Ces dernières semaines ont été très occupées. Je n’ai pas eu le temps de poster beaucoup, même s’il y a des choses écrites. Alors je vais essayer de rattraper mon retard. Par contre, participer à des propositions que ce soit en photo ou en texte, en ce moment, me paraît un peu trop ambitieux.
Nous avons annulé notre voyage à Paris du 8. Crainte des intempéries mais, surtout, crainte des agriculteurs. Je n’ai aucune envie de me retrouver coincée à l’aller ou au retour par des tracteurs. Nous avons reporté notre programme à la semaine suivante, en espérant que cela aille mieux. Nous avions deux expositions au programme. Celle sur Isao Takahata, à la maison de la Culture du Japon, et celle sur les Mangas au musée Guimet.
Nous essayons d’aller voir des expos au moins une fois par mois. En général, nous partons assez tôt en voiture pour arriver sur Paris à l’heure du déjeuner. Je dépose la voiture dans un parking réservé pour la demi-journée (on trouve des tarifs raisonnables) et nous rentrons le soir. Très franchement, je préfèrerais prendre le train. Mais à trois, malgré les cartes de réduction, c’est hors de prix. J’en ai pour environ 350 euros (d’autant qu’il n’y a pas en journée de TER en ce moment) pour faire SPDC-Paris. Moins de 150 euros en voiture.
En l’absence de Léone, restée chez sa soeur pour décorer la chambre du bébé, j’ai emmené le Nôm à Tours. Le temps n’y était pas. Il pleuvait depuis le matin. Plus aucune trace de neige, de l’eau avait tout nettoyé. Mais si on attend qu’il fasse beau pour sortir, on n’est pas rendu (rendu ? Mais où).
Je me suis garée aux Tanneurs (pour ceux qui connaissent Tours) et nous nous sommes dirigés vers la place du Monstre (pour ceux qui…) Garance nous avait indiqué une boulangerie dont la galette est fameuse. Nous avons repéré la boutique mais décidé de nous y arrêter qu’au retour. A côté de la boulangerie, que vois-je ? Une chapellerie. En vitrine, un béret couleur vert d’eau qui s’est mis à me parler. Nous sommes donc entrés dans cette belle boutique, toute meublée de bois avec des chapeaux partout, des bibis et, surtout, des casquettes gavroche. J’adore les casquette gavroches. J’en ai eu une, il y a des années, d’un beau vert irlandais. Mais j’ai depuis pris la grosse tête et je ne peux plus la porter. (Je me demande encore comment, une fois adulte, on peut grossir de la tête…)
Une fois mon béret acquis, je demande à voir les fameuses gavroche. La propriétaire des lieux me sort une « casquette magnifique », « la plus jolie ». En réalité, elle ne me plait qu’à moitié. Je n’en n’aime pas le tissu. Sa qualité est excellente, mais… Mais la vendeuse a l’air si enthousiaste que je me laisse presque faire. D’autant qu’elle me « va à ravir » « tout à fait votre style ».
Je cherche une porte de sortie. Celle-ci vient quand on m’annonce le prix : quasi 200 euros. Pas dans mes moyens. La vendeuse n’a pas dit son dernier mot. Elle me sort une série de couvre-chef en m’indiquant à chaque fois le prix. Et là, j’ai un coup de cœur. La casquette au tissu parfait et à la couleur (dans les gris) très britannique.
La chapellerie Brun, place du Monstre. La statue du Monstre de la place du marché est une œuvre contemporaine créée par l’artiste Xavier Veilhan. Elle mesure 4,80 mètres
Nous ressortons de la boutique tous les deux coiffés d’une casquette, le Nôm en porte toujours une, quelque soit la saison. Et ça tombe bien, il pleut toujours. Je suis mieux protégée qu’avec la capuche de mon manteau qui me tombe continuellement sur les yeux et s’enlève au moindre coup de vent.
Nous poursuivons notre chemin. Je montre au Nom la basilique Saint-Grégoire et la tour qui la voisine. Nous remontons la rue du commerce vers la rue Nationale. Puis nous remontons vers la galerie qui abrite la Fnac. Au loin, vers la place de l’hôtel de ville, on entend des cris, des Klaxons, on voir des gyrophares. Probablement une manifestation d’agriculteurs. On n’ira pas vérifier.
Mais j’apprendrai plus tard qu’un de mes anciens étudiants, journaliste en presse local, s’est fait molesté alors qu’il couvrait la manifestation. On peut comprendre les manifestations mais il n’y a aucun raison de casser la gueule à un journaliste qui n’est là que pour faire son boulot.
