– C’est l’histoire d’un ténor qui veut le fauteuil d’une basse… et qui a trouvé l’arme fatale: la sixte majeure !

Cela faisait bien dix minutes que Paul me parlait et que je n’écoutais pas. Je regardais le mouvement de ses lèvres sur ses dents blanches, à la recherche de ce petit morceaux de salade qui apparaissait et disparaissait au hasard de ses mots. L’opéra, moi, j’aime bien l’écouter, pas en parler. Les voix me donnent des émotions, mais celle de Paul commençait sérieusement à me taper sur les nerfs

Tu comprends, la sixte majeur. C’était génial… » Mais qu’est-ce qu’il me bassine. Je ne sais même pas de quoi il me parle. Pour moi, une sixte, c’est une parade latérale en escrime. Une position de la main qui positionne le fleuret de telle manière que l’on déjoue l’attaque de l’adversaire. On apprend ça en première année. Le b.a. ba du fleuret. Hier, je me suis bien battue. Mais j’ai été vaincue. Quinze touche à treize. Moi qui n’aime que les victoires. J’en aurais pleuré.

La voix de Paul s’éloigne, je ne sais même plus de quoi il parle. Je joue avec la boulette de pain. Ça me rappelle le temps où je jouait aux billes avec les garçons. J’étais forte, plus forte que la plupart d’entre eux. Normal, les filles, c’est plus précis, plus stratège. Je leur en ai piqué des agathes et des calots. Ça les faisait râler de se