Enfin !
Nous sommes arrivés. Je suis pour le moment allongée sur une chaise longue, dans le petit jardin de notre petit gîte. Si je vous disais que de là où je suis installée, je vois la mer, j’exagèrerai un peu. Mais à peine. Pour en arriver là, que d’aventures. La Corse se mérite, et avec ce que je viens de d’endurer, je pense l’avoir méritée amplement.

Samedi matin, premier jour de vacances, debout 4 h 30. J’ai tellement peur des embouteillages au départ de Paris que je n’ai même pas mis le réveil aux horreurs, mais bien plus tôt. La nuit a été excessivement courte. J’avais prévu de me reposer dans la journée de vendredi, mais je n’en ai pas eu le temps. Et puis je m’étais dit que si je dormais l’après-midi, je risquais de ne plus le faire le soir. A priori, le calcul n’était pas bête.

A priori. Parce qu’en fait, je n’ai pas pu fermer l’œil avant pratiquement minuit. Et encore, parce que lasse de me tourner et me retourner dans mon lit, j’ai été ingurgiter un bon verre de pastis. J’avais remarqué que lorsque je m’en servais un bien serré, j’avais tendance ensuite à piquer du nez. Eh bien, c’est ce qui est arrivé. Cinq minutes après, je ronflais. Quand le Nôm est revenu de sa soirée, il m’a réveillée. Lui non plus n’arrivait pas à dormir. Il a fini par aller s’installer sur le canapé du salon pour me laisser me reposer. C’est qu’il n’a pas le permis de conduire et n’allait pas faire le chauffeur pendant toute la journée du lendemain…

Bref, nous avons eu tous les deux une nuit des plus courtes alors que nous avions presque 1000 kilomètres à faire (pas tout à fait). Quand la radio s’est allumée, la machine a eu un peu de mal à se remettre en marche. Nous avons réveillé les filles une demi-heure plus tard. Nous avions décidé que nous ne déjeunerions pas à la maison, mais sur la route, une fois passé le premier barrage et tous les risques d’embouteillage. Nous avons chargé les bagages dans le coffre, les gamines à l’arrière et nous sommes partis peu ou prou à l’heure que j’avais prévue, ce qui exceptionnel.

Du coup, c’est vrai, même si nous n’étions pas tout seuls sur la route, loin s’en faut, il n’y avait aucun bouchon. Et une sortie de Paris normale, sans même un ralentissement, c’est vraiment plaisant. Cependant, nous avons bien senti que si nous étions partis, ne serait-ce qu’une heure plus tard, nous étions bon comme la Romaine.

La voiture, comme d’habitude, une merveille. Elle avait 5 kilomètres, encore les collants sur les portes et le plastique sur la moquette au sol. Un Mégane break, de l’espace, des sièges parfait pour mon dos. Quel plaisir de changer de voiture à chaque fois que nous partons en vacances.

Les filles sont en train de jouer à la famille. Elles ont emprunté à la fille de notre amie un poupon qui pleure (tout le temps). Lou joue le papa, Garance la maman, et Léone, joue Lola, leur fille aînée. Dans les scènes qu’elles interprètent, je retrouve des choses que je connais bien. Notamment la façon que Garance a d’appeler son « mari », chéri… Tout à l’heure, dans la voiture, le bébé n’arrêtait pas de pleurer. Vu mon état de fatigue, j’ai demandé à Garance de le faire taire. Ce à quoi elle s’est employée pendant au moins cinq bonnes minutes. Quand enfin le bébé a paru se calmer, j’ai entendu un « Haaaaaa ! » qui m’a vaguement rappelé quelque chose. Au Nôm également, vu la façon dont il a pouffé dans sa moustache.

Passé le premier péage, nous nous sommes arrêtés comme prévu pour prendre notre petit-déjeuner. Nous étions affamés. Léone n’a pas hésité à se faire remarquer en cassant une assiette sous l’œil attendri de la dame qui servait les boissons.

Je viens de voir passer Garance qui court après Lou en criant : vite, l’avion va décoller. Elle a ses mules aux pieds et ses lunettes de soleil. C’est dommage, je n’ai pas eu le temps de prendre une photo. Elles ont de l’espace ici pour jouer, elles sont heureuses. Il fait doux.

Nous avons repris la route, une petite heure. Je commençais à piquer du nez de façon dangereuse. Il fallait que je m’arrête. Le manque de sommeil aidant, j’étais d’une humeur massacrante. Je ne supportais rien. Il faut dire que je comptais sur le réveil – très – matinal des filles pour qu’elles dorment en voiture. Que nenni… Elles n’arrêtaient pas de se chamailler pour des broutilles ou à poser des questions auxquelles je n’avais aucune intention de répondre. Sans compter les récriminations de la dernière : maman, j’ai faim, maman, j’ai soif, maman, maman, maman…

Le Nôm les a emmenées sur l’aire de jeu, j’ai pu dormir tranquillement une petite demi-heure. Puis je suis sortie un peu, quelques mouvements de décontraction, un rappel pour que la petite troupe regrimpe à bord, et nous sommes repartis.

