Les souvenirs d’une journaleuse

Vingt ans dans la presse magazine

En 2014 et 2015, j’ai passé une validation des acquis de l’expérience (VAE), pour obtenir un master de journalisme au Cuej (école de journalisme reconnue).

Pour ce faire, il fallait que je rédige un « mémoire ». Je mets entre guillemets car en termes universitaires, on doit plutôt utilisé le mot « dossier » pour qualifier le document que j’ai rendu. Mais moi, qui ai lu de nombreux mémoires d’étudiants en journalisme, je trouve que cela y ressemble beaucoup. 

Le mémoire est un travail de recherche dans lequel on aborde une thématique précise dans un domaine d’études. C’est un document incontournable pour l’obtention d’un master. Son volume oscille entre 80 et 120 pages. L’un des éléments importants dans la rédaction du mémoire, c’est le respect de la structure et de la méthodologie. J’ai toujours considéré que mon travail répondait à ces définitions.

Bref, j’ai donc rédigé un mémoire qui voulait analyser une presse dans laquelle j’ai travaillé pendant vingt ans et les conséquences, sur cette presse, de l’irruption, de la PAO et d’Internet. Conséquences au niveau des techniques de travail mais aussi sur le métier lui-même. Les journalistes de presse magazine n’étaient pas armés pour résister aux industriels de la presse.

Un gros travail réflexif, des heures et des heures enfermée dans ma chambre/bureau le soir, le week-end. En plus de mon boulot auprès des étudiants, déjà très prenant, et de mes enfants. Qui ne gardent pas un très bon souvenir de ces années-là et qui auraient scalpé le premier qui se serait avisé de dire que ceux qui bossent dans les services publics ne foutent rien.

La présidente du jury devant lequel j’ai soutenu ce texte n’était pas du sérail. Je veux dire que cette professeur d’université venait d’une autre faculté que la mienne (chimie si mes souvenirs sont bons) et elle avait trouvé la lecture passionnante. Ça m’avait fait plaisir et j’étais repartie toute guillerette avec les félicitations du jury.

Des mois plus tard, j’ai reçu mon diplôme de master. Je ne l’ai pas exposé, ni encadré ni même scanné. Je l’ai perdu. Pendant des années je l’ai cherché. Et puis maintenant que je suis à la retraite et qu’il ne m’est plus d’une grande utilité, je l’ai retrouvé. J’en suis contente parce que c’est d’une certaine façon le seul que je possède. En effet, pour les autres, je n’ai que des attestations de réussite, je n’ai jamais pensé à les réclamer.

Mon dossier, au total, faisait plus de 150 pages avec le texte principal bien sûr, les preuves (il faut tout prouver, toutes les formations, tous les postes, les stages, l’activité sociale ou militante, sur vingt-cinq ans, c’est une horreur à faire), les annexes, les compléments… Je ne vais pas tout reproduire, ça n’a pas grand intérêt.

Par contre, le texte, oui, je vais en faire un chapitre de ce blog. Vingt ans de journalisme en presse magazine, ce n’est pas de tout repos. Mais c’est un bon décryptage de ce qu’est ce métier dans ce secteur. Ses grandeurs, ses misères, ses souffrances.

Le texte a été écrit de 2014 à 2015. Il y a donc bien sûr des choses obsolètes. Il a surtout valeur de témoignage sur la période qui court de 1990 à 2008. Et bien des constats faits au moment de l’écriture restent valable. D’autant qu’est en train de se produire une troisième révolution, celle de l’IA.

Petite introduction

Adolescente, le premier vrai métier que j’ai voulu exercer, c’est journaliste. Même si je n’avais qu’une vague idée de ce que cela recoupait. Je m’intéressais à l’actualité, plus que la moyenne des collégiens de mon âge, j’adorais écrire et j’étais, par-dessus tout, curieuse. Je voulais savoir, comprendre et expliquer aux autres.

Journaliste de presse magazine, un métier qui a techniquement beaucoup changé

Depuis la Libération jusqu’au années quatre-vingt-dix, le travail des rédactions magazine n’avait guère évolué. Et puis, coup sur coup, deux révolutions technologiques ont totalement changé le rythme de travail, la façon de travailler et la définitions des différents métiers du journalisme.

La dépendance économique

Pour une grande partie de la presse magazine, la logique commerciale – longtemps plus importante que dans la presse quotidienne – a été poussée à son paroxysme, reléguant l’information (même pratique) au rôle de figurant.

Un journalisme (des)engagé

La modernisation des outils, la concurrence d’Internet, la marchandisation de l’information, tous les médias les ont subies. Ce qui est particulier à la presse magazine, c’est la rapidité avec laquelle cela s’est produit. Les journalistes en presse magazine (news mis à part), peu organisés et n’étaient pas préparés à faire face à cette modernisation à marche forcée.

En guise de conclusion

Depuis l’acquisition de ma première carte de presse, j’ai beaucoup entendu critiquer les journalistes. Le public est d’une très grande exigence à leur égard. Le moindre manquement, la moindre erreur, leur est durement reproché.