Pratiquer un journalisme le plus éthique possible, même si c’est une aspiration légitime, n’est pas partout possible. Travailler à l’étranger peut également obliger le journaliste à composer avec la déontologie. La plupart des journalistes connaissent les difficultés de leurs confrères dans les pays non démocratiques : emprisonnements arbitraires, assassinats, enlèvements, etc. Mais c’est une chose d’avoir une connaissance intellectuelle de ces questions. Une autre d’en faire l’expérience, même à un tout petit niveau.

Il ne s’agit pas là de revenir sur le travail des reporters de guerre ou des journalistes d’investigation qui s’immergent dans un pays étranger pour rapporter l’information dans leur propre pays. Mais du travail sur place, quand il s’agit de participer à la rédaction d’un journal local avant de rentrer chez soi. Il est alors difficile de travailler tel qu’on en a l’habitude, parce que les enjeux ne sont pas les mêmes et qu’il faut tenir compte des réalités locales. Pas pour soi-même, mais pour les autres, ceux qui nous entourent.

Jusqu’où un journaliste est-il libre de sa parole sans mettre en difficulté, voire en danger, ceux qui restent sur place une fois que lui est rentré ? Peut-on aborder tous les sujets sans état d’âme ? Ce sont des questions auxquelles ont été confrontés des étudiants de deuxième année de l’Ecole publique de journalisme de Tours que j’ai accompagnés à Istanbul, en Turquie.

Depuis plusieurs années, il existe des liens étroits entre la faculté de communication de l’université francophone de Galatasaray, à Istanbul, et l’EPJT. Nous avons reçu à plusieurs reprises des étudiants turcs en Erasmus. Et chaque année, deux ou trois de nos étudiants partent y suivre leur année de licence. Continuer à apprendre son métier dans un pays où la presse n’est pas totalement libre est une expérience forcément enrichissante.

Pour la plupart, nos étudiants en Erasmus à Istanbul pigent pour des médias francophones. Dans
leurs enquêtes finales (travail de fin d’année), qui doit porter sur une pratique journalistique à laquelle ils ont été confrontés, tous soulignent l’autocensure obligatoire pour la survie de ces journaux. Les sujets politiques et économiques y tiennent plus de l’annonce que de l’analyse et encore moins de la critique. Au delà de la répression du gouvernement, qui s’attaque tout de même plus souvent aux médias turcophones, des propos non consensuels auraient un impact très rapide sur les annonceurs. Et entraîneraient une possible faillite si ceux-ci se retiraient.

La répression du gouvernement n’est cependant pas à négliger. En 2012, Reporters sans frontières déclarait : « Avec 72 professionnels des médias actuellement emprisonnés, dont au moins 42 journalistes et 4 collaborateurs qui le sont en lien avec leur activité professionnelle, la Turquie est la plus grande prison du monde pour les journalistes. » (Bilan annuel 2012.)

Conséquence de cette situation, dans les écoles de journalisme, les candidats ne se bousculent pas. C’est notamment le cas de la faculté de communication de l’université de Galatasaray. La plupart des étudiants préfèrent s’orienter vers la communication, qui débouche sur des emplois sans risques et rémunérateurs. Les cours purement journalistiques ne sont proposés qu’en troisième année, dans une spécialisation sur les médias (Journalisme et techniques d’écriture journalistiques, Sociologie du journalisme, Médias alternatifs, journalisme de droit, etc.).

C’était également une expérience enrichissante pour moi. Mon intérêt pour les questions internationales a débuté à la fin du collège. Je me suis passionnée pour les révolutions latinoaméricaines. Il y avait là quelque chose de romantique pour une pré-ado qui écoutait ses cousins, un peu plus âgés, raconter leur Mai 68. La chute d’Allende, les tupamaros, les dictatures argentine, chilienne, uruguayenne, paraguayenne, je n’en ai pris la mesure que plus tard. Mais c’est cet intérêt-là qui m’a porté vers l’étude des langue et civilisation espagnoles. Et je continue à suivre l’actualité de ces pays où j’ai de nombreux amis, rencontrés ici, retournés là bas.

