Week-end aux Saintes

Je cours, je cours, et je n’ai guère le temps de lire ni même d’écrire… Et puis pas tellement envie non plus en fait. Trop la tête dans le guidon. Raconter quoi : que je meure de froid en cet hiver parisien ? Que de penser aux – 40 °C qui sévit en ce moment dans le Québec ne me réchauffe pas plus que ça ? Que le boulot me gave ? Que deux collègues sont en train de se faire licencier ? Pas très gai, hein. Changeons de rue et même d’endroit. Tiens aujourd’hui, je vous emmène. Alors fermez les yeux, projetez-vous quelques années en arrière, vous sentez, là qu’il fait plus chaud d’un coup… Nous sommes en juillet 2002. Allez, venez, je pars en reportage et je vous fais une petite place à mes côtés.

(Une partie de ce texte est parue dans « Mer Caraïbes Magazine », très joli journal sur la région)

Terre de bas

Chaque année, quand je suis en Guadeloupe, je m’échappe quelques jours pour visiter une île. L’an passé, c’était la Désirade, celle d’avant Marie Galante. cette année, c’est décidé je repars pour les Saintes.

L’aventure commence dès le départ. En Guadeloupe, en effet, il ne faut se fier à rien et surtout pas à ce qu’on croit connaître. Il m’a fallu plus d’une demi-heure pour trouver le point d’embarquement que n’indiquent ni pancarte, ni guide ni hak. Depuis le mois de juin (2002), en effet, c’est à la nouvelle gare maritime de Bergevin qu’il faut se rendre. Cette recherche m’a mise en nage : j’ai failli manquer le bateau. La navette de Brudey Frères quitte Pointe-à-Pitre tous les matins à 8 heures tapantes. Ou presque…

D’une terre à l’autre

Nous ne sommes que six sur la navette. Le capitaine et son second, probablement son fils, une femme et ses deux fils – Charly et Charlemagne – et moi-même. Je m’installe à l’avant du bateau car j’ai envie de voir l’arrivée sur Terre-de-Haut. Mais le ciel est couvert et menaçant, la mer agitée. Le second, un jeune garçon, me suggère d’aller plutôt m’installer à l’arrière : « A l’avant, ça va gicler ».

Terre de haut

Levée à 6 heures (on se lève tôt aux Antilles pour profiter de l’air plus frais), j’ai au programme l’ascension du Chameau. Il paraît qu’on y a une vue magnifique. Avant, il était possible d’y monter en scooter. Mais aujourd’hui, c’est à pied qu’on doit faire la grimpette. Et quelle grimpette ! Deux heures de montée minimum. C’est pour ça qu’il vaut mieux partir très tôt, avec une bonne gourde et un chapeau. Mais je dois déchanter en ouvrant les volets. Il pleut des cordes, le ciel est totalement bouché, un mauvais temps parti pour durer. Je renonce donc au Chameau et à sa vue imprenable.