J’ai constamment surveillé mon compteur. Dans ce genre de voiture, on prend de la vitesse sans même s’en rendre compte. Et il y avait nombre de radars et quelques gendarmes. J’ai trouvé cependant que les gens conduisaient nettement plus sagement dans leur ensemble. A par quelques véhicules immatriculés en Allemagne qui trouvaient malin de me coller alors que j’étais en train de doubler à 130 km/heure, la vitesse était dans l’ensemble respectée. Et les conducteurs plus intelligents, plus attentifs à l’autre. Ce qui rend la route nettement moins fatigante.

Du côté d’Avignon, il y a une station gérée par Carrefour. Je m’arrête très souvent là quand je vais à Nice car l’essence y est nettement moins chère. Mais je me souvenais que, un peu après, il y avait un radar assez vicieux. J’avais failli me faire flasher la fois précédente, mais c’est la voiture qui me suivait qui a pris. Cette fois-ci, je suis passée devant à 120. Aucun risque.

J’ai remarqué aussi que dans les zones à 110 à l’heure (hors temps de pluie), il y avait systématiquement un radar derrière le premier panneau de rappel. Et un autre quelques mètres plus loin. J’ai failli me faire avoir la première fois. Pas que j’ai levé le pied après le premier radar, mais parce que je n’avais pas fait attention aux panneaux. Je ne les avais même pas vus. Après, j’ai fait gaffe. Enfin, j’imagine que sur le nombre de petits malins qui accélèrent comme des bêtes après le premier radar, il doit y en avoir quelques uns qui se font avoir et que la maréchaussée se fait un plaisir d’aligner.

En quittant Paris, il pleuvait. À Lyon, la pluie avait cessé. Nous avons même eu une éclaircie qui nous a permis de pique niquer sur une aire de repos bondée. J’ai abusé du Coca Light, garant de mon éveil au volant (plus efficace et moins palpitant que le café).

Après plusieurs pauses pipi, sommeil, essence, nous étions sur la promenade des Anglais à 17 h 30, douze heures après notre départ. Au premier feu rouge, j’ai sorti mon portable et appelé ma sœur Aude.
« Laure ? Bonjour, comment vas-tu ? »
– Un peu fatiguée, mais ça va. Je suis sur la promenade des Anglais…

A suivre

Le lundi 9 mai 2005, 18:59 par Anne

Et bien, quelle route, pour une qui ne conduit plus tous les jours, en plus !

Tu devais être crevée…

Mais quel bonheur que le bleu si bleu de la mer, là-bas, en fin de journée… et j’imagine la voix de ta sœur, sachant qu’elle était tout tout près…

2. Le lundi 9 mai 2005, 22:45 par Eor Ar Bleizmor

mmmmh quel plaisir de retrouver les aventures de tous!!!! MERCI!!!! il me tarde de lire la suite!

3. Le mardi 10 mai 2005, 00:09 par Moukmouk

oui! oui! ebcore! on en veut encore !

4. Le mardi 10 mai 2005, 00:49 par oznej

Tu m’épates toujours avec tes trajets en voiture !!
Moi qui panique dès que je dois faire plus de 10 kilomètres hors ville !!!

LA suite !!

Oz

5. Le mardi 10 mai 2005, 01:22 par Racontars

Sur la promenade des Anglais ???? ;-)

6. Le mardi 10 mai 2005, 15:10 par LuLu

Ah mais c’est que ça a beaucoup changé ici en fait, j’ai un peu un TGV de retard là… En plus c’est joli ! plus clair et aéré, vraiment bien. :)

7. Le mardi 10 mai 2005, 15:38 par racontars

Merci Lulu
damned ! j’ai oublié mon mot de passe. Je ne peux pas vous poster la suite d’ici. Pourtant elle est prête. Bon ben ce soir alors, à la maison.

8. Le mardi 10 mai 2005, 17:10 par Aude dite Orium

Au fait la aussi c’était pas toi, mais moi. On s’y retrouve tu crois?

9. Le mardi 10 mai 2005, 18:34 par Lilith

Salut toi!
Contente de pouvoir reprendre de tes nouvelles. :-D
Bises à toi et à ton petit monde.

10. Le mardi 10 mai 2005, 18:46 par racontars

Comment ça pas toi mais moi ? La phrase sur la promenade des anglais était de toi, bien sûr. Mais celle sur le mot de passe était de moi… :-D

11. Le mardi 10 mai 2005, 22:39 par samantdi

C’est bien agréable d’avoir un reportage aussi détaillé sur ce voyage… J’attends la suite, comme les copains et copines.

12. Le mardi 10 mai 2005, 23:18 par Seashell

Moi qui la connais, la suite, (enfin, une bonne partie) j’ai quand même sacrément hâte de la lire !
On a passé de chouettes vacances :-)

Biz

13. Le mardi 10 mai 2005, 23:22 par racontars

Ah oui, c’était génial