La première fois que je suis allée en Espagne, j’avais tout juste 16 ans. Franco était encore au pouvoir et pour une jeune Française chez qui les conversations et les prises de position politiques étaient monnaie courante, la surprise fut de taille. J’ai dû apprendre qu’on ne parlait pas de n’importe quoi n’importe où, que les murs des lieux publics avaient des oreilles. C’est insignifiant, mais cela ouvre les yeux sur ce qu’est le défaut de démocratie. Plus largement, nous étions une génération avec les yeux grands ouverts sur le monde extérieur. A l’époque, la mondialisation n’était pas un gros mot et nous envisagions nos réflexions en tenant compte de tout ce que nous apprenions du monde. C’est sans doute aussi ce qui m’a amenée à suivre des cours de géopolitique lors de ma licence d’histoire.

Je me souviens avoir eu de longues réunions avec des jeunes Allemands de l’Ouest militants au parti social démocrate (PSD) au début des années quatre-vingt. Pour eux, la séparation entre les deux Allemagne était consommée et il devenait impossible de revenir en arrière. La chute du mur sept ans plus tard leur a sans doute donné tort. Mais les difficultés de la réunification, après les premières heures de liesses, s’expliquaient évidemment par ces décennies de vie séparée. Des générations étaient nées, avaient grandi, s’étaient élevées avec une conception fondamentalement différente de la société, de l’économie. Il faudra encore quelques années pour les cicatrices s’effacent totalement.

Evidemment, cet intérêt a perduré dans mes pratiques professionnelles et associatives. Professionnelles, car développer ses connaissances générales sur l’international enrichie le travail du journaliste secrétaire de rédaction quand il est amené à travailler sur des reportages ou enquêtes menés à l’étranger. Pour rester en alerte, il faut connaître. J’ai donc constamment enrichi mes connaissance par la lecture des livres ou des articles de mes confrères, notamment en ce qui concerne les Etats-Unis (l’après 11 septembre), l’Afrique (Afrique du Sud, de l’Ouest), Le Proche-Orient parce qu’il est au cœur de l’actualité depuis si longtemps (et j’ai eu la chance d’y faire plusieurs voyages : Tunisie, Maroc, Turquie), etc.

J’ai évidemment suivi avec intérêt l’évolution du printemps arabe et les soubresauts de ces révolutions, l’avancée des frères musulmans et des salafistes, les conséquences sur les droits de l’homme et, surtout, des femmes, sur la liberté d’expression aussi comme l’ont démontré très récemment les dramatiques journées des 7 et 9 janvier 2015.

1. Le projet

La faculté de communication de Galatasaray publie deux fois par an un magazine rédigé en français, Le MAGs. Il est réalisé par des étudiants français en Erasmus et des étudiants turcs. Malgré les difficultés locales, Le MAGs n’élude rien des débats qui traversent le pays. En 2010, il abordait le problème du service militaire et des objecteurs de conscience. Un des numéros de 2011 se faisait l’écho des difficultés d’un instituteur kurde (minorité bête noire du régime au pouvoir), des problèmes de l’assainissement de l’eau (les questions concernant l’environnement sont au cœur de nombreux conflits avec le gouvernement) et présentait les différentes forces en présence pour les élections législatives.

Le dossier du numéro suivant traitait du délicat problème de l’urbanisme et de l’environnement à Istanbul, ville gérée par l’AKP, le parti conservateur musulman de Recep Tayyip Erdogan, actuel président de la Turquie, ancien Premier ministre et ancien maire d’Istanbul. Sujet qui s’est révélé explosif un an après notre venue avec les manifestations pour défendre le parc Gezi (Romain de Oliveira, Turquie : « Les manifestants veulent plus de liberté d’expression, sexuelle et religieuse ». Youphil.com , 4 juin 2013). Des sujets sensibles donc.

