Les JO d’hiver ont commencé. Ne me demandez plus rien. Je suis scotchée devant la télé depuis mon lever jusqu’au coucher. Faut dire que le temps ne m’incite guère à bouger. Ce matin, pourtant, il y a eu une éclaircie. Sortie immédiate, je suis allée au marché. Ce qui est un piège car ensuite je dois faire la cuisine.

Dans les prévisions un chou braisé et saucisse de marteau, un gâteau au chocolat que dans ma famille on appelle Reine de Saba (mais ma recette diffère des reines de Saba qu’on trouve sur Internet), une tarte aux pommes aussi. Je me suis aussi acheté des poires conférence et quelques mandarines. Elles sont délicieuses cette année : hyper juteuses et bien sucrées. Ce n’est pas le cas tous les ans.

Il y a quelques semaines, j’en ai profité pour en faire une confiture. Il n’y avait pas encore les JO. Heureusement car ce n’est pas la confiture la plus simple à faire. Enfin, surtout pas la plus rapide. La préparation s’étale sur plusieurs jours. Il faut donc bien s’organiser

Ingrédients

– 1,8 kilo de mandarines (ou clémenti­nes, j’ai du mal à faire la différence)
– 500g de mangues congelées
– 800g environ de sucre à confiture. Plus vous laissez mariner les fruits, moins il y a besoin de sucre
– Vous pouvez aussi ajouter des épices telles que anis étoilée, cannelle, et même un peu de cardamome (dans la marinade).
– Je pense que la vanille pourrait aussi trouver sa place.

Jour 1 : épluchage des fruits. Les puristes vous diront qu’il ne faut garder que la pulpe. Je ne suis pas une puriste. Il faut par contre veiller à enlever tous les pépins, le plus gros des filaments blancs. Et l’écorce bien sûr. J’en réserve cependant les plus jolies morceaux.

Je coupe les quartiers en 2 et je les dépose dans un grand saladier. Auquel j’ajoute environ 300 g de sucre spécial confiture. Il en existe réalisé à partir de sucre de canne. C’est de loin le meilleur. Et hop au frigo pendant – au moins – vingt-quatre-heures.

Je m’occupe ensuite des zestes. Je détaille l’écorce réservée en lanières. Je fais bouillir celles-ci dans un peu d’eau 2 fois 4 minutes (je laisse refroidir un peu entre temps). Ensuite, je détaille les lanières en petits carrés. Le but c’est d’enlever les saloperies qui auraient pu rester sur l’écorce. Et la rendre moins amère. J’aime bien les confitures d’agrumes à la condition qu’elles ne soient pas amères. Je déteste l’amertume dans le sucre. Si vous n’êtes pas comme moi, cherchez une autre recette.

Jour 2 qui n’est pas forcément le jour suivant. Moi j’avais à faire le lendemain de la première étape. Au frigo, dans leur jus et dans le sucre, les mandari­nes ne craignent pas grand chose. Vous pouvez attendre 3 ou 4 jours. Plus serait hasardeux. Mais cela permet de s’organiser

Jour 2 donc. Première cuisson de la préparation à laquelle on a ajouté les zestes. Une cinquantaine de minutes à feu moyen. Comme il y a très peu de sucre, la confiture ne risque pas de se sauver. On peut donc vaquer à ses occupations. Il faut juste remuer temps en temps. Au final, on laisse refroidir et on remet au frigo pour vingt-quatre heures.

J’en ai profité pour aller dans la grande surface voisine pour acheter un sachet de mangues congelées.

Jour 3 (le suivant pour le coup). Je remets la préparation au feu. J’ajoute les mangues (je n’ai même pas pris le temps de les décongeler) et le sucre à confiture (environ 400 grammes). Je fais cuire à feu soutenu. Il faut que ça bloblotte mais pas de gros bouillon.

Je regarde d’un œil la compétition de patinage de vitesse, ce sport qui fait ressembler les sportifs à des suppositoires mais dont les mouvements sont si beaux. Trois mille mètres féminin explosés par une Italienne, Francesca Lollobrigida, aussi blonde que son arrière grande-tante Gina était brune. Un tout petit bout de femme pétillant de bonheur qui pleure et bondit partout. L’exploit, la joie, la famille (elle a un petit garçon de 3 ans), c’est pour tout cela que j’aime le JO.

Bref, dans la dernière étape, il faut surveiller la cuisson de près. Écumer (enlever l’écume de cuisson), remuer en veillant que cela n’accroche pas au fond surtout (le goût du cramé n’ajoute rien à celui des confitures).

Quand la préparation commence à épaissir, j’en verse quelques gouttes sur une assiette froide. Si elles figent, la confiture est prête. Je mets un coup de zoom zoom pour le côté marmelade qui rend bien. Mais je veille à laisser quelques morceaux.

Il ne reste plus qu’à mettre en pot puis à tout lécher avant de nettoyer parce que cette confiture, tout le monde le dit, est une tuerie.

J’ai fait ma confiture d’automne, voici celle d’hiver. On va attendre le printemps pour remettre cela. Vous avez une idée ?