A l’heure qu’il est, je devrais être en train de fermer le vingtième carton de la journée. Pas être au fond de mon lit. Mais voilà, ce qui a commencé par un nez qui chatouille et des éternuements, s’est transformé en grosse sinusite et maintenant en belle bronchite.

Je suis donc au fond de mon lit. En train de pleurer sur mon sort. Personne ne m’aide, personne ne m’aime, ça sonne pareil, non ?

L’aînée, en plus de me la jouer crise d’ado à outrance, s’est contentée de mettre en carton une partie de sa chambre. Depuis le début des vacances, elle est soit au fond de son lit en train de regarder des films, soit avec ses copains. Pour arranger le tout, elle a perdu de sa subtilité me concernant. Donc quand je vais mal et que du coup, je fais chier le monde (je manque moi-même totalement de subtilité quand je vais mal, que je m’angoisse, comme c’est le cas en ce moment), au lieu de s’inquiéter pour moi, elle se tire en faisant la gueule.

Les deux autres… je n’ose même pas entrer dans leur chambre. Elles passent leur temps devant la télé, surtout la dernière. Ne débarrassent la table que quand je me fâche (après au moins quinze demande). Ne range rien de ce qu’elles dérangent. Campent dans le salon avec leurs affaires et les y laissent. La maison a souvent l’air d’un dépotoir, là, avec les cartons, c’est pire que tout.

Il me reste à débarrasser la moitié de ma chambre, la totalité de la vaisselle, des bibelots, une partie de la bibliothèque, tout mon bureau (le cauchemar), la salle de bains est en partie faite (seule contribution de Lou au bien commun), la buanderie, le garage et la cave.

Je me demande si je ne vais pas en finir là immédiatement tout de suite tellement j’en ai marre. Déménager dans une ville dans laquelle on ne connaît pas beaucoup de monde, c’est pas de la tarte. J’ai l’impression de vivre au bout du monde… Et le pire, c’est que je souffre le martyr à chaque fois que je tousse. Je crois que je vais juste pleurer. Ce qui ne changera rien, ne me procurera aucun soulagement parce que personne ne me consolera. Mais c’est tout ce que j’ai la force de faire.