Les 12 travaux de Laure
Il faut croire que j’aime les choses qui prennent du temps. Après avoir passé six mois à sauvegarder mes Racontars, voilà que je lance un nouveau blog qui m’occupe plus souvent qu’à mon tour.
Avant de prendre ma retraite, j’avais pensé mettre mes cours sur un blog. J’ai passé tant d’heures à les créer, les peaufiner, les écrire, les illustrer, les donner que ça m’ennuyait fortement de les laisser au mourir dans un coin d’un ordinateur. Ou de les mettre à la poubelle.
C’est que pour certaines matières (la veille, l’écriture et les outils numériques…) je devais les revoir chaque année car les outils changent. Il en naît et il en disparaît tous les jours. Il m’est arrivé plusieurs fois que des sites et des outils, dont j’avais vérifié l’existence le dimanche, avaient cessé de vivre le jour du cours.
Donc une fois Racontars mis en sécurité, j’ai ressuscité un vieux blog que j’avais ouvert pour servir de bac à sable à mes étudiants. Je l’ai entièrement vidé, nettoyé. J’ai refait les peintures, la distribution des pièces. Restait le nom.
Quand j’avais créé cet outil, c’était pour mes étudiants en Année spéciale. Une formation intense en un an, spécialisée en presse magazine. Année spéciale de journalisme ou ASJ. Le signe était dans l’adresse. J’ai donc essayé de trouver un nom reprenant ces trois initiales. C’est devenu Autres souvenirs de journaleuse.
Ce n’est pas le meilleur titre que j’ai trouvé. Mais ça me convient. Reste à régler le problème de sens. Autres Souvenirs… signifie qu’il y en a eu auparavant. Or je n’allais pas créer un troisième blog pour raconter… quoi ? J’ai trouvé la solution. Sur Racontars, j’aménage simplement ma rubrique de mes Brèves de journal. Cela devient Souvenirs d’une journaleuse. De toute façon, même si j’ai toujours ma carte de presse (honoraire), le journalisme, c’est maintenant plutôt un souvenir.
Le site va être en construction pendant un moment parce que des cours, j’en ai donnés. Il y a déjà deux chapitres terminés; celui sur le secrétariat de rédaction et celui sur l’initiation à la typographie. Le prochain sera l’édition : comment faire un bon titre, un bon chapeau, etc.
Ce qui m’aide c’est que j’avais besoin d’écrire mes cours dans le détail. Contrairement à nombre de mes anciens collègues, capables de tenir plusieurs heures avec juste quelques notes. Il n’y avait que les anecdotes vécues qui ne figuraient pas sur mes textes. Pour le reste, tout était très détaillé. Il m’arrivait même, quand je les préparais, de noter les vannes qui me venaient. Une façon de me rassurer.
Cela dit, je vérifies pas mal de trucs, j’en réécris d’autres. Et il faut que je rédige toutes les fameuses anecdotes qui illustraient mes propos. Cela prends du temps.
J’ai d’autres projets. Je voudrais notamment faire le portrait d’anciens de mes étudiants, aller les voir pour leur demander ce qu’ils pensent du métier maintenant, comment cela correspond (ou pas) à leur rêve de gosse, à leur espoir quand ils ont envisagé de devenir journalistes. Certain ont arrêté pour des raisons très diverses. J’aimerais rencontrer aussi ceux-là.
Qui a dit qu’on ne faisait plus rien quand on était à la retraite ?
