Jeune adulte, je me suis abonnée à Metal Hurlant. A cette époque, la bande dessinée était en plein essor, cela devenait une création sérieuse, non réservée aux enfants. Et Métal hurlant était leur bible.

C’est dans les pages de cette revue que j’ai découvert les récits de Pierre Christin illustrés par tout une série de dessinateurs de talent : Enki Bilal (pour notamment Partie de chasse), Annie Goetzinger (notamment pour Les Demoiselles de la légion d’honneur) et Jean-Claude Mézières pour la série Valérian et Laureline (que j’appréciais moins je l’avoue). Et une flopée d’autres.

Et puis grâce à ma géniale libraire, Fabienne, de l’Oiseau vigie, j’ai découvert son tout dernier opus. Un scénario qu’il avait écrit mais n’avait pas trouvé  le chemin d’un éditeur. Un scénario qu’il craignait de ne jamais voir publié.

Finalement, Dargaud s’est mobilisé pour éditer l’histoire et à trouvé le dessinateur idoine, Titwane, auteur du magnifique Photographe de guerre. Pierre Christin aura le temps de travailler avec lui. Mais ne verra pas le livre publié. Il est mort le 2 octobre 2024.

L’histoire est bien un récit à la Christin. Un homme acquiert une île déserte et en fait un paradis pour multimillionnaires. Chacun sa villa, chacun son style. Tout se passe plus ou moins bien jusqu’à…

L’histoire finit mal, ou bien. Les gentils (pas nombreux) s’en sortent), les autres périssent. 

La morale est que la fortune ne protège pas de la nature. C’est réjouissant. Mais plus que l’histoire, ce sont les dessins de Titwane qui sont justes magnifiques. La nature est belle, sauvage, inquiétante et pas vraiment domptée.

Ma libraire préférée avait organisé hier soir une rencontre signature avec Titwane. Je n’ai pas pu y aller. Et c’est dommage car je lui aurais dit tout le mal que je pense de son travail…