Le MAGs est distribué dans tous les milieux francophones de la ville, culturels et économiques.

En 2011, l’EPJT et Galatasaray ont mis sur pied un partenariat basé sur l’échange. La première année, l’EPJT devait emmener à Istanbul un groupe d’étudiants de deuxième année afin qu’ils participent à la réalisation d’un des numéros du MAGs. L’année suivante, des étudiants turcs devaient venir à Tours pour participer au magazine de l’école, Innova.

 

En 2012, un groupe de huit étudiants était sélectionné. Des réunions ont été organisées via Internet avec les étudiants turcs pour mettre sur pied un sommaire. Les Français ont souhaité que le problème des minorités soit au cœur du magazine. Ce qui n’a, de prime abord, pas posé de problème. Les minorités sont nombreuses en Turquie même si pas ou peu reconnues. Et leur situation était susceptible d’évoluer dans le bon sens avec le projet de constitution alors en cours de rédaction au parlement.

La question était donc au cœur de l’actualité. Mais en réalité, ce que souhaitaient traiter les étudiants français à travers la question des minorités, c’était la question kurde, largement médiatisée en France. Ils avaient l’intention d’être offensifs, de faire du « vrai journalisme ». La première difficulté était que la définition des minorités en Turquie ne recouvrait pas la même réalité qu’en France. Seules les communautés non musulmanes sont considérées comme telles. Pour les autres, qu’elles soient ethniques ou linguistiques, elles n’ont pas d’existence légale. Kurdes et alévis (adepte d’une forme d’islam qui mêle cette religion à des croyances ancestrales, ils représentent un quart de la population turque) n’étaient donc pas reconnus officiellement comme des minorités. Il fallait vraiment déterminer de quoi le dossier allait parler et se mettre d’accord sur un vocabulaire commun.

La deuxième difficulté était de faire comprendre aux étudiants français qu’il n’y avait pas que la question kurde. Catholiques, orthodoxes, alévis, arméniens souffrent également d’une certaine méfiance de la part du pouvoir. Dans l’esprit turc, et dans les textes depuis un arrêt de la cour de cassation qui date de 1974, qui n’est pas musulman n’est pas turc. Ainsi, les orthodoxes sont-ils souvent considérés comme des Grecs, les catholiques comme des Arméniens, les juifs comme des Israéliens. Et ce qui n’est pas turc peut potentiellement porter atteinte à l’Etat.

Troisième difficulté, et non des moindres, le gouvernement turc était particulièrement offensif sur la question kurde au moment de notre séjour. De nombreux journalistes étaient en prison pour avoir mené et publié des enquêtes sur la question, ou pour être kurdes eux-mêmes. Un étudiant de l’université de Galatasaray d’origine kurde, Cihan Kırmızıgül, avait été arrêté pour avoir participé à une manifestation pro kurde et risquait une lourde peine de prison (il écopera de onze ans). La directrice du département Infocom venait d’être mise en cause dans la presse pro-gouvernementale par le biais d’une photo publiée sur Internet où on la voyait à côté d’une personnalité kurde. Bref, le sujet était sensible et il valait mieux éviter de le traiter de front, d’attirer trop l’attention sur l’université, pour ne pas mettre en danger les étudiants turcs et français qui restaient en Turquie une fois les étudiants de l’EPJT rentrés en France. D’autant qu’un de nos étudiants qui effectuait une année Erasmus à Galatasaray était lui-même d’origine kurde.

Dernier problème, il fallait également contourner la trop grande prudence de certains étudiants turcs. Pas uniquement sur les questions politiques, mais également sur les questions économiques et culturelles.

2. La réalisation

En avril 2012, ont donc atterri à Istanbul les huit étudiants de l’école et deux enseignants pour les encadrer : le responsable des études de géopolitique et moi-même, responsable de la presse écrite magazine.

