Troisième acte

Cela me faisait du bien de retrouver d’autres personnes, de voir des sourires, des gens heureux d’être ensemble pour aller voir Luisa Miller, cet opéra de Verdi auquel j’avais déjà assisté la semaine passée avec Garance. La distribution des places achevées (qui a la place de qui et qui paye quoi à qui…), nous avons rejoint, Traou, une de ses amies et moi, la corbeille du quatrième étage. Nous avions pignon sur scène. Et ce n’était pas mal. Andrzej Dobber qui interprétait le père de Luisa étant malade, il fut remplacé au pied levé par Paolo Gavanelli. Ma place et le nouvel interprète furent les deux seuls changements notables que j’ai notés. Mes impressions résumées restent les mêmes.

Le décor est vraiment kitchou en diable. Et les costumes, on n’en parle même pas. Les petites paysannes dans ces jolis costumes pastel, la petite maison dans la montagne, la tresse de Heidi Luisa Miller, les prières en veux-tu en voilà (à genoux et avec mains jointes s’il vous plaît, dans la droite ligne du discours de Latran). Bref, une pâtisserie une peu lourde et légèrement dégoulinante…

La mise en scène est pénible. On se croirait à la fin des années cinquante quand la Tébaldi se figeait sur scène. Quand on chante, on se met au milieu, ou devant et on plante son solo. C’est tout juste si on ne met pas les mains sur les hanches, j’exagère à peine.

L’histoire est un mélo sans nom. Luisa Miller habite la petite maison dans la prairie un petit chalet dans le Tyrol avec son père un « mirlitaire » à la retraite. C’est son anniversaire, tout le monde vient le lui souhaiter. Même son amoureux, le beau Carlos.

Luisa Miller à l'opéra Bastille
Luisa Miller à l'opéra Bastille

Mais l’infâme Würms, intendant du château, est jaloux. Il révèle à Miller que Carlos n’est autre que le fils du comte Walter et qu’il doit épouser une duchesse. En attendant, au château, on ne peut pas dire que le père soit très content de la tournure des événements. Il y tient au mariage de son fils avec la duchesse. Il essaie de faire pression sur ce dernier pour qu’il la rencontre (ils sont copains d’enfance) et les laisse en tête à tête (très beau duo, video à venir).

Au chalet, ce n’est pas la joie non plus. Papa Miller pas content engueule sa fille. Mais Carlos (Rodolphe de son vrai nom) arrive et rassure tout le monde sur la pureté de ses intentions. Il est interrompu par le comte qui arrête Miller et sa fille. Rodolphe arrive à les faire relâcher en menaçant de révéler un infâme secret. Fin du premier acte.

Luisa Miller à l'opéra Bastille

Au chalet, ce n’est pas la joie non plus. Papa Miller pas content engueule sa fille. Mais Carlos (Rodolphe de son vrai nom) arrive et rassure tout le monde sur la pureté de ses intentions. Il est interrompu par le comte qui arrête Miller et sa fille. Rodolphe arrive à les faire relâcher en menaçant de révéler un infâme secret. Fin du premier acte.

Deuxième tableau, Dans une discussion entre le compte Walter et son intendant, on apprend que le comte ne l’est devenu (comte) que parce que lui et Wurms ont assassiné le comte précédent. Et que Rodolphe est au courant.

Luisa, traînée au château par Wurms, « avoue » à la duchesse qu’elle n’a jamais aimé que l’intendant et que Rodolphe ne lui plaît pas. (Très beau moment a capella de Luisa, Frederica la Duchesse, le compte Walter et Wurms)

Enfin, une bonne âme porte à Rodolphe la lettre soit-disant adressée à Wurms par Luisa. Désespoir. Il veut tuer Wurms, puis se suicider. Son père, après lui avoir perfidement fait croire qu’il consentait à ses noces avec Luisa, lui conseille de se venger de la traîtresse en épousant la duchesse.

