Une vraie fin de semaine d’automne, avec des rayons de soleil et de la pluie. Envie de sortir et de rester cloîtrée chez soi. J’étais si fatiguée samedi que je me suis levée à presque midi… Et encore, uniquement parce que ma petite dernière est venue me chercher. Elle se glisse dans mon lit, se colle contre moi et me caresse ce qui est à sa portée. Hier, c’était le front et les cheveux… Pas désagréable comme réveil. J’en ai encore plein de sourire.
Je me suis mise presque immédiatement à la cuisine pour le repas de midi. C’est que je voulais sortir les filles juste après car la nuit tombe tôt maintenant, il ne faut pas traîner. J’ai concocté un petit tajine pendant que le Nôm s’occupait du ménage avec les filles. Nous nous sommes régalés. Mes tajines de poulet au citron et aux olives sont de toute façon très bons
Après déjeuner, direction la rue puis la boutique de mes copines. Je voulais faire essayer un pantalon à Lou. Je savais qu’il lui irait à ravir. Une prévision pour Noël. Elle, elle hésitait avec un autre, noir. Déjà ! Elle n’a même pas 9 ans qu’elle veut s’habiller en noir… Heureusement, elle a essayé celui que j’avais repéré et il lui va tellement bien qu’elle a craqué. Elle est OK pour celui-là…
Ensuite, direction ED pour les quelques menues courses de la semaine. On est là, toutes les quatre, à jouer à cache cache dans les rayons et on déniche ce dont j’ai besoin. Je devrais inventer un jeu de course avec des questions et des gages. « Dans tel rayon, que trouve-ton qui permette de faire des vinaigrettes. Gagne un point si tu le ramène au point T » Le point T étant celui où je me trouve. Ça devrait être intéressant à faire. Je vais soumettre la question à Lou. J’entends le caissier vociférer contre une de ses collègues. Il n’est guère poli et a la voix qui porte. Il se prend pour le chef
visiblement et ne supporte pas que les autres, des femmes, n’en tiennent aucun compte.
Dix minutes plus tard, nous avons fini nos achats et nous sommes à la caisse. Le caissier continue son numéro, traitant sa collègue de tous les noms. En fait, il y a un peu de terre à côté de sa caisse et il veut que sa collègue balaie. Et ça dure, ça dure. On perd du temps, il fait n’importe quoi. Il met mes courses avec celles du client suivant. Je lui demande de faire attention puis, au bout d’un moment, quand il traite la jeune femme de « crado incapable de passer le balai », je finis par lui demander s’il n’est pas capable de le faire lui même.
Il se retourne d’un bloc vers moi, presque menaçant : « J’vous parle à vous ? ». Non mais il se prend pour qui celui là. Je lui réponds qu’on en a assez de perdre notre temps et qu’il peut tout à fait balayer lui-même vu qu’il n’est ni infirme ni impotant (j’avais écrit « important » :-). La jeune femme me remercie et lui va pour me rétorquer quelque chose quand je le vois plonger le nez dans sa caisse. Je me retourne. Le vigile du magasin s’est placé juste derrière moi. Il fait semblant de rien, il ne me regarde même pas, il sourit. Mais il est derrière moi.
Je pense que tant que l’algarade reste entre caissiers, il n’intervient pas. Mais dès que ça touche un client, il est là, c’est la limite. Le caissier finit de compter mes courses, redevient poli. Drôle d’ambiance quand même… Lou se demande ce qui se passe, je le lui expliquerai plus tard. En attendant, je n’ai qu’une envie, me trisser d’ici au plus vite. Léone n’en a cure. Elle a trouvé un nouveau jeu et je suis obligée de sévir pour qu’elle me suive. Évidemment elle se met à pleurer et je passe pour la mère indigne. Tant pis, J’en ai vu d’autres…
J’emmène les filles au square. Courir un peu leur fera le plus grand bien. On y rencontre une Anglaise et son fils de 2 ans. Il joue avec les filles. Léone lui fait des grands sourires. Celle là, c’est quelque chose le gringue qu’elle peut faire dès qu’elle voit un garçon. Petit ou grand, pas d’importance. La femme s’approche de moi et me demande si les trois sont mes filles. Ben oui. « Elles sont toutes les trois très belles » ajoute-t-elle. Mon orgueil de mère n’en peut plus. j’adore ce genre de compliments.
L’heure passe, il est temps de rentrer. J’appelle mes agnelles qui rappliquent avec plus ou moins bon cœur. Elles disent au revoir à la dame et à son fils et me suivent. Depuis quelque temps, elles veulent toutes les trois me tenir la main. Mais je n’en ai que deux, de mains. Et elles sont trois. Il faut donc partager. Ce qui ne plaît évidemment pas… On repasse à la boutique des copines. On papote, on parle chiffon. il n’y a que chez elle que je fais ça. Au fil des mois, je vois leur collection prendre forme, les dessins réalisés par l’une d’elle, les formes, les patrons. Les tissus découpés qui partent à l’atelier pour la couture et les vêtements qui reviennent et auxquels elles ajoutent quelques éléments décoratifs. C’est toujours intéressant de voir la création.