Dans la galerie, nous rejoignons la boutique de Sostrene Grene. Ce n’est pas la déco qui m’intéresse mais le thé. Sostrene est une chaîne de concept store danoise. On y trouve de tout. Les magasins ne sont pas très grands mais regorgent d’objets en tout genre. Ils fonctionnent comme Ikea, avec un chemin tout tracé dont on ne peut pas s’écarter et qu’on ne peut pas raccourcir. Heureusement, ça reste fréquentable mais on n’en ressort toujours avec un peu plus que ce qu’on voulait acheter au départ.
J’y achète donc du thé. Je suis accro au thé et j’en ai de nombreuses variétés à la maison. Je me fournis auprès de plusieurs dealers : Mariages frères, pour le thé au Tibet et le Chandernagor, la Compagnie anglaise des thés (plein) et Sostrene où je trouve un thé « hygge » (j’adore ces noms très tendance) qui tient plutôt du thé de noël très épicé et un thé crème irlandaise au goût légèrement vanillé.
Je ne suis pas une gourou du thé. Je n’appartiens à aucune secte. J’en ai connu des « ayatollah » du thé. Une petite secte, dans un de mes anciens emplois, prenait le thé tous les après-midi. Ses membres m’ont inclus dans leur cercle et dans leur tea time. Jusqu’au jour où je racontais que je mettais du lait dans mon thé du matin. Quoi ? Du lait dans le thé ?
Je n’ai plus jamais été invitée à prendre le thé avec ces collègues l’après-midi. Notez que je m’en moquais bien, j’ai continué à mettre du lait dans le thé du matin. Je ne leur ai même pas raconté que certains thés, comme celui du Tibet, ne se faisait pas avec de l’eau, mais avec du lait de yack… niark niark.
Chez Sostrene, le thé est en vrac, chacun se sert et remplit les sachets proposés. Ceux-ci contiennent une centaine de grammes (tout dépend comment vous le remplissez) et ne coûtent que 1,98 euro le sachet. C’est le thé le moins cher que je connaisse. Je parle de bon thé.
Nous quittons Sostrene pour nous rendre au Comptoir d’Alice. Une boutique dédiée aux gourmandises de Tours et d’ailleurs (rhums arrangés notamment, mais ce n’est pas nous qui allons acheter cela, on les fait nous-même). Nous repartons avec une fiole diabolique, une liqueur de poire. Un peu trop sucrée pour moi mais Léone et son père en raffole.
Dans une autre boutique, je rencontre un vendeur as du bavardage. En un quart d’heure, je connais tout de sa vie. Il est adorable et attendrissant et j’ai du temps. Je l’écoute et il en est heureux. Tout est parti de gros sel aromatisé. La boutique va chercher le sien à Guérande. Mais je ne suis pas intéressée. J’achète mon sel à Saint-Guénolée, quand je vais chez ma sœur, en Bretagne.
La Bretagne ? Sa famille est originaire de Bretagne, du Finistère Nord. Mais il n’a plus vraiment de contact.
Et de me raconter que son grand-père a quitté sa femme à la naissance de jumeaux (dont son père) et a refusé de payer la pension alimentaire (de six enfants). Délicieux bonhomme. Pour parachever le tout, il a vendu sa propriété en viager. A sa mort, les héritiers n’en ont pas vu la couleur. Mais dernièrement, le petit fils a reçu un courrier de la mairie : la concession de la tombe arrivait à échéance, il fallait payer. Mon interlocuteur a transmis la lettre à son oncle qui a eu une saine réaction : qu’il finisse à la fosse commune.
J’apprendrai également qu’il a grandit à Paris, qu’il a vécu en Alsace… L’heure tourne, je salue le charmant monsieur et nous repartons. Il continue de pleuvoir. Il n’y a pas énormément de gens de la rue alors que les soldes sont déjà commencé. Mais hormis deux boutiques proche de la fermeture, rien ne s’affiche dans les vitrines.
Nous retournons place du Monstre et entrons enfin dans la boulangerie indiquée par Garance. Les blés de demain. Elle a reçu de nombreux prix pour ses galettes, plusieurs années ( et de fait, c’est une tuerie, je n’ai jamais mangé une frangipane aussi bonne).
Retour vers la maison sous les rafales de pluie. Les vents ont légèrement forci. Nous ne somme pas dans la trajectoire de la tempête annoncée mais nous en aurons, comme d’habitude, la queue de la comète. Nous sommes tellement mieux à la maison que sur la route à rentrer de Paris.
Je suis sûre que cette casquette te va comme un gant !
C’est exactement ce que la propriétaire de la boutique m’a dit. Qu’elle était tout à fait mon style