Au troisième acte, Luisa est seule chez elle et parle de se suicider. Elle écrit une lettre à son amour pour lui dire qu’elle l’attend au ciel où il ne manquera pas de la rejoindre.

Luisa Miller à l'opéra Bastille

Mais survient le père Miller qui la prie de ne pas se tuer, elle doit rester avec lui pour veiller sur ses vieux jours (les pères sont toujours égoïstes, non ? Mais le duo est magnifique). Elle consent à rester en vie, mais souhaite qu’ils quittent tous les deux la région.

Son père part se coucher et Luisa s’abîme dans la prière. Arrive Rodolphe qui, en catimini, verse du poison dans le verre d’eau posé sur un banc. Puis il se montre et demande à Luisa si elle a bien écrit cette lettre.

Luisa Miller à l'opéra Bastille

Prisonnière de son serment, la jeune fille admet. Rodolphe, au désespoir, boit une partie du verre empoisonné et donne le reste à Luisa sans méfiance. Il lui révèle ce qu’il vient de faire. Alors, elle se sent libérée de sa promesse, elle explique la machination de Wurms. Puis elle meurt dans les bras de son père et de Wurms. Arrive le comte et son intendant. Rodolphe tue ce dernier avant de s’écrouler à côté de Luisa. Rideau.

Malgré tout ce pathos, le décor ridicule et la mise en scène antédiluvienne, l’émotion est bien là, intacte, grâce à la musique de Verdi, à sa science des voix et à l’interprétation vocale des artistes présents sur scène ce soir-là. Avec un coup de chapeau spécial à celui qui jouait le père. Reprendre ce rôle au débotté et faire passer autant d’émotion dans sa voix magnifique, une prouesse. Et puis c’est le seul qui jouait un peu…

Les autres, quand ils ne chantaient pas, on se demandait ce qu’ils faisaient là. Notamment le ténor. Pendant que Luisa agonisait à ses côtés, il restait là, les bras ballant, défaisant son col, bougeant ses mains. Essayant sans doute de nous faire accroire qu’il ressentait les premiers effets du poison. Mais il avait l’air de se foutre complètement de sa dulcinée. Par contre, quand il a repris le chant, il n’y avait pas plus grand désespoir. A écouter, on est pris complètement. Mais à regarder, c’est un peu bizarre…

Voilà, c’était fini. Nous nous sommes retrouvés au pied de l’opéra. J’avais envie d’aller boire un verre. Histoire de décompresser avant de retrouver le Nôm à la maison. De sentir un peu de chaleur et d’amitié. Mais il était tard, le lendemain il y avait école. Alors nous sommes tous partis chacun de notre côté. Et puis ce qui devait arriver arriva. A partir du moment où je me suis retrouvée toute seule, je me suis mise à pleurer toutes mes angoisses et ma peur.

A pleurer comme on vomit.
Et puis je suis rentrée.

J’ai été obligée de scinder des vidéos en deux car sinon, elles ne passaient pas sur Youtube. J’aurais dû les mettre sur Dailymotion qui accepte des fichiers plus longs. Et puis si vous voulez voir les photos en plus grand, et en regarder d’autres, cliquez dessus.

 

Le mercredi 27 février 2008, 21:58 par Karaba (la vraie!)

Je t’embrasse.

2. Le mercredi 27 février 2008, 22:25 par Johann

Tu me fais mal à écrire des choses comme ça… On se croise dans les mêmes lieux, avec des douleurs si différentes. Mais chacun se fait écho.

3. Le mercredi 27 février 2008, 22:39 par luciole

 » A pleurer comme on vomit  » … Je te tiens la main, je t’aime ! gros bisous !

4. Le mercredi 27 février 2008, 22:55 par Oxygène

Ce fut vraiment un sale mardi ! Je t’embrasse moi aussi.

5. Le mercredi 27 février 2008, 23:14 par samantdi

Je t’embrasse aussi, comme les copines… Te tenir la main et te répéter que tu vas y arriver… mais que c’est dur, qu’il est dur ton chemin, il monte raide et pentu, plein de cailloux pointus. Vivement l’autre versant de la colline.

