Nous sommes à Saint-Pierre-des-Corps, contentes de n’avoir eu à subir qu’une heure de train. La navette nous attend. A chaque fois que j’ai fait ce changement, elle se trouvait de l’autre côté du quai où j’arrivais, je n’avais qu’à traverser. Mais aujourd’hui, que nous sommes chargées de bagages lourds et encombrants, bien sûr, elle est sur le quai d’en face, il faut descendre les escaliers, emprunter le passage souterrain et remonter les marches. Vous ai-je déjà dit que je haïssais les escaliers ?
Dans l’heureux temps où nous avions un chez nous, nous avions un ascenseur. Etage, bagages, peu nous importait puisque nous nous élevions sans efforts. Mais à partir du moment où nous sommes devenues nomades, nous n’avons presque toujours été hébergées que chez des gens vivants en haut d’escaliers. Emménager dans ces conditions relève du cauchemar. La première fois, ça va. Mais monter, toutes les deux à quatre semaines, six, cinq ou quatre étages, chargées comme des bourriques, ahanant sous l’effort, s’arrêtant à chaque palier restera un de mes pires souvenirs quant à ces cinq derniers mois.
Enfin, nous sommes tranquilles, dans mon nouvel appartement, si nous n’avons pas d’ascenseur, nous n’avons guère d’étage non plus…
Or donc, tout en encourageant Lou, je pense au dix minutes de marche qui séparent la gare de la maison. Mais je n’en dis mot à ma fille afin de ne pas la décourager. Ce genre de chose, c’est assez dur à vivre sans en plus l’envisager.
Nous les faisons, ces dix minutes. Je passerai sous silence les râleries, les énervements, et les noms d’oiseaux. Nous voilà devant la porte de notre maison, je sors les clés, nous ouvrons portes, fenêtres et volets et voilà déjà le camion de déménagement, le deuxième suit (eh oui, il en a bien fallu un deuxième). Les gars commencent les va et vient, nous leur donnons un coup de main parce que nous ne sommes pas des chiennes. A la réflexion, on n’aurait pas dû. Mais bon, on ne se refait pas.
Les cartons s’empilent dans les pièces (je les avait numérotés). Il en passe par la porte, par les fenêtres. Arrivent le frigo, le lave vaisselle, la machine à laver le sèche linge qui sont mis en place, et branchés, prêt à servir, ça prend tournure. A 20 heures, les camions sont vides. Les gars font une pause et boivent une bière sur ma terrasse. Ils plaisantent et trouvent l’endroit sympa. Puis ils me saluent, remontent dans leurs camions et ciao bella, ils s’en vont.
J’en reste comme deux ronds de flanc. Mais, on n’avait pas dit « déménagement luxe » ? Est-ce que ça n’impliquait pas aussi de remonter la table à manger, la porte de l’armoire, les étagères. Je veux bien vider les cartons (quoi que) mais au moins qu’ils remontent les meubles… Ben, vous comprenez, faut qu’on rentre à Paris, il est tard… Et voilà comment on se fait avoir en payant , croit-on, pas cher un déménagement et en en ayant , au bout du compte, juste pour son prix.
Il est maintenant un peu plus de 20 heures et nous sommes deux, au milieu de meubles démontés, aux morceaux éparpillés, entourées de cartons menaçants. Et on n’a rien à bouffer…
Le samedi 16 août 2008, 09:50 par Saperli
j’ai l’impression que c ‘est très courant, de ne pas respecter le devis… Bon courage pour tout le reste !
2. Le samedi 16 août 2008, 11:06 par andrem
Tout comme Saperli. Un déménageur « luxe » pour 20% plus cher t’aurait fait le même coup.
Enfin, à moi il me l’a fait.
Alors surtout ne regrette pas tes 20%. Tu pourras offrir une jolie fête à tes filles et à toi par la même occasion.
3. Le samedi 16 août 2008, 11:10 par akynou
Vous ne vous demandez pas comment on a passé la nuit ? Mais vous êtes d’une insensibilité incroyable ! Moi qui pensais vous faire pleurer en ménageant le suspens 
4. Le samedi 16 août 2008, 11:27 par Fauvette
J’espère que vous avez refermé la porte et êtes allées à la pizzeria la plus proche, et ensuite au dodo, en se disant « On verra demain pour la suite ! »
5. Le samedi 16 août 2008, 11:58 par Gilsoub
L’essentiel finalement c’est d’être arrivé
Tout le reste ne seras que péripétie raconté bien plus tard dans un grand éclat de rire 
6. Le samedi 16 août 2008, 12:17 par Tatami
J’espère que vous avez trouvé un endroit encore ouvert pour casser la croûte !
Je suis contente pour vous que vous arriviez au bout de vos peines..quoique j’attends la narration suivante avec grand intérêt ! 
7. Le samedi 16 août 2008, 12:26 par andrem
La nuit qui suit?
Même pas pleuré. On m’appelle cruello parfois.
Est-ce que le vieux parquet embaumant était souple, au moins?
8. Le samedi 16 août 2008, 17:51 par akynou
Cruello… pffff Par contre, je regrette moins les 20 % effectivement, maintenant que je vous lis. 
Bon la suite ce soir.
9. Le samedi 16 août 2008, 18:41 par Anne
Arg, oui, dans le genre de luxe, on a vu mieux… ‘reusement qu’il y a le wifi dans mon hôtel, je suis vos péripéties d’aussi près que possible !
10. Le dimanche 17 août 2008, 02:09 par Nab
Les déménagements, c’est tuant, mais en même temps, c’est la promesse de nouveaux lendemains, a priori toujours plus chantants, et puis, cette fois, ça a l’air d’être pour un petit moment!
Courage pour les cartons/meubles et autres…