Une réunion de rédaction a eu lieu dès le lendemain de notre arrivée pour finaliser les sujets et les équipes de rédacteurs, mixtes, qui allaient effectuer les enquêtes. Les thèmes étaient déjà choisis, les angles travaillés. Mais il restait deux points à éclaircir. Malgré les mises en garde, les étudiants français souhaitaient toujours aborder la problématique kurde. Ils proposaient également un sujet sur les étudiants emprisonnés extrêmement nombreux. Selon une communication du ministre de la Justice turque, 2 824 étudiants étaient en prison au 31 janvier 2012, dont 1778 en préventive parmi lesquels 609 pour « appartenance à une organisation terroriste armée ». Et 1046 étaient condamnés dont 178 pour « appartenance à une organisation terroriste armée ». La simple participation à une manifestation pro kurde pouvait valoir cette accusation. C’était notamment le cas de Cihan Kırmızıgül, l’étudiant de Galatasaray.

Ce sujet était particulièrement épineux. Les parents de Cihan Kırmızıgül ne souhaitaient pas que l’on parle de leur fils de peur que la justice ne s’en serve contre lui. Les apprentis journalistes devaient faire un choix : fallait-il accéder au vœu des parents ou passer outre au nom de l’information ? Dénoncer la situation quitte à nuire au principal concerné ou faire profil bas ? Est-ce que le jeu en valait la chandelle ?

Il était également intéressant de constater que les étudiants français étaient persuadés que les entraves au journalisme d’investigation avaient peu cours en France où la loi protège les journalistes et leurs sources. Nous leur avons rappelé que, parfois, le gouvernement ou les politiques étaient prêts à beaucoup de choses pour savoir d’où les journalistes pouvaient tirer leurs informations.

Le débat sur les deux sujets a été assez vif entre les étudiants français et turcs. Evidemment, les étudiants de l’EPJT y tenaient et, sur le fond, ils avaient raison. Il se serait agit de mener une enquête à Istanbul pour une publication en France, les sujets auraient été validés sans problème. Mais ce n’était pas le cas et ils devaient comprendre que l’Etat turc ne plaisantait pas. Ils ont parlé de censure et d’autocensure. Mais il était hors de question de faire autrement. Il a donc été décidé d’abandonner le papier sur les étudiants emprisonnés. Et de n’aborder la question kurde qu’à travers un papier plus général sur les médias des minorités. Pendant une semaine, les étudiants ont arpenté la ville et multiplié les rendez-vous pour mener leurs enquêtes. Puis nous sommes rentrés en France et ils ont commencé à écrire leurs papiers à plusieurs mains, Internet compensant en partie la distance entre Tours et Istanbul. J’ai assuré le secrétariat de rédaction pour des questions de commodité et de temps.

Les principales difficultés auxquelles j’ai été confrontée provenaient de l’article sur les médias des minorités. A cause de la distance qui rendait difficile les vérifications, mais aussi à cause du manque de distance journalistique de nos étudiants vis-à-vis de leurs interlocuteurs. Quatre d’entre eux avaient participé à l’enquête. Une étudiante turque avait favorisé les contacts. Il semble que lors des entretiens, les étudiants aient été victimes de leur enthousiasme pour la cause des minorités.

Dans l’article qui m’était soumis, l’importance de certains journaux semblait exagérée quand on les remettait dans le contexte turc. Ainsi, la directrice de publication d’un de ces journaux affirmait que son titre, en faisant connaître la culture et les spécificités de sa communauté aux Turcs, œuvrait à la réconciliation. Cela ne cadrait pas avec ce que j’avais appris sur ce pays et sur la méfiance ou l’indifférence des Turcs vis-à-vis des minorités. D’autant que le journal en question était publié dans la langue de la minorité. Qu’il puisse être lu par les Turcs me semblait surprenant.

