Un jeune couple discutait à la terrasse d’un café quand le garçon se mit à raconter une histoire (histoire vraie).
– Tu sais, j’étais à Barbes. Y’avait un mec dans un cabine téléphonique. Il avait posé son vélo contre la cabine et pendant qu’il parlait, il surveillait sa bécane. Au bout d’un moment, y’a un Black qui est arrivé et qui a commencé à attendre pourtéléphoner. Mais l’autre, il causait, il causait. Ça durait. Il avait franchement pas envie de se dépêcher. Alors le Black a commencé à en avoir un peu marre. Il lui a fait signe qu’il était pressé. Puis il s’est énervé. Au bout d’un quart d’heure, tu sais ce qu’il a fait ?
– Ben non.
– Il s’est tiré avec le vélo.
– Non !
– Si si, l’autre, dans sa cabine, était fou de rage.
(rires).
– Dis, je peux te poser une question ? Le mec qui s’est tiré avec le vélo, pourquoi tu a éprouvé le besoin de me dire qu’il était Black ?
– Ben parce qu’il l’est.
– Et alors, c’était important ? Moi, pendant ton histoire, je me suis demandée à quel moment le fait qu’il soit Black allait avoir un intérêt dans l’histoire.
– Mais attend, il était Black.
– Tu aurais pu me dire aussi qu’il était grand ou petit, gros ou mince… Et tu ne l’as pas fait. Pourquoi Black c’est plus important ? Qu’est-ce que tu voulais dire.
– Mais rien, il était Black, comme moi, un point c’est tout.
– Et celui dans la cabine, il était quoi ?
– Blanc !
– Et tu n’as pas éprouvé le besoin de me le dire. Tiens, raconte-moi la même histoire sans préciser. Vas-y, fais-le…
– Bon d’accord ! Et il s’exécute. Quand il a fini :
– Est-ce que le sens ou la drôlerie de l’histoire ont été changés ?
– Ben non.
– Tu as voulu me raconter l’histoire marrante d’un mec, qui est tellement agacé par un autre, qu’il lui pique son vélo. En final de compte tu m’as raconté qu’un Black avait volé le vélo d’un Blanc.