Après un dimanche à nous baguenauder sur le marché Wazemmes (grande ambiance et grosse fatigue), nous décidons d’aller visiter le MUba de Tourcoing. Il a l’avantage d’être ouvert le lundi alors que tous les autres sont fermés. C’est un petit musée, donc une journée au programme léger. Il faut garder des forces pour celui de la journée suivante qui lui s’annonce costaud.

J’aime beaucoup les musées des beaux arts des petites villes. On y voit des œuvres qu’on ne trouverait pas dans les grands musées qui en ont tellement d’autres…

Celui-ci doit tout à ses maires au 19e siècle. Il était même installé au cœur de la mairie à sa création, en 1860. C’est en 1931 que le musée des Beaux-Arts s’installe rue Paul-Doumer, d’après les dessins des architectes Henri et Jean Maillard. Il se compose d’un l’hôtel particulier auquel ont été ajouté de grandes galeries typiques de l’architecture des années trente.

Depuis 1986, les lieux ont été restructurés pour permettre une nouvelle politique culturelle, qui s’échappe de l’histoire de l’art telle qu’elle est présentée dans les musées plus classiques. Elle consiste à approcher différemment les œuvres d’art et s’ouvrir aux autres arts vivants : musique, danse, poésie, théâtre…

Ainsi, dans la plus grande salle (la 3) par laquelle nous commençons notre visite n’expose pas les œuvres dans l’ordre de leur création. Elle mélange les époques, les styles, juxtapose les œuvre ce qui amène à les regarder de façon différente.

Nous avons commencé la visite par la fin, cela m’arrive souvent.

Comme notre chemin de visite n’est pas des plus logiques, nous passons dans la salle 1. Pour une présentation plus classique. Les œuvres sont présentées de façon chronologiques, du XVIIe à nos jours. D’abord une série de peintures flamandes du XVIIe siècle qui rappelle que la région fit partie des Pays bas méridionaux. Les tableaux sont essentiellement des natures mortes, des scènes de genre ou historiques.

Puis viennent les œuvres de la deuxième période du XIXe siècle jusqu’à nos jours. C’est à cette époque que le musée de Tourcoing a été créé. Les premiers administrateurs et les riches donateurs se sont aux salons de Paris organisés par l’Académie des Beaux-Arts. Les œuvres sont très classiques, les trublions de talent n’avaient pas portes ouvertes dans ces salons – mais très belles. Des grands formats, beaucoup.

La salle 2 est dédiée à Eugène Leroy, un peintre né à Tourcoing. A la mort de l’artiste, ses deux fils on fait une donation exceptionnelles de 400 peintures, dessins, gravures et sculptures au musée qui prend alors le nom de MUba Eugène Leroy. Beaucoup de nus, des autoportraits, des paysages. Jen ne suis pas une grande fan de ses œuvres. Je passe la salle rapidement

Se suivent alors une série de petites salles qui regroupent les œuvres du XXe et du XXIe siècle, peintures, sculptures, dessins, estampes. Beaucoup de belles choses, certaines étonnantes.

Le plus de ce petit musée, c’est l’espace. On peut prendre du recul pour admirer des œuvres parfois immenses. Mais on peut aussi les approcher de près, les regarder dans le détail, observer les techniques. Grâce aux verrières, la lumière est belle. On respire.

On emprunte un couleur et on tombe dans une salle au décor suranné. Elle appartient au corps du bâtiment de l’ancien hôtel particulier et en a gardé le décorum. Aujourd’hui, elle sert d’ateliers pour les jeunes et les enfants qui viennent visiter le musée. Dans un coin, un piano. Deux adolescents essaient d’en jouer en suivant des tutos sur leur téléphone. Ils se débrouillent plutôt pas mal pour des complets débutants. La méthode est peut-être efficace. Nous les avions vu un peu plus tôt en train de se prendre en photo devant une toile. Ils évoluent dans ce musée en toute décontraction, accueillis et donc visiblement contents d’être là.

L’escalier est magnifique, de ces envolées de marche des grandes maisons bourgeoises. Il est surmonté d’une grande toile noir et blanc. En haut, on découvre deux petites salles dédiées aux œuvres sur papier, toutes époques confondues. Ce qui donne un patchwork assez détonnant où une gravure de Rembrandt côtoie un chat d’Alain Séchas ou une estampe d’Emile Berhmans. Dans la dernière salle, un banc fait face à un mur couvert d’une œuvre de Sol Lewitt (lavis d’encre sur mur – œuvre à protocole), Wall Drawing 659. Elle fait partie d’une série débutée dans les années soixante-dix et a été conçue spécifiquement pour cette salle du musée.

Nous restons un moment assises face à ce mur. Je me repose. Je commence à fatiguer. Je suis à un stade où je pourrais devenir bougonne. Léone s’amuse et me déride.

Après avoir fait un tour dans la toute petite boutique au rez-de-chaussée, nous récupérons nos affaires dans les casiers du vestiaire et saluons chaleureusement les personnes à l’accueil. Car le plus de ces musées, c’est que les gens y sont adorables, contents de vous voir. Les gens du Nord…

Il fait beau. La pluie du début de l’après midi s’est éloignée. Nous décidons de faire un petit tour dans la ville avant de reprendre le métro et de rentrer

Plus de photos sur mon compte Flickr