends qu’on ne veuille pas entrer dans les détails. Mais un cancer ! C’est d’un commun. Même les animaux meurent de cancer.
Jeune femme, j’ai été confrontée à l’épidémie du sida. Un certain nombre de mes connaissances et certains de mes amis ont été touchés. La plupart en sont morts.
C’était l’année de mes 60 ans. Cela faisait un moment que je différais la mammographie de contrôle. Ce n’étais pas que je craignais particulièrement cet examen.
Je discutais avec une ancienne consœur et je lui disais que, chaque fois que je « rentrais» à Paris, je ressentais l’impression que je n’en étais jamais partie.
Depuis qu’avril a foutu le camp, il pleut. Jusque là, nous avions un temps de Covid. Du soleil, de la chaleur et comme je suis à la retraite, pas grand chose à faire. Bon, la différence n’aura échappé à personne, on avait le droit de sortir au delà du jardin.
En 1972, en revenant d’un séjour en Bretagne, Madeleine de Sinety s’arrête dans un village, Poilley, en Ille et Vilaine. Elle tombe amoureuse du lieu qui lui rappelle son enfance au château, tout en lui ouvrant les portes d’un monde qui lui était, à l’époque interdit.
Je reviens sur cette histoire de Calibri vs times new roman. Trump (ou son administration, ou Marco Rubio) n’est pas le premier à émettre des dictats concernant la typographie. Les relations entre celle-ci et la geste politique sont millénaires