Je crois, il me semble, mais je ne suis pas sûre, que la première nuit que Garance a passé dans notre nouvel appartement, elle a dormi seule dans sa grande chambre. Mais il est possible qu’elle soit venue dormir avec moi. Depuis mars, les filles ont perdu l’habitude de dormir seule dans leur lit, a fortiori dans une grande chambre…
Mais je ne me souviens déjà plus.
Le lendemain, un vendredi, était un jour sans train. A ce titre il était à marquer d’une pierre blanche. Alors, on a commencé à ouvrir les cartons. Enfin, surtout moi.
J’ai commencé par ceux du salon. Déblayer les livres, gagner de la place tout en en perdant sur les étagères. Mais enfin, celles-ci sont faites pour cela… Je remplissais les rayonnages, mettais les cartons à plat, les déposais sur la terrasse. J’étais assez contente de mon rythme. Et puis il y a eu les cartons, plus grands, avec la vaisselle. Les assiettes, ça allait, les casseroles aussi. Quand je suis arrivée aux verres, j’ai cru halluciner.
Je ne sais pas quel est l’âne bâté qui a fait cette caisse, mais il doit avoir un potentiel de réflexion assez bas. Ce glorieux imbécile n’a rien trouvé d’autre que de mettre dans chaque verre à bourgogne quelques santons qui étaient entreposés dans la même armoire. Mes beaux verres, offerts par ma mère, étaient réduits en miettes ainsi que ma chope de bière.
Les seuls qui ont survécu sont ceux dans lesquels rien n’avait été mis. J’étais à la fois verte et rouge de colère. Tant de stupidité, de la part de soi disant professionnels, me sidère. Je n’étais pas, hélas, au bout de mes surprises.
Mes saladiers en terre cuite qui me viennent du Maroc et que j’adorais, étaient empilés les uns sur les autres sans aucune protection entre eux. Tels ils ont été pris dans l’armoire, tels ils ont été posés dans le carton. Evidemment, celui du dessous a explosé. Un vase était entré dans une soupière et j’ai passé une demi-heure à essayer de les désemboîter. Imaginez un rubix cube à deux faces, mais fragiles, les faces. J’ai fini par y arriver deux jours plus tard, et totalement par hasard…
Quelques cartons plus loin, c’est une de mes théières de collection que j’ai découverte en miettes. Elle était sur le dessus du carton, toujours sans protection. Les autres, heureusement, étaient indemnes.
Quand je pense que je leur avais laissé emballer le fragile parce que je pensais qu’ils le feraient mieux que moi. Plus rapidement, c’est sûr, mais mieux… Même pas en rêve. Et j’ai eu de la chance, somme toute, de ne perdre dans l’histoire que sept verres, un saladier et une théière (que je n’aimais pas particulièrement mais qui faisait rire les filles…).
Nous avons réussi à remonter la table avec les moyens du bord. Nous avions un endroit pour manger. C’était déjà ça. Nous l’avons installée dehors, sur la terrasse et nous avons pris notre premier déjeuner dans notre jardin.
Doucement, notre vie prenait tournure.
Le soir, nous avons fait chauffer de l’eau dans la grande casserole pour nous laver. J’avais réussi à régler le problème du gaz. Avant de partir chercher Garance, j’avais eu le propriétaire au téléphone, qui m’avait expliqué que le compteur de gaz était bien là, qu’il n’avait jamais été démonté bien sûr, mais qu’il était à l’extérieur. Et que GDF l’avait plombé. Et qu’un technicien devait donc bien intervenir. Là, tout à coup, tout devenait clair.
Le gars du gaz était passé dans l’après-midi (trois minutes, montre en main). Mais pour la mise en route de la chaudière, il fallait que j’attende que l’entreprise qui l’avait installée puisse passer, ce qui ne semblait pas être pour tout de suite (jamais plus je ne m’installe quelque part au mois d’août). J’insistais auprès de la secrétaire qui m’a promis de faire ce qu’elle pouvait pour m’envoyer quelqu’un le plus tôt possible.
Donc, grand faitout sur la plaque électrique. Et petite toilette dans la baignoire.