J’ai demandé aux étudiants de me fournir les chiffres de diffusion des deux publications concernées, pour les remettre dans leur contexte. Ils n’avaient pas pensé à les demander et les obtenir promettait d’être long. La responsable du département média de l’université stambouliote a confirmé mes doutes. Non seulement les Turcs ne connaissaient pas les langues des minorités, mais ces journaux ne tiraient qu’à très peu d’exemplaires et n’étaient diffusés que dans certains quartiers d’Istanbul. Ils n’étaient même pas vendus à Ankara. Ce qui relativisait les propos de la rédactrice en chef sur l’influence de son journal. Nous avons donc fait sauter le passage litigieux sans enlever l’idée du rapprochement entre la minorité et le reste de la population turque. La directrice de la publication était dans la communication, nos étudiants ont entendu ce qu’ils avaient envie d’entendre, oubliant d’utiliser leur esprit critique.

Curieusement, c’est sur les questions de culture et d’économie que j’ai eu le plus de difficultés avec les étudiants turcs. Sans doute était-ce lié à leur formation essentiellement tournée vers la communication, mais il leur était très difficile de porter un regard distancié sur les entreprises de leur pays. En Turquie en général et à Istanbul en particulier, la culture est une affaire privée. Les plus grands musées ne sont pas gérés par l’Etat ni par les collectivités locales, mais par les grandes entreprises.

Trois grands maîtres de la peinture européenne étaient exposés en même temps à Istanbul (Van Gogh, Goya, Rembrandt) ce qui ne s’était jamais vu. Il a donc été décidé de consacrer un papier à cet événement et à la présentation des différentes expositions. Mais à réception, je me suis rendue compte que le papier était truffé de références aux entreprises qui finançaient ces musées, sans que cela ait un lien direct avec l’angle du papier. Ainsi, il était précisé que la grande exposition Van Gogh était arrivée à Istanbul « en provenance de Singapour grâce au groupe pharmaceutique Abdi Ibrahim, qui fête ainsi son centenaire. »

Un peu plus loin, concernant l’exposition Rembrandt il était dit que celle-ci consacrait quatre cents ans de relations diplomatiques entre la Turquie et les Pays-Bas. Et les auteurs ajoutaient « Les deux pays ont d’ailleurs cofinancé l’exposition avec de nombreuses entreprises dont ING Direct et Sabanci Holding. Pour cette dernière, c’est également l’occasion de fêter l’anniversaire du musée Sabanci. »

Dans un article sur le mécénat, ou sur le financement de la culture en Turquie, ces informations auraient eu toute leur place. Mais dans un article de compte rendu d’exposition situé dans les pages culturelles, ces précisions me surprenaient. J’ai donc demandé à l’étudiante française qui signait le papier avec deux étudiants turcs si ces deux mentions étaient importantes. Elle m’a répondu qu’elle n’en avait pas fait mention dans la première version du papier, mais que ses cosignataires avaient insisté pour les ajouter car « c’était important, dans les articles, de parler des sponsors ».

Je me suis alors tournée vers leur enseignante que cela a fait sourire. Elle m’a demandé de faire sauter ces passages. Un article journalistique est un article journalistique, pas une plaquette de communication m’a-t-elle fait remarquer en substance, et ce que ce soit en France ou en Turquie.

L’article « L’école ne fait pas l’Arménien », d’Aziz Oguz, ancien étudiant d’Année spéciale à l’EPJT et en Erasmus à Galatasaray, a obtenu le prix du Monde diplomatique cette année-là.

L’année suivante, l’arrestation de Sevim Sevimli, étudiante franco-turque en Erasmus à Eskisehir, nous a confirmé que nous avions eu raison d’opter pour la prudence. Elle a été arrêtée pour avoir suivi la manifestation du 1er mai pour le compte du journal dans lequel elle était en stage. Accusée d’avoir des liens avec une organisation d’extrême gauche, elle risquait jusqu’à trente-deux ans de prison. Elle n’a été condamnée qu’à cinq ans, puis libérée sous caution et autorisée a rentrer en France.