Le premier de ces apports est logiquement d’éviter les principaux écueils de l’organisation traditionnelle : perte de temps, manque de souplesse, lourdeur de l’organisation. Elle a permis aux magazines de maîtriser la quasi-totalité de la production en interne. Ce qui, on l’a vu avec l’exemple du traitement du 11 septembre, permet d’être plus proche de l’actualité.

Du coup, les rédactions ont réalisé des économies substantielles, obtenu un gain de temps appréciable, travaillé avec une plus grande souplesse.

A VSD, de par la position particulière des secrétaires de rédaction, la PAO a également modifié le rapport entre eux et les rédacteurs (ou les chefs de service). Avant, ces derniers étaient peu impliqués dans la réalisation des pages contenant leurs articles. Ils donnaient aux premiers les informations nécessaires pour écrire les légendes, quand ils étaient présents. Et c’est à peu près tout. Pas le temps de les joindre, de les attendre pour une relecture.

La PAO nous a donné le temps de travailler ensemble. Une fois qu’un SR avait fini son travail sur les pages qu’il avait en charge, il les donnait à relire aux auteurs et/ou aux chefs de service. Les problèmes étaient résolus en commun, les discussions étaient parfois vives mais on pouvait prendre plus facilement ce temps. L’adaptation de la titraille se faisait également en commun. Auteurs et SR faisaient leurs propositions à égalité, testaient leurs trouvailles en direct, changeaient d’avis, d’idée et finissaient par tomber d’accord.

Evidemment, en bouclage et pour peu qu’il y ait du retard, on avançait. Les relations entre les rédacteurs et les SR s’en sont trouvé améliorées, ces derniers n’étant plus vécus comme ces censeurs qui intervenaient de façon intempestive (de l’avis des auteurs) sur les articles. Il y avait une réelle émulation. Et la confiance s’établissait entre eux. A force de travailler ensemble, les auteurs n’avaient plus peur que les SR abîment leurs écrits. Parfois il y avait de grands coups de gueule, mais c’est le cas dans toutes les rédactions.

Les relations avec les maquettistes ont également évolué. Avant la PAO, il y avait un fossé entre les deux services matérialisé, dans les locaux de la rue Cassette, par un grand trou. En effet, nous nous faisions face sur la mezzanine qui surplombait une partie de la rédaction. Les nouvelles installations et les ordinateurs ont permis un vrai travail d’équipe qui a amené plus de qualité.

Cette expérience montre bien que la baisse de qualité et la logique de rentabilité ne sont pas dues aux machines mais à des choix organisationnels et à une recherche de rentabilité effectués au moment de l’implantation de la PAO ou au moins permis par elle.