La suite de là…
Au milieu de la nuit, je me réveille en sursaut. Une main fraîche et fine se pose sur ma bouche pour m’empêcher de crier.
– Chut, c’est moi, Dolores. Calmez-vous, et poussez-vous un peu pour me faire une petite place.
– Mais qu’est-ce que vous faites ?
– Je vous viole, vous ne vous en rendez pas compte ? Allez, soyez gentils, coopérez.
– Je ne sais pas si…
– Alleeeez ! Ne faites pas votre prude. Vous croyez que je n’ai pas remarqué comment vous me reluquiez pendant que nous discutions ? Je n’arrive pas à dormir. Vous êtes mignon, assez bien fait de votre personne et d’après ce que je sens, plutôt bien monté. Je ne suis pas laide non plus et, par contre, je suis chaude comme la braise. Entre personnes consentantes, on peut s’amuser un peu.
Avec de tels arguments, il est difficile de résister. Surtout qu’elle a des mains extrêmement actives. Une dernière réticence.
– Mais, il y a des enfants !
– Ils sont descendus avec leur mère à Brive. Il nous reste assez de temps pour nous amuser.
– Mais… Dolores…
– Appelle-moi Lol, fait-elle en m’embrassant furieusement.
Je rends les armes, si on peut dire. Je ne sais pas si vous avez déjà fait l’amour sur une couchette de train. Ce n’est guère confortable pour dormir. Ça ne l’est pas plus pour la gaudriole. Mais Lol est d’une souplesse rare. Et je ne suis pas manchot.
Nous n’en sommes qu’aux préliminaires qu’elle feule déjà. Le ravissement de Lol V. Stein est plutôt bruyant et décuple mes ardeurs. Elle se met en tête de me grimper dessus, vu l’étroitesse des lieux, c’est plutôt risqué. Nous manquons de tomber plusieurs fois. Nous aurions dû descendre carrément par-terre, ou monter dans les couchettes supérieures, nous aurions eu plus de place. Mais franchement, je me ferai couper en morceau plutôt que d’interrompre ce qu’elle est en train de me faire là, maintenant, tout de suite. Je suis au bord de l’apoplexie, ou de l’extase, enfin, j’en sais rien, quand elle se redresse pour m’embrasser avec toujours autant de sauvagerie.
Je n’en peux plus. Je saisis ses hanche pour les faire descendre, pouvoir l’empaler, elle lève son bras comme pour me frapper. Et là, tout dérape. La porte du compartiment explose, des individus se saisissent de Lol qui hurle. Un long hurlement de louve qui me glace le sang. Je reçois en pleine face la lumière d’une torche qui m’aveugle. Je reste ahuri, à moitié à poil devant des gens que je ne vois même pas et dont je ne connais pas les intentions. Je mets un temps à reprendre mes esprits. Je commence à beugler
– Lol ! Lol ! Espèces de salopards, qu’est-ce que vous lui avez fait ?
– Calmez vous Monsieur, me dit une voix. Et couvrez-vous. Nous n’avons pas besoin d’admirer plus longtemps votre artillerie.
– Mais putain, qu’est-ce qui se passe ici ? Et pourquoi vous m’aveuglez, je vois rien. Qui êtes -vous ?
L’homme baisse sa lampe. Mes yeux mettent quelques minutes à s’accoutumer. Le compartiment est littéralement envahi par quatre mastodontes en uniformes.
– Nous sommes de la gendarmerie, et nous venons de vous sauvez la vie.
– La vie ? Vous vous foutez de ma gueule. Je n’était pas en danger. Où est Lol ?
Celui qui semble être le gradé s’assied sur la couchette, en face de moi, il doit courber la tête ce qui le rend légèrement ridicule. Je ne le suis pas moins. Je remets de l’ordre dans ma tenue. Puis je tente de faire bonne figure. Mais je ne comprends toujours pas ce qui se passe. Calmement, tranquillement, comme si j’étais un enfant, le gradé m’explique que Dolores V. Stein n’est pas le nom de ma madone des sleeping.