Le lendemain, avec Garance et Lou, je reprenais le train. J’avais encore une fille et un chat à récupérer…
Le mercredi 27 août 2008, 07:22 par Laurelin
argh, le coup bas
vraiment pas sympa ces gens là. Mais le plus important, c’est que vous soyez bien installées, ça vient petit à petit. Pour le plat du maroc, ce sera peut être l’occasion de vous organiser un voyage là bas !
gros bisous et bon courage
2. Le mercredi 27 août 2008, 09:15 par Anne
J’hallucine. Tu as raconté tout ça à la copine qui t’avait recommandé ces marlous ?
3. Le mercredi 27 août 2008, 10:44 par Nicolas Bleusher
Vaisselle cassée… vaisselle foutue…
4. Le mercredi 27 août 2008, 12:16 par akynou
Anne, non pas encore, mais ça ne va pas tarder 
Nicolas : c’est le moins que l’on puisse dire
Laurelin : maintenant, j’en rigole, on a vécu des choses plus dramatique, mais sur le coup, j’étais colère…
5. Le mercredi 27 août 2008, 13:26 par Franck
Des bises à vous toutes et bon courage 
6. Le mercredi 27 août 2008, 13:33 par Traou
Je rentre à peine et découvre tes péripéties d’installation.
Courage et bises à toutes les quatre
7. Le mercredi 27 août 2008, 14:08 par saperli
ils sont pire que des éléphants dans un magasin de porcelaine, ces types ! Bon courage pour la suite !
8. Le mercredi 27 août 2008, 14:50 par jeanpadupe
Je ne parlais que de rééducation au sommeil. point.
je dois à la vérité de dire qu’un déménagement professionnel et onéreux n’offre pas beaucoup plus de sécurité que les autres; sauf qu’ils sont assurés mais des valeurs prouvées pas des valeurs « morales ».
Néanmoins Je comprends ta rage.
A 4 sous le même toit aque chacun son espace je crois qu’elles apprécierons vite, mais ce sera sans retour.
9. Le mercredi 27 août 2008, 16:48 par Otir
Tu racontes toujours aussi bien Akynou ! que de déboires malheureux ; et heureusement que tu as pu prendre des photos des caisses, j’espère qu’il y avait une assurance comprise dans le prix de ton déménagement. Cela m’a rappelé le grand déménagement qui avait été fait outre-Atlantique, par des pros bien sûr, la seule et unique casse avait été d’un miroir, qui était la seule chose que l’ex avait tenue à emballer lui-même.
Ce qui n’a pas empêché la compagnie de rembourser intégralement le miroir en question, au prix d’achat ! (facture datant de moins de deux mois oblige). Pour ta porcelaine et tes verres, bien sûr, ça serait différent, mais ça serait bienvenu que tu puisses récupérer un forfait j’imagine.
10. Le mercredi 27 août 2008, 18:28 par akynou
Jeanpadupe : mais moi aussi, je parlais de sommeil 
Je sais que je n’ai aucune chance de me faire rembourser quoi que ce soit. Je n’ai aucune facture, et puis ce ne sont que cinq verres et un saladier… Mais je ne vais pas me gêner pour leur faire savoir ce que j’en pense quand même 
Otir : hélas, aucune chance. Même avec les photos…
11. Le jeudi 28 août 2008, 11:24 par luciole
Je ne connais personne qui ayant fait appel à des professionnels du déménagement plus ou moins cher n’est pas connu ce genre de déboire. Quand en plus il n’y a pas au passage perte ou vol d’un carton, d’un meuble … Les déménageurs ont aussi bonne réputation que les garagistes et les plombiers, c’est dire 
12. Le jeudi 28 août 2008, 23:16 par Karaba (la vraie!)
Envoie_moi les photos des tessons de tes saladiers du Maroc.
13. Le jeudi 28 août 2008, 23:38 par Karaba (la vraie!)
Envoie-moi des photos des tessons de tes saladiers du Maroc.
14. Le vendredi 29 août 2008, 14:14 par dieudeschats
Aucun respect pour les affaires des autres… rl-)
15. Le samedi 30 août 2008, 19:32 par Oxygène
Karaba, j’ai l’ADSL… Tu peux m’appeler. Merci Akynou de servir de boîte aux lettres. 
16. Le dimanche 31 août 2008, 01:40 par Akynou
Oxygène : mais pas de problème, vous êtes ici chez vous 
Karaba : je le fais dès que les filles seront à l’école. Là j’ai même plus le temps de penser
17. Le dimanche 31 août 2008, 14:36 par Fauvette
De vrais gougnafiers oui !
Bon courage.



