J’ai eu un diner d’anniversaire des plus réjouissants. J’avais envie d’un restaurant où nous passerions un bon moment. J’avais donc missionné Garance pour trouver l’endroit. Elle est douée pour trouver les bonnes adresses. Je lui faisais entièrement confiance. Je n’ai pas été déçue.

A 20 heures, nous nous sommes présentées dans un restaurant plutôt sobre, aux teintes brunes avec un très beau comptoir en feuille de pierre. Nous n’étions pas là pour admirer un décor. La sobriété du lieu allait nous permettre de nous concentrer sur le repas.

Ils sont deux à tenir ce restaurant. Edi et Sandrine. Lui, le chef, est en cuisine. Elle est en salle. Elle nous accueille, nous installe, nous demande comment le lieu est arrivé jusqu’à nos oreille et nous explique la règle du jeu.

Parce que nous allons vivre un moment gastronomique mais aussi éminemment ludique (quand on aime manger et j’aime éminemment manger). Il y a deux menus, le Classic, à 42 euros. Et le Gourmand, à 54 euros. La seule chose qui change entre les deux, c’est un plat supplémentaire.
Ce qui donne

  • amuse-bouche
  • entrée
  • 1 on 2 plats
  • fromage ou dessert
  • mignardise

Les convives qui dînent ensemble doivent choisir le même menu pour avancer au même rythme.

On a le droit au choix de la thématique du plat : végétal, terre ou mer. On peut changer d’univers à chaque étape. Ainsi, si j’ai choisi le tout Mer, Leone a choisi l’entrée végétale et le plat terre (viande), Garance a fait l’inverse.

Ce sont les seules infos que nous avons eu sur ce que nous allions manger. Une seule assurance : les produits seraient de saison et de terre tourangelle.

C’est là qu’intervient la notion de jeu. Parce que nous avons bien sûr essayé de deviner ce que nous goutions.

Autant vous dire que nous n’avons pas trouvé grand chose mais que nous nous sommes régalées. Bien sûr, il y a des éléments que nous avons reconnus comme l’endive dans l’assiette de Garance. Assez peu facile à déguiser. Ou la feuille d’épinard sur mon poisson. Le veau aussi dans l’assiette de Léone. Mais le reste…

Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Nous avons dégusté les plats les uns après les autres, lentement, bouchée après bouchée, en fermant les yeux, essayant de détecter la moindre saveur, les assaisonnements, les arrières goûts, les textures. C’était une expérience riche pour nos palais et de pur plaisir.

Puisque nous ne savions rien de ce que nous dégustions, nous n’avions aucun a priori. Nous recevions les aliments avec une grande curiosité. Nous goûtions à tous nos plats et discutions de nos soi-disant trouvailles, de nos suppositions.

Et c’était bon, fin, étonnant.

L’attente entre les plats peu paraître longue mais cela laisse le temps des suppositions des échanges, des « j’aime pas mais qu’est-ce que c’est bon ! ». Dans un des plats, il y avait du panais, que Léone n’aime pas. Elle l’a reconnu mais elle a tout mangé.

Alors certes, ce n’est pas l’endroit où il faut venir seul car il faut avoir un alter ego pour pouvoir échanger sur les indices en attendant Sandrine. Car elle vient évidemment nous voir entre chaque plat. Pas seulement pour débarrasser mais pour débrieffer, à voix basse afin de ne pas éventer la surprise pour les autres clients. Comment avez-vous trouvé ? Qu’avez-vous trouvé ?

Puis viennent les explications détaillées de ce que nous avons dégusté. Force est de reconnaître que nous nous sommes trompées sur quasi toute la ligne. Cette petite poudre de cacao, par exemple, eh bien ce n’était pas du cacao. Je ne vous dirai pas ce que c’est. Parce que c’est presque évident quand on le sait mais inconcevable avant. Je laisse la surprise.

Cet échange est presque plus important pour la convivialité que pour la connaissance des aliments en eux-mêmes. Quand on mange dans un restaurant, de toute façon, c’est rare que le chef vienne nous donner les recettes ni expliquer tout les éléments de son plat. Cela ne nous empêche pas de sortir de là content (ou pas). L’information permet aussi le partage d’anecdotes, d’expériences, d’idées et c’est très agréable.

En fin de repas, le chef apporte les mignardises et reste pour répondre aux questions. Ce soir-là, il est même revenu car nous avions des questions supplémentaires. Nouveau moment de dialogue. Sur les ingrédients, les cuissons. Une chose que je retiens : cuisson lente, voire très lente parfois tout une nuit.

Arrivées à 20 heures, nous sommes reparties à plus de 22 heures avec l’envie de revenir. Pour la prochaine carte. Celle-ci change toutes les sept à huit semaines La prochaine sera proposée dans environ un mois. Avec les premiers légumes d’été ça promet

Le restaurant (pour lequel il vaut mieux réserver) est ouvert de 19 heures à 20 h 30. De fait, il ne propose qu’un seul service pour mieux satisfaire les convives, passer du temps à tout expliquer (toujours à voix basse). On se sent privilégié. La convivialité chaleureuse du lieu doit tout au couple à la tête de ce projet.

Pour une soirée d’anniversaire, c’était parfait. J’ai même eu droit à une bougie et un tote bag.

Le Classic. 59 rue de la Victoire Tours. 07 66 89 63 88