Assise dans cette camionnette qui refuse obstinément de démarrer avec, à l’arrière, les trois matelas et tous nos achats, je me suis rappelée l’épisode de la mélasse dans le sac, métro Abbesses. Si il y a une chose que j’ai appris ces derniers temps, c’est qu’il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions, il suffit de les trouver. C’est la batterie dis-je. Puis je commence à feuilleter les catalogues du Roi des bidouilleurs. Pas mal, il y a des idées à prendre.

Pendant ce temps, mon amie repart dans le magasins, près des caisses, essayer de trouve un bonhomme qui aurait des pinces dans sa voiture, histoire de nous aider à redémarrer. Et cesser de nous marrer. Eh bien rien, personne ne semble pouvoir faire quoi que ce soit pour nous. L’un des sujets de la bricole décrète même, comme pour s’excuser, que si le camion n’a vraiment aucune réaction quand on tourne la clé, c’est pas des pinces qui le feront repartir. A croire que bonhomme ne s’est jamais retrouvé en panne de batterie… Enfin, bon prince, il nous met tout de même sur la piste de la solution : il suffit de téléphoner à l’assureur qui a un service de dépannage, 24 heures sur 24. Vingt minutes plus tard, un gros camion se gare aux côté du nôtre, un monsieur en descend, sort ses pinces et les branche sur notre batterie. Et le moteur daigne démarrer. Je l’ai toujours dit, il faut toujours avoir des pinces dans sa voiture, et pas à épiler !

Nous voilà de retour dans l’appartement, à déballer tout notre barda, moi à faire mon sac pour le soir et les jours suivants, pendant que l’amie veille à ce que son moteur ne cale pas. Puis nous repartons chez amie n° 2 pour dîner, boire, causer, dormir.

Le lendemain, je ne suis pas très souriante, j’ai même plutôt la gueule de bois. C’est que nous avons descendu quelques très bonnes bouteilles la veille, tout en refaisant le monde. Enfin, je ne sais pas si on peut appeler ça refaire le monde. Mettez dans une assistance trois divorcées ou en passe de l’être, et ça va défaire votre monde vitesse grand V. Certains ont dû avoir des oreilles sifflantes…

Amie n° 2 me conduit à Saint-Pierre-des-Corps où je prends le TGV pour Bordeaux. Il fait grand beau et je dois rejoindre Garance à Elne, Pyrénées orientales. Je cale mon ipod dans mes oreilles, en mode podcasts (J’ai écouté des vieux numéros de « Sur les dock », une très belle émission de documentaire sur France Cul) et je regarde filer le paysage à toute vitesse : Poitiers, Angoulême, Bordeaux, tout le monde descend. J’ai dix minutes pour trouver mon deuxième train, le corail vers Narbonne.

L’avantage quand on fait des voyages éclair, c’est qu’on a peu de bagages. Dans mon cas, un petit sac à dos. Donc les changements ne sont pas trop pénibles. Mais j’ai l’estomac dans les talons et peur de ne pas avoir le temps d’aller dans la gare pour acheter un sandwich. De toute façon, que ce soit dans la gare ou dans le train, tout est hors de prix, alors, autant acheter ça dans le train sans bouger ses fesses.

Impressions ferroviaires 1

Comment raconter le train, l’ennui, les membres engourdis, l’enfant qui pleure, les jeunes qui chahutent, le vieux monsieur qui râle, les étrangères avec des sacs à dos aussi gros qu’elles, le monsieur qui vend des sandwich qui coutent un bras, voire les deux, le chat qui miaule dans sa cage, les arbres qui passent, la chaleur que l’on sent étouffante et que ne parvient pas à masquer une clim défaillante. Bordeaux, Toulouse, Carcassonne, Narbonne, tout le monde descend, enfin ceux qui ne vont pas à Lyon.

Narbonne ou je crois mourir de chaud en attendant le ter (c’est le nouveau nom pour tortillard) qui m’emmènera à Elne en s’arrêtant dans toutes les gares entre les deux… Dont Perpignan. J’ai beau me tordre le coup, je ne vois rien qui mérite l’attention d’un peintre, même fadabringue… Pourtant, grâce à Dali, elle est connue dans le monde entier. Mais le tapedur est déjà reparti tchoutchou (non, il ne fait pas ça, mais il aurait pu).

Et puis voilà, au bout de huit heures de train, je descends, enfin, dans une gare minuscule où m’attend une petite rouquine bondissante qui n’a qu’une hâte, celle de retrouver sa maman.

Ben qu’est-ce que vous croyez, j’ai la gorge nouée avec plein de sanglots dedans. C’est si bon de la retrouver.

Le lundi 18 août 2008, 10:43 par gilda

« Comment raconter le train, l’ennui, les membres engourdis, l’enfant qui pleure, les jeunes qui chahute, le vieux monsieur qui râle, les étrangères avec des sacs à dos aussi gros qu’elles, le monsieur qui vend des sandwich qui coutent un bras, voire les deux, le chat qui miaule dans sa cage, les arbres qui passent, la chaleur que l’on sent étouffante et que ne parvient pas à masquer une clim défaillante. » : exactement comme ça !

2. Le lundi 18 août 2008, 11:32 par Saperli

te voir déjà si bien entourée sur ton nouveau lieu de vie me fait chaud au coeur.

3. Le lundi 18 août 2008, 12:24 par Marloute

Des avant-après, je veux des avant/après!
Youpla boum!

4. Le lundi 18 août 2008, 18:19 par Fauvette

Elle est mignonne ta petite rouquine, cela valait le coup d’avoir si chaud dans le train ! Des bises !