Je n’avais jamais été visiter l’hôtel Gouin depuis qu’il a rouvert. Je suis passée souvent devant, une architecture comme cela, un peu chargée, ça se remarque. Mais je n’en avais jamais franchi la porte.

C’est un peu le côté atypique de Tours. La plupart de son centre ville (et de la ville) date de l’après guerre. Des rues toutes droites, des façades rectilignes… C’est qu’elle a été durement touchée par les bombardements à cause du nœud ferroviaire. Mais à plusieurs endroits, il y a des îlots qui ont survécu. Il y a la cathédrale, le musée des Beaux arts, le Château de Tours côté est, la place Plumereau, des ruelles avec de magnifiques maisons à colombages, des ruelles pavées un peu tordues côté ouest. Des îlots des temps anciens, choyés, mis en valeur,

Et il y a cet hôtel Gouïn. Construit dans les années 1490, sa façade renaissance daterait elle des années 1510. Un petit bijoux précieux au milieu d’immeubles des années cinquante. Presque incongru mais d’autant plus précieux.

Il a changé de mains de nombreuses fois jusqu’à arriver dans la famille des Gouïn qui lui a donné son nom, des banquiers d’origine bretonne, en 1738. Il le restera jusqu’en 1925. Devenu musée, il fut détruit par les incendies qui ravagèrent la ville en 1940. Seuls la façade sud et le portail subsistent.

Il appartient au département d’Indre-et-Loire depuis 1977 qui a entièrement restauré sa façade en 2014. Elle est remarquable.

L’hôtel organise de nombreuses expositions temporaires, surtout axée sur le patrimoine local, le design. Et cet été il a invité le street art dans ses murs. Des artistes tourangeaux mais venus d’autres territoires aussi.

Quand je suis arrivée à Tours, en 2008, on cherchait vainement le street-art. Apparemment, il n’était pas du goût de la municipalité d’alors. La moindre tentative était recouverte ou nettoyée dans les jours qui suivaient. Débarquant du 18e et de la Goutte d’or, où les fresques étaient nombreuses, c’était frustrant. Depuis, les couleurs politiques ont changé et depuis que les Verts sont en place, on peut dire que l’art de la rue a trouvé sa place.

Régulièrement, des artistes sont invités pour décorer un mur dédié à cet effet. Un festival a été organisé l’an passé. Et des street artiste se sont installés dans la ville ou sa périphérie (à Saint-Pierre-des-Corps notamment, à la Morinerie dont j’ai déjà parlé).

Evidemment, pour moi qui suis une fan d’art de rue, c’était l’occasion pour enfin pénétrer dans le fameux hôtel. J’y ai donc été deux fois, une fois avec Léone et son père, l’autre fois avec ma sœur.

Au rez-de-chaussée (à la fraîcheur bienvenue), l’accueil, une exposition de points des artistes exposés. En vente bien sûr, pas très cher (mais c’est le prix normal, maman me reprend ma fille). Et dans la pièce voisine, le début de l’exposition

Au premier étage, autre ambiance. Déjà, j’adore la pièce, la mise en scène des œuvres dans la pénombre. Les fenêtres sont occultés grâce à de gros volets en bois massif. En ces temps de canicule, l’œil se repose et se pose volontiers. L’exposition explore le travail d’atelier des différents artistes en suivant une règle, celle de la couleur. Ou de l’absence de couleur.

Je ne vais pas tomber dans la polémique : le noir et le blanc (et le gris), sont-ils des couleurs ? Bien entendu. Mais c’est plus parlant dit comme cela.

Bref, sur des murs tendus de vert sombre (qui se marie parfaitement aux tomettes du sol), se succèdent les dessins, illustrations, gravures, peintures. Et au milieu des deux pièces, les sculptures… Nous faisons le tour de la première pièce où trône une somptueuse cheminée.

Puis de la deuxième.

Avant de monter au 2e étage. Là encore, une pièce magnifique. Elle est consacrée à trois monographies successives. Le troisième, celle que nous voyons, est consacrée à Enora & Koye que l’on a croisés au premier étage.

Mais ici les tableaux explosent de couleurs. D’un côté, les tableaux d’Enora, de l’autre ceux de Koye. Et au milieu un grand espace, avec des feuilles, des crayons, des feutres, des couleurs ou chacun peut s’essayer au dessin, au Graff, bref à ce qu’il veut. Mouton.noire y a laissé sa trace…

Pour retrouver les artistes, j’ai fait une liste avec leurs liens dans l’ordre d’apparition dans les vidéos

Première vidéo

A l’entrée, Koye ou Hotkoye

Monsta, le petit monstre

Mlle Terite

Philantropes Tapis

Vaderetro Studio

Deuxième vidéo

Eric Schwartz aka Comicblues

Steven Salvat

Sixo Santos et son compte Instagram

Loraine Motti

Sébastien Touache

Bault ou son Instagram

Enora

Shane Hello

Williann

Missy

 

 

 

Shane Hello

Shane Hello

Shane Hello

Shane Hello