J’éclate d’un rire nerveux : merde, Lol V. Stein, ça puait le pseudo à plein nez. Comment ai-je pu ne pas m’en rendre compte ? La ficelle était un peu grosse.
– Qui est-elle ?
– Anna Morice, 25 ans, serial killeuse que nous recherchons depuis trois ans. Elle a déjà occis une dizaine de types, tous dans des wagons de nuit. Nous avons réussi à mettre un nom sur ces meurtres à cause de son mode opératoire et de son passé. Quand elle était gamine, sa mère s’est fait violée et assassinée devant elle, dans un compartiment. Elle a été élevée par son père. Quand celui-ci s’est tué dans un accident de voiture, elle a commencé à occire des individus de votre genre dans le train. Nous pensons que l’assassin de sa mère devait avoir le même profil. Heureusement pour vous, elle s’est fait repérer. Elle vous suivait dans la gare. Nous avons installé avec vous un agent de surveillance – la mère de famille – et quand nous avons été sûr qu’il s’agissait bien d’elle, nous avons attendu le flagrant délit.
– Mais nous étions juste en train de…
– Vous savez comment nous l’avons surnommée ? La vierge des tueurs. Elle égorge ses amants au moment où ils vont la pénétrer. Quand nous sommes intervenus, elle avait ce couteau dans les mains. Une seconde plus tard, vous étiez mort.
J’avale difficilement ma salive. La garce !
– Quand je pense qu’elle m’a dit qu’elle traquait les serial killers.
– Elle vous a dit ça ? Vous auriez dû vous méfier. Parce qu’en fait, c’est vrai. Tous les hommes qu’elle a tué, jusqu’à présent, étaient des criminels, des violeurs, des assassins, des pédophiles que nous n’avions pas réussi à coincer.
Je relevais la tête pour fixer mon interlocuteur. Qui poursuit tranquillement.
– D’ailleurs, quand nous l’avons repérée, ce n’était pas après elle que nous en avions. Mais après vous. Alors, si on parlait de vous, M. Rosselló ?
C’est ma deuxième participation pour le jeu des 5 titres. J’ai utilisé les propositions d’Alixire, une de mes sisters. Et qu’Anna Morice me pardonne l’emprunt de ce nom… Toute coïncidence avec des personnages existants ou ayant existé serait fortuite et involontaire.
Le dimanche 18 octobre 2009, 00:38 par julio
Hein et ben, il la échappé bel l’autre con ! Sais dommage cette histoire aurais très bien pus être plus en profondeur ! Mais je suppose que pour la censure de l’histoire il fallait l’interrompre avant l’érection ! Franchement je ne m’attendre pas a sa ? Très jolie scène d’érotisme !
2. Le dimanche 18 octobre 2009, 01:09 par Akynou
Allez en profondeur, tu as de ces mots. Ben non, justement, ça pouvait pas aller en profondeur, sinon la tueuse n’était plus vierge… C’est pas la censure, c’est juste l’histoire elle même.
Quant à l’autre con, comme tu dis, vu la fin, je ne suis pas sûre qu’il l’ai vraiment échappé belle
3. Le dimanche 18 octobre 2009, 10:51 par saperli
Admiration !
4. Le dimanche 18 octobre 2009, 21:33 par Oxygène
Hou ! C’est chaud par ici ! 
5. Le dimanche 18 octobre 2009, 21:33 par Oxygène
Hou ! C’est chaud par ici ! 
6. Le lundi 19 octobre 2009, 10:44 par karmara
Tu m’as scotchée ! T’es vraiment douée pour le polar !
7. Le lundi 19 octobre 2009, 10:56 par Anne
Eh ben, mazette !! Mais ça mérite un épilogue, qu’on sache qui il est, lui !
8. Le jeudi 22 octobre 2009, 07:39 par mab
Y aura t-il une suite, c’est palpitant!
9. Le mercredi 28 octobre 2009, 14:33 par Akynou
J’avais commencé à imaginer une suite. Mais là, je n’ai plus envie, et surtout plus du tout le temps. Je suis sur mes cours, mon dossier de VAE, mon dossier d’avocat et ma petite santé. Et puis les filles sont en vacances et elles m’épuisent…