On ne va pas se laisser démonter par des déménageurs indélicats. Je propose donc à Lou d’aller de ce pas dans le quartier à touristes (entendre le vieux quartier) ou nous trouverons bien un restaurant ouvert. Nous voilà traversant le boulevard Heurteloup et nous acheminant vers la cathédrale, puis les rues piétonnes. Je sens ma fesse vibrer ce qui, la plupart du temps, est le signe que quelqu’un tente de me joindre. Je dégaine donc mon téléphone.
– Allo !

Je dois avouer que je connais deux personnes dans la région (un peu plus quand même, mais surtout ces deux-là). Ces même personnes qui m’ont débauchée pour me faire devenir prof de mon métier. Ces personnes là sont fort prévenantes. Donc mon téléphone sonne, c’est l’une d’elles. Qui s’enquiert de notre arrivée. Et qui m’informe que l’autre (personne) est revenue à Tours et nous propose dîner, douche et coucher dans sa grande maison. Oh Yes. Nous voilà à faire demi tour et à cavaler vers notre appartement. Pour trouver, devant la porte, l’amie prête à nous embarquer en voiture.

Après, eh bien nous nous laissons dorloter. Avec des journées pareilles, il faut bien ça.
Le lendemain, nous rejoignons l’appartement pour commencer à attaquer les cartons par la face Sud (la face Nord ayant déjà été tentée en octobre dernier et franchement, ce ne fut pas une réussite). Vers 11 heures, on entend toquer à la porte. C’est l’amie n°1, qui vient de son lointain village (le sud du département), avec sa camionnette, nous emmener faire les courses. J’ai laissé toute la literie des enfants à Paris, parce que je leur avais promis qu’elles auraient de nouveaux lits. Je pensais récupérer les petites bien plus tard et avoir le temps de faire les achats. Lou pouvant dormir, en attendant, soi avec moi soi dans notre canapé. Mais Garance et Léone ont craqué, il est devenu urgent de trouver des matelas. Entre autres.

Donc nous partons bras dessus bras dessous hanter les temples de la consommation que l’on trouve communément aux abords des grandes villes. Un marchant de bon sommeil tout d’abord, où je trouve des matelas et des oreillers. Puis Confortapa, pour ne rien trouver, juste éventuellement des idées de mezzanine.

Le roi Merlin enfin, où je me suis ruinée pour une perceuse visseuse dévisseuse, des tringles à rideau, des abats-jours, des visses, des chevilles, des clous, des crochets X, un escabeau perché si haut qu’il a fallu une girafe pour le déloger, une scie à bois, une autre à métaux, trois planches de médium, des tringles de penderie… Je ne vais pas vous dresser toute ma liste de course. Mais quand on n’a rien et qu’il faut tout faire, ce genre d’endroit se révèle enchanteur.

La fin d’après midi nous trouve fourbues, mais contentes, d’avoir si bien avancé. La journée suivante je dois la passer dans le train et Lou se régale par avance de tout le bricolage qu’elle va pouvoir entreprendre en mon absence.

Nous chargeons le camion de nos emplettes, nous nous installons sur nos sièges, bouclons notre ceinture, tour de clé et… rien. Le camion ne démarre pas, la panne idiote, sur le parking du roi Merlin, autant dire loin de toute civilisation.
Nous nous regardons, nous regardons les autres, dehors, dans le monde normal et nous éclatons de rire…

Le dimanche 17 août 2008, 11:59 par Johann

C’est ta faute, Dieu t’a puni pour avoir écrit « scie à méteau ».

(Ouske je suis cruelllll ! Mais je suis sûr qu’il y a une issue joyeuse, sinon tu n’aurais pas pu écrire le billet.)

2. Le dimanche 17 août 2008, 12:03 par Saperli

décidemment, la Saint Pépin est encore passée par là ! J’attends la suite avec impatience…

3. Le dimanche 17 août 2008, 13:55 par gilda

Le coup de la panne sur le parking du Equipez-votre-maison avec le véhicule (moi c’était une petite voiture mais avec tout plié en mode break et donc quelques billy dedans) rempli ras-la-gueule de trucs intransportables sans, je me le suis déjà fait celui-là. :-/

4. Le dimanche 17 août 2008, 13:56 par gilda

En attendant, du fin fond de ma Normandie, je n’imaginais pas que ça avait été aussi épique de A à Z.

5. Le dimanche 17 août 2008, 16:48 par andrem

Bonjour Akynou.

Bien sûr que tout frémissant j’attends la suite du pire, histoire de rigoler moi-aussi, mais que ces rires sont enfin libres!

Ce n’est pas à Tours-de-main que tu habites, mais à Tours-de-cochon. Il ne te reste plus qu’à déménager (once more) à Joué-les-Tours, et le Tours sera joué.

6. Le dimanche 17 août 2008, 16:55 par andrem

Moi aussi je dois partir. Y a pas que tous les autres, hein. Il faut que j’aille chatouiller le nombril de la gare de Perpignan.

7. Le lundi 18 août 2008, 00:36 par Akynou

Ha bien j’y suis passée il n’y a pas longtemps, à la gare de Perpignan. J’y suis passé, c’est le mot :-) Bon voyage Andrem

8. Le lundi 18 août 2008, 01:05 par Fauvette

Vraiment sympa ces deux jolies personnes, il faut dire que tu mérites que l’on s’occupe de toi !
Zut coincées sur le parking, et alors, et alors ?

9. Le lundi 18 août 2008, 15:50 par Clopine Trouillefou

Ah, Le roi Merlin, pas enchanteur comme endroit, j’y passe aussi tiens en ce moment, j’ai failli mordre le vendeur de carrelages, c’est dire. Je propose une solution : la révolution, la décapitation, et l’abolition des privilèges de la quincaillerie, du bricolage et des notes à la caisse (700 euros la dernière fois, pour tout un tas de bricoles salledebainesques. 700 euros. J’ai cru qu’il y avait une erreur, de bonne fois, un zéro en trop. Mais la vendeuse a laissé tombé sur moi un regard torve, et j’ai pensé, avec méchanceté, à toutes ces jolies amies qui « font appel à un archi, c’est le plus simple », pour aménager leurs chaumières. Je suis de tout coeur avec toi, Akynou. Mords-les de ma part.

Clopine