Les pauses à répétition font perdre 588 milliards de dollars par an aux entreprises américaines – et ta sœur ? ! Le crétin du jour, c’est l’imbécile qui a décidé que les pauses café, les bavardages, les ragots, discussions, coups de fil et e-mails personnels, etc. faisaient perdre du temps donc de l’argent aux entreprises…

Ce n’est même pas le crétin du jour, c’est le crétin de la décennie. On devrait lui attribuer un prix. Celui de la plus belle stupidité d’entreprise. Et dieu sait si dans ce milieu, on en profère et qu’ils pourraient être nombreux à être nominés.

Tiens, je me verrais bien, le soir de la cérémonie de remise des prix, sur une estrade, face aux caméras de télévision et à la foule endimanchée qui retient son souffle, ouvrir avec maladresse une enveloppe, en sortir un bristol et lire : « Le prix de la plus belle stupidité de la décennie est attribuée à… Non ! quelle surprise ! M. mon DRH ! » Je me verrais assez bien lui remettre la statuette représentant Le Crétin des Alpes. L’embrasser après la remise ? Non, ça, je n’y tiens pas trop. A peine lui serrer la main… Mais le féliciter chaudement, ah ça ! Oui !

Oui, parce que des connerie de cet acabit, pendant les heures que nous avons passé ensemble dans les réunions de comité d’entreprise ou lors des négociations, j’en ai entendues. Tenez, rien qu’à propos des 35-heures. J’aurais dû faire un florilège : « Les gens ne travaillent pas, ils ne font déjà pas 39 heures. Ils passent leur temps à la machine à café, à lire les journaux… Vous vous rendez compte, lire le journal pendant les heures de travail ! »… Je lui ai répondu en riant que nous étions payés pour les lire, ce qui a eu l’air de le scandaliser. C’est vrai que lorsqu’on a travaillé pendant des années pour des fabricants de produits capillaires qui le valent bien ou de pâtes alimentaires, on a un peu de mal à se faire aux groupes de presse dans lesquels s’intéresser à la concurrence consiste, précisément, à la lire…

Ce qui me choquait le plus, c’était cet a priori qui voulait que, de toute façon, par principe, les salariés en faisaient le moins possible. A l’époque, nous faisions plus souvent 50 heures par semaine que 39. Nous avions deux bouclages par semaine, le vendredi et le lundi, jours où nous commencions à 9 heures pour finir entre 1 et 3 heures du matin. Le reste de la semaine nous étions des zombis (bossant tout de même) et le week-end, nous le passions à essayer de récupérer. C’est d’ailleurs bien pour cela que la direction voulait tous nous passer en convention forfait/jour. Plus de référence horaire, plus de limites, plus d’heures supplémentaires (que d’ailleurs on ne se faisait même pas payer à l’époque)… le crime parfait.

Du coup, je me suis fâchée. Mais je ne m’attendait pas à l’estocade finale : « Mais vous, Madame, entre vos congés maladie (j’avais fait une mononucléose, donc, effectivement, avec le rythme de travail que nous avions, je tombais assez souvent malade) et vos congés maternité (j’allais entamer le deuxième dans cette entreprise), vous ne faites même pas un mi-temps. »*
Je ne suis pas partisane de la chaise vide. Je trouve que c’est idiot et contreproductif. Mais là, je me suis levée, j’ai pris mes affaires et je suis sortie en claquant la porte.

Donc oui, pour cette phrase inénarrable, j’aimerais attribuer le Prix de la plus belle crétinerie de la décennie à mon ancien DRH.

Ceci est ma participation au Sablier n°8 imaginé par Dame Kozlika qui nous fait même travailler les jours fériés. Pas de pitié pour les petites mains des blogs. D’ailleurs, Madame Kozlika, maintenant que j’ai fini mon travail, je peux aller aux toilettes, parce que… Oui, je ferai dix minutes de plus ce soir pour compenser, oui, Madame, je comprends, je peux y aller maintenant. Oui, je sais, nous ne sommes pas là pour aller nous promener. Mais vous comprenez… Je peux y aller là ? Ben non, finalement, ce n’est plus la peine, c’est trop tard…

Principe du jeu : sur la base de cette amorce, piochée dans le billet d’un blogueur qui l’a autorisé, imaginez une suite. Si vous voulez jouer, dépêcher vous. Le principe su sablier, justement, c’est d’avoir des contraintes de temps. Et je remercie Kozlika d’avoir très largement ouvert cette limite en ce jour de noël pour nous permettre de jouer sans interrompre nos agapes ni la cérémonie d’ouverture des enveloppes cadeaux par nos chères têtes blondes (brunes, rousses, chatains, etc.) si tout ceci vous laisse du temps, vous pouvez aussi jouer au dyptique 10. Cette ultime session de la saison ne sera close que demain soir.

(*) Véridique, hélas.

Le dimanche 25 décembre 2005, 15:53 par Kozlika

Ooooooh, mais dis donc, on a eu le même DRH alors ??? ;-)