Ce matin, j’ai été réveillé par la gardienne qui glissait sous ma porte le courrier de samedi. Je suis allé le récupérer encore un peu endormi. L’une des trois enveloppes n’avait pas réussi à passer sous la porte. J’ai tout de suite reconnu le format d’un CD. J’ai d’abord pensé qu’il s’agissait d’un nouveau cadeau de Jules qui, adorablement, m’envoie de temps à autre un enregistrement original. Je me trompais.

J’ai reconnu l’écriture sur l’enveloppe. C’était celle de ma sœur. Elle m’envoyait un CD de photos. Toutes celles qu’elle avait prise à noël, le soir du réveillon. Une grande partie de la famille était réunie là : quatre sœurs sur cinq, leurs conjoints, leurs enfants. Un beau bouquet de personnes. La fête était belle, c’est que nous n’habitons pas les unes à côté des autres et que de telles rencontres sont rares.

Je me suis installée devant l’ordinateur pour visionner tout cela. Comme je m’y attendais, il y en avait un bon petit paquet. Ma sœur est toujours excessive. Quand certains prendraient une dizaine de clichés, voire éventuellement une vingtaine, elle, elle dépasse les cent. Elle veut immortaliser, fixer le souvenir, dit-elle.

Si elle en avait le pouvoir, je suis sûre qu’elle capterait la moindre de nos mimiques. Je me demande d’ailleurs pourquoi elle ne filme pas. Elle le faisait d’ailleurs, un temps. Il fallait la voir, le Camescope d’une main, l’appareil de l’autre. Elle disait en riant qu’elle ne voyait la vie qu’au travers de l’œilleton de la caméra et vivait beaucoup mieux depuis que celui-ci était passé en couleurs…

J’ai lancé le diaporama. Je dois bien reconnaître qu’avec son nouveau joujou, elle a fait de la belle ouvrage. C’est ainsi qu’elle a pu immortaliser le Chonchon et la Luciole. Faut dire que, maintenant, chez nous, les réunions de familles tournent rapidement au Paris Carnet. Tenez, rien que sur cette photo-là, trois blogueurs. Bon d’accord, il y en a deux qui ne postent pas beaucoup.

Au moins, il y a une chose de positif dans cette frénésie, ce sont les enfants. Ils grandissent si vite les uns et les autres… Tenez, mon neveu Pablo (non, je ne vous montrerai pas de photo, il en a horreur), 22 ans, 1,90 mètre au bas mot. Qui se souviendrait du bébé joufflu et jovial si nous n’avions pas les quelques clichés qu’elle a réussi à prendre ?

Et les jumelles, hein ? Chani et Célia, qui pourrait se souvenir de ces deux tout petits petits poupons qu’elles étaient à leur naissance quand on voit ces grandes filles tout en rire (un rien édenté ces temps-ci) et en énergie.

Et sans ces clichés qui, dans dix ans, se souviendra qu’une couronne de fleurs du plus bel effet ornait les cheveux de Garance et que celle-ci portait une robe en parfaite adéquation avec son prénom ?

Et la tête de Léone, si heureusement surprise quand on déposa le vacherin devant elle, comme si ce n’était que pour elle, alors que de toute façon, elle était même incapable d’en manger un huitième ?

Et Lou, oui, Lou, qui ne sait pas encore qu’elle ne rentrera pas avec ses parents ce soir-là parce que, dans les cadeaux de noël qui lui sont destinés, il y a un bon pour une semaine de vacances chez sa tante Aude et un billet d’avion pour revenir ensuite. Sa mère a été obligée de faire sa valise en douce pour que la surprise soit complète.

Je me prends à sourire à revoir toutes ces bouilles, ces connivences, ces petites discussions ou apartés. Finalement, ma sœur a raison. Il faut prendre des photos… Car sans elles, tout ceci ne serait que racontars…

Ce texte est ma participation au sablier n°6 de Kozlika.

  1. Le mardi 27 décembre 2005, 00:09 par samantdi

    Super bonne idée ! reportage et sablier, le deux-en-un !

    :-)

    2. Le mardi 27 décembre 2005, 00:33 par Akynou/racontars

    Les feignants ont toujours de bonnes idées :-) Bonne nuit Samantdi

    3. Le mardi 27 décembre 2005, 09:15 par Vroumette

    Tu t’appropries véritablement bien les textes des sabliers.