Une étrange sensation au moment où j’arrive chez moi et que je retrouve le double des clefs dans ma boîte aux lettres. Je n’avais pas pensé à cette éventualité en quittant mon appartement ce matin. La porte de l’appartement est fermée à clef. La clé est dans la boîte. Attachée au même trousseau, la clé de la boîte aux lettres… Et maintenant, je fais comment ?

J’avais effectivement dit à petit frère ce matin de me mettre les clés dans la boîte après avoir fermé la porte. Dans l’euphorie de cette matinée de soleil, j’avais juste oublié que le trousseau principal était resté chez ma mère, en Espagne, et que, déjà, je n’avais pu entrer chez moi que grâce à ce double emprunté à la gardienne. Je n’avais pas non plus réalisé que pour les récupérer, il me faudrait ce foutu bout de ferraille à 10 balles qui maintenant me nargue dans son écrin de métal.

Plus je pense au moyen de démonter ce qui me sépare de mon nid douillet et plus je me rends compte, outre de mon incommensurable bêtise, de ma légèreté. Quelle folie que de lâcher des clés ainsi sans la protection d’au moins une enveloppe. N’importe qui aurait pu récupérer ce trousseau et me cambrioler. N’importe qui, sauf moi.

Que vais-je faire ? Appeler un serrurier ? A 9 heures du soir ? J’essaie de glisser une main par la fente. Évidemment, elle se bloque au niveau de la paume, en plus je me fais mal. Je commence à taper sur la porte, je ne réussis qu’à faire un tapage infernal. Il ne manquerait plus que les voisins appellent la police, qu’on me prenne pour un détrousseur de boîte, que l’on m’emmène au poste. Au moins, cela me ferait-il un endroit où dormir. Tiens, voilà cet idiot du quatrième étage. Bonsoir, bonsoir. Non, ça ne va pas trop. Je suis embêtée, vous comprenez, ma clé…

Il rit, l’imbécile. Et moi je rougis. Parce que tout de même, il a un beau sourire.

Il hésite un moment, puis farfouille dans ses poches. Il en sort son propre trousseau. Il va rentrer et me laisser choir. Je suis trop nouille. Il choisit une clé, l’insère dans la serrure de ma boîte aux lettres et, miracle, la porte s’ouvre. Je bondis sur mon trousseau, le lève en l’air comme un trophée. Je ris et je pleure à la fois. Il me regarde, amusé. Puis m’invite à prendre un verre. Vous comprenez, la soirée des voisins… C’est l’occasion…

Je suis fatiguée, je rentrerai bien me pendre une bonne douche. Mais c’est mon sauveur. Je ne peux pas refuser.

Et c’est ainsi que j’ai couché avec mon voisin.

Ce petit texte est ma contribution – tardive – au jeu du sablier, lancé par dame Kozlika depuis hier, 23 heures… Les règles

Le mardi 31 mai 2005, 11:39 par Hémiole

Je le crois pas ! L’histoire du voisin sauveur de clés ça me rappelle quelque chose www.hemiole.com/blogochat…

Sans rire, en lisant ton texte, des frissons partout !
Brrrrrrrrrr …

2. Le mardi 31 mai 2005, 17:29 par samantdi

Y’en a qui ont une de ces veines !

:)

3. Le mardi 31 mai 2005, 18:13 par Anitta

J’allais dire la même chose !