Pour l’instant une de leurs amies s’apprête à peindre leur panneau extérieur. C’est une jeune artiste qui s’est spécialisée dans la déco de boutiques pour enfants et de crèches. Ce qu’elle fait
est souvent ravissant. Lou me demande la permission de rester pour regarder. Les copines sont d’accord, je rentre donc avec les deux dernières. Que je mets au lit sitôt arrivée. J’ai des trucs à faire et je ne les veux pas dans les pattes. Et puis elles doivent bien faire la sieste.
Je me mets un peu de zique, Mickey 3D et je file en cuisine. Il faut que je prépare les tomates cerises vertes que je veux faire au vinaigre et les tomates normales mais tout aussi vertes que je veux faire en confiture. Je nettoie, je découpe, je mets dans les saladiers avec du gros sel pour les unes et du sucre pour les autres.
Puis je m’attaque aux poires, allez, voilà de quoi faire trois bon pots de confitures. Ça cuit, et c’est déjà l’heure de penser au dîner. Les deux mousmés sont réveillées depuis un moment et je leur prépare leur goûter. Qu’est-ce que je vais donc leur faire à manger ce soir. C’est pas qu’on manque de légumes. Nous avons été à la cueillette mercredi et nous avons des pommes de terre, des carottes, des poireaux, des courges, des aubergines, des tomates, des poires, des pommes et des scoubidoux bien sûr…
Allez, une tarte à la carotte. J’en ai mangé des délicieuses. Je file sur l’ordi pour trouver une recette pas trop difficile. Et hop je commence. Ce que je n’avais pas prévu c’est que les carottes et la confiture de poires seraient prêtes en même temps. Je ne sais plus où donner de la tête. Je laisse en plan la confiture et m’occupe de ma tarte. Une fois celle-ci au four, je mets la confiture en bocal. En fait, j’aurais dû faire l’inverse mais je ne m’en rendrai compte que lendemain. Le sucre a trop cuit et cristallise :-((
Bon, une petite salade et tout le monde à table… Le Nôm fait la moue. Les tartes de légumes, ce n’est pas son truc. Mais les filles se régalent. Et elles réclament même une part supplémentaire. Que demande le peuple.
Après dîner, au lieu d’aller sur mon ordi comme à l’ordinaire, je vais dans la chambre regarder la télé avec les fifilles (le Nôm a foot). On tombre sur l’émission de Patrick Sébastien que je n’apprécie pas des masses d’habitudes. Mais là, ses deux invités principaux sont les humoristes Shirley et Dino. Ça fait longtemps que je veux les voir ces deux-là. Un spectacle à l’ancienne avec une fausse idiote à la voix et la choucroute haut perchées et un grand dadais. Je me régale. Des vieux trucs nous font pleurer de rire. L’interprétation de « je t’attendrai à la porte du garage » de Trenet par Shirley nous fait hurler de rire. C’est inconcevable de fausseté.
Mais je ne perd pas mon temps. Je tresse les cheveux de Léone. En regardant la télé, elle se laisse à peu près faire. Elle commence à avoir les cheveux long et je peux lui faire de jolies choses. Elle gigote car elle a le cuir chevelu très chatouilleux. Elle rigole en me disant « maman guili, maman guili ». Elle adore ça. Je finis juste avant l’émission. Ça m’a quand même pris une bonne heure. Mais le résultat est assez beau. Faudra que je prenne des photos pour vous montrer.
En attendant je couche la marmaille après moults câlins et bisoux et retourne bien au chaud dans mon lit ou je me regarde Ardisson faire son show. Mouais, pas grand-chose. Je m’endors devant la télé, comme à mon habitude. J’émerge de temps en temps. Léone fait des cauchemars et se réveille en pleurant. Elle dort dans le grand lit de Lou, sur la mezzanine. Je monte, elle s’approche de moi, tombe en chemin, elle dort. Il lui a suffi de me voir pour être rassurée, mais elle s’est endormie la tête sur les fesses de sa sœur. Je doute que ça dure longtemps.
Je redescends et découvre que Garance s’est endormie avec son livre. Celle-là, elle fuyait quand je lui racontais des histoires. Maintenant, elle adore ça et ne dort qu’entourée d’une multitude de livres. Bien qu’elle ne sache pas encore lire, elle les raconte à sa petite sœur… Bon la jeune classe va bien, je vais prendre mon bain et dodo.
