Saint-Pierre-des-Corps peut être une ville surprenante. Cette petite cité de la banlieue de Tours fut méprisée pendant les lustres par sa voisine parce qu’ouvrière et rouge (ce n’est plus le cas depuis sept ans mais elle fut communiste cent ans, de 1920 à 2020). Le très conservateur Jean Royer, maire de Tours de 1959 à 1995, ministre sous les deux derniers gouvernements Pierre Messmer (1973-1974) et candidat à l’élection présidentielle de 1974 fit passer une autoroute entre sa ville et Saint-Pierre pour la séparer des cocos. Si vous passez sur l’A10, vous pourrez voir d’un côté les talus et les arbres protégeant les maisons tourangelles et de l’autre, rien. Pas de mur antibruit, pas de talus, pas de protection. Rien.
Mais ce que vous ne pouviez pas voir c’est, sous le pont qui traverse la Loire, à l’intersection des deux villes, une immense porte en acier et ses énormes vérins. Elle était censée protéger Tours des inondations et inonder Saint-Pierre.
Cette porte à été enlevée il y a quelques années.
Cette petite ville, détruite à 85 % par les bombardements lors de la Seconde Guerre mondiale, semble quelconque avec ses petites maisons, sa cité à tours, ses rues en lignes droite, ses zones industrielles (dont trois sites classés Seveso), son énorme nœud ferroviaire… réserve cependant quelques surprises.
– un patrimoine naturel remarquable composé de deux sites Natura 2000 et deux zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique.
– Six immeubles labellisés « architecture contemporaine remarquable »
(merci Wikipédia)
– Et les ateliers de la Morinerie. Cette ancienne immense usine de meubles, a été transformée grâce au mécénat de ses propriétaires, en ateliers pour artistes. Et, ce week-end, comme chaque année à la même époque, c’était les journées portes ouvertes.
J’y ai passé l’après-midi avec mes filles.
Nous n’avons pas tout vu. Le lieu est gigantesque. Mais nous y retournerons. Ne serait-ce que pour photographier les fresques sur les murs extérieurs. Mais aussi parce que le lieu organise régulièrement des ateliers de céramique, de sérigraphie, des vernissages. Egalement des ventes privé (en général avant noël). De quoi faire une cure de culture (pour paraphraser l’excellent @douy.alapomme).
PS. Un reportage photographique de Sophie Mourrat