6. Le jeudi 28 février 2008, 00:17 par PMB

Vous avez du courage, des proches, des amis et des enfants.

Alors, bonne route !

7. Le jeudi 28 février 2008, 01:03 par andrem

Sale mardi. Sans parler du rajouteur de couche, confortable derrière son écran, qui n’écoute pas et se gargarise de ses propres mots, en gargarise qui n’en peut plus au lieu de panser la douleur. Ce moi là, piteux.

Rien d’autre à ajouter que ma pensée, comme toujours, un peu plus forte sur Garance en grand danger. Damned, quel con je suis de ne pas me rendre compte et de me croire parfois au théâtre, devant la vraie vie.

Rien d’autre à ajouter que les banalités de chacun, qui bout à bout te font un rempart, un soutien, banalité du courage, de sororité, d’amies nombreuses, banalité d’empathie, de sympathie, de compassion, de colère aussi, d’embrassades et d’accolades, banalité des regards inquiets et attentifs, banalité des silences tendus et des mots attendus, banalités empilées comme autant de digues et de forteresses derrières lesquelles les larmes sont libres et douces, derrière lesquelles les enfants affolés se calment et s’endorment.

Voilà que je m’écoute encore. Aujourd’hui j’ai peur pour vous cinq.

Alors je rajoute les miennes, de banalités, avant de partir me taire.

8. Le jeudi 28 février 2008, 04:19 par Otir

Oh la la
(ou comment lire, mais ne pas souhaiter dire autre chose qu’être un peu là)

9. Le jeudi 28 février 2008, 09:08 par Anne

Je pense à toi. Et t’embrasse très fort.

10. Le jeudi 28 février 2008, 16:26 par Laurelin

Des bisous, une embrasse fortissime, du soutien, des forces et plein de pensées à vous.

11. Le jeudi 28 février 2008, 17:34 par Fauvette

Tiens bon. Je t’embrasse très fort..

12. Le jeudi 28 février 2008, 22:29 par Dom

Pas de mots, juste une pensée pour t’envoyer tout mon soutien.

13. Le vendredi 29 février 2008, 12:43 par Clopine Trouillefou

Akynou ! MERCI, si tu savais… et tiens bon, on est tous là, autour de toi, autour de vous.

Clopine

14. Le vendredi 29 février 2008, 16:58 par Traou

Je regrette, du coup, ce verre trop rapidement bu à l’entracte, chère Akynou. Envie de te retrouver plus longuement si tu en as le temps et l’envie…
Je t’embrasse fort

15. Le vendredi 29 février 2008, 23:35 par Leeloolene

Je pense tellement à vous les « filles »…. avec au fond cette impuissance de la distance et de la maladresse dans ces moments là.

Je t’embrasse fort et tu transmettras aux filles quand elles rentreront. Et puis pleurer c’est important aussi… c’est se vider du trop plein, se soulager de tout ce que l’on a enfoui… alors… pleure, pleure… ça ne fait pas de mal.

Bisous forts aux petites.

16. Le samedi 1 mars 2008, 11:10 par caro

je viens de te lire ce matin, mes bras te serrent fort et te tiennent chaud en pensée, je t’embrasse tout doucement et pense à toi très fort et aux hirondelles

17. Le dimanche 2 mars 2008, 13:38 par Ali Baba

Moi je trouve que tu es forte :-)

Gros bisous…

18. Le dimanche 2 mars 2008, 15:19 par Vroumette

Pffffffff, espèce de tartouille, fallait le dire que tu avais envie qu’on aille se bourrer la gueule, parce que malgré la fatigue et même si boulot le lendemain, le plus important aurait été de te remonter le moral. Bon, même si je suis la dernière qui pourrait te dire ça (car j’en suis incapable moi-même), faut que tu dises sur le moment ce qui te ferait plaisir, car c’est difficile de deviner ma belle. Hmm. Et cette semaine aussi tu es sans fifilles ?