Dodo dodo dodo dodo… Ah que ce mot est bon et agréable. Ce matin, je tire encore ma flemme jusqu’à 11 h 30. Je serai bien restée un peu plus au lit, mais là, ce sont les cris de guerre des deux dernières qui me propulsent hors de sous ma couette chérie. A propos de couette, j’ai envie d’écouter Maximum Kouette. C’est un groupe que j’aime bien. Ils ont des chansons un peu rock, un peu variété, un peu décalée, un peu déjantée qui m’enchantent. Ce matin, avant de plonger dans la cuisine, je m’accorde une petit déjeuner rapide : un grand bol de thé et un ti bout de pain. Quelques messages sur l’ordi et hop, au déjeuner. A midi, ce sera lapin au cidre et aux pommes. J’ai trouvé une recette sur le Net qui m’a l’ait mmuuummmm, alléchante. Et ça tombe bien pour une fois, j’ai à la fois, des pommes et du cidre…
Je m’affaire derrière mes plaques. Heureusement, elles sont quatre et je me rappelle l’heureux temps, pas si lointain, ou je faisais la cuisine sur deux plaques de camping. Ben quand il me fallait trois feux, c’était un peu épique… Là, grand confort… A peine cuit, à peine servi et tout de suite dévoré. On se régale. Vraiment. J’ai réussi là une bonne recette. Même l’homme s’en pourlèche les babines et me dit que c’est « presque » bon.
C’est un jeu entre nous. Comme je lui ai longtemps reproché de ne jamais me faire de compliments sur ma cuisine, il m’en fait un peu, mais jamais complets… Je suis nase et me réfugie derrière mon ordi. Nôm s’occupe des filles, les couche (sieste obligatoire car demain, école) puis part se balader. Je ne le reverrai pas avant le soir. Je retourne dans ma cuisine. Décidément, ce week-end, je l’aurai beaucoup fréquenté cette pièce. Je prépare les tomates cerises vertes. Je les mets dans leur bocal et fait bouillir un mélange de vinaigre de vin, de cidre et balsamique (plus ail, oignon, poivre et estragon) à verser dessus.
Je verse les tomates vertes et le sucre dans le grand faitout en fonte. Le temps de tout faire, les filles ont le temps de dormir, de se lever, de goûter, de regarder la télé. Ça y est, le dernier pot est fermé. Je les rejoints dans le salon. Elles ont mis la cassette de Babe le cochon. Il est sympa ce film, pas trop niais et assez drôle. Pendant ce temps, je fais les tresses de Lou. Elle m’a demandé le même motif en étoile que sa petite sœur. Elle a une telle masse de cheveux que j’en ai des crampe dans le bras. Cette fois-ci, pas de perles, sauf sur les deux tresses de devant suffisamment fines.
Drrriiinnnnngggg. La mère d’un des copains de Lou me demande si elle peut passer récupérer la feuille de devoir pour son fils qui l’a oubliée chez sa grand-mère en vacances. Pas de problème. Au lieu de la lui donner pour qu’elle court à la librairie la photocopier, je la lui scanne et lui imprime. Heureusement qu’elle est passée, cela permet à Lou de se rendre compte qu’elle a oublié ce devoir. Je l’engueule un peu. Une fois son copain parti, je l’envoie rejoindre ses sœurs au bain.
Cinq minutes et elle sort pour travailler. Pendant ce temps, Léone (décidément) se sert du fond de la baignoire comme d’un toboggan et met de la flotte partout. Je gueule, je fais sortir les deux de l’eau : « Pyjama, et ranger chambre à fond ! Sinon, demain je jette tout ce qui traîne par terre ! » Non mais ! Je me fais penser à ma mère…
Là, ça va être compliqué parce que Lou ne peut pas les aider à cause de son devoir oublié… Je retourne dans ma cuisine pour le dîner. Et je suis prise d’une grande crise de ras-le-bol. Allez ! ce soir, on n’est pas lundi, mais ce sera ravioli quand même. J’ouvre la boite, la verse dans un saladier et met le tout au four à micro onde. J’aime aussi ce genre de cuisine !
Garance, à mon grand étonnement, range la chambre toute seule et avec une certaine efficacité. Ce jour est à marquer d’une pierre blanche car c’est la première fois. Généralement, elle remue du vent pendant que la grande sœur fait tout le boulot. Je vérifie les devoirs de Lou, lui fait refaire, met une fessée à la plus petite qui a encore fouillé dans le cartable de l’aînée et lui a piqué du matériel. Elle n’en a tellement pas l’habitude qu’elle hurle encore plus fort. Ouf, Nôm rentre. C’est lui qui va s’occuper d’elles pendant que je mets le couvert. Les petites dînent. Je me mets à l’ordi et commence à préparer une compil de musiques créoles pour un copain. Pour agrémenter le tout, je demande à Nôm de me préparer un ti punch. Yeah… Ça c’est bon.
Les filles ont mangé. Nous les envoyons au lit après un arrêt à la case salle de bain. Je visse mes fesses sur la chaise de l’ordi et je ne bouge plus. La compil, mon courrier et de la bonne musique pendant que Nôm roupille sur le canapé devant le foot. Léone est venu le rejoindre et ils dorment dans les bras l’un de l’autre. Trop mignons.
Bon, c’est pas tout ça mais j’ai encore des trucs à faire moi.

