A l’heure qu’il est, je devrais être en train de fermer le vingtième carton de la journée. Pas être au fond de mon lit. Mais voilà, ce qui a commencé par un nez qui chatouille et des éternuements, s’est transformé en grosse sinusite et maintenant en belle bronchite.
Je suis donc au fond de mon lit. En train de pleurer sur mon sort. Personne ne m’aide, personne ne m’aime, ça sonne pareil, non ?
L’aînée, en plus de me la jouer crise d’ado à outrance, s’est contentée de mettre en carton une partie de sa chambre. Depuis le début des vacances, elle est soit au fond de son lit en train de regarder des films, soit avec ses copains. Pour arranger le tout, elle a perdu de sa subtilité me concernant. Donc quand je vais mal et que du coup, je fais chier le monde (je manque moi-même totalement de subtilité quand je vais mal, que je m’angoisse, comme c’est le cas en ce moment), au lieu de s’inquiéter pour moi, elle se tire en faisant la gueule.
Les deux autres… je n’ose même pas entrer dans leur chambre. Elles passent leur temps devant la télé, surtout la dernière. Ne débarrassent la table que quand je me fâche (après au moins quinze demande). Ne range rien de ce qu’elles dérangent. Campent dans le salon avec leurs affaires et les y laissent. La maison a souvent l’air d’un dépotoir, là, avec les cartons, c’est pire que tout.
Il me reste à débarrasser la moitié de ma chambre, la totalité de la vaisselle, des bibelots, une partie de la bibliothèque, tout mon bureau (le cauchemar), la salle de bains est en partie faite (seule contribution de Lou au bien commun), la buanderie, le garage et la cave.
Je me demande si je ne vais pas en finir là immédiatement tout de suite tellement j’en ai marre. Déménager dans une ville dans laquelle on ne connaît pas beaucoup de monde, c’est pas de la tarte. J’ai l’impression de vivre au bout du monde… Et le pire, c’est que je souffre le martyr à chaque fois que je tousse. Je crois que je vais juste pleurer. Ce qui ne changera rien, ne me procurera aucun soulagement parce que personne ne me consolera. Mais c’est tout ce que j’ai la force de faire.
Le vendredi 25 février 2011, 22:21 par samantdi
Bon courage ma belle… Tous ces déménagements sont épuisants, mais une fois dans ta nouvelle maison, tu y seras bien. En attendant, un carton après l’autre, tu viendras à bout de la montagne, même armée d’une seule petite cuillère…
2. Le vendredi 25 février 2011, 23:20 par Liwymi
J’ai connu ces moments de découragement, il n’y a pas longtemps. Samantdi a raison, c’est une sale période à passer, mais elle a une fin. C’est un peu comme se mettre en apnée. On sait qu’on va reprendre de l’air a un moment, mais sur le coup, on a l’impression d’étouffer. La surface n’est plus loin ! 
3. Le samedi 26 février 2011, 01:14 par Anne
Je compatis… Si tu veux t’aérer à la campagne pense à nous, nous ne sommes qu’à 60km!
4. Le lundi 28 février 2011, 14:09 par clopine trouillefou
Bon. Recette perso des jours carrément noirs, quand le devoir est une sorte de montagne genre Everest (et encore, l’Everest, c’est une rigolade à côté de l’état de la salle de bains, ben voyons), le courage à peu près aussi grand que le montant du RSA, les capacités physiques aussi solides que Jeanne Carment à son dernier anniversaire (qand elle n’a pas soufflé les bougies, mais carrément glavioté dessus…) et le moral aussi printanier qu’un mois de février à Knok le Zoute.
(ce qui arrive à tout le monde, Akynou, au moins une fois dans sa vie. Bon, je t’accorde que si ça se reproduit 364 jours pendant une année, c’est inquiétant. Mais justement.)
Alors, ma recette perso, qui ne marche pas à tous les coups mais qui recèle une certaine efficacité.
Quant tu vas dans la salle de bains (malgré tout), et que tu n’as même pas la force de regarder ta tronche dans la glace, eh bien ferme les yeux et pense à l’avenir. Dis-toi « putain de dieu, ça va bien s’arrêter là, merdalors. Dans une semaine, un mois, un trimestre, ou l’année prochaine, je ne serais plus la même, forcément, c’est mathématique. Suffit d’attendre, voilà voilà. Et tu penses à ce que tu vas pouvoir faire de formidable quand tu seras sortie de lamerde. Lalecture de catalogues est indiquée. Par contre, se passer la solitude de Barbara en boucle est à prendre à dose homéopatique…
si tu couples cette projection dans l’avenir à une demande d’aide concrète, en fichant ton orgueil de côté, tu commences à aller mieux… Enfin, pour moi, c’est ce qui s’est passé Bien entendu, j’ai dû faire la part du feu. Par exemple, me dépêcher de prendre ce dont j’avais besoin dans le frigo, puis fermer la porte vite vite vite pour ne pas que les yaourts moisis ne commencent à me crier dessus « pourquoi tu ne nous jettes pas, connasse ? Tu vois pas que tu nous fais vivre dans une poubelle, où on se les gèle en plus ? » et autres remarques culpabilisantes.
Enfin, ne pas hésiter à recourir à la solitude, si le poids des autres te fait faiblir les genoux.
Bon, ben voilà, ah oui, y’a une chambre d’amis à la maison, avec des petits abats-jours tout mignons de chaque côté d’un grand lit où on peut se vautrer (si on veut), mais je dis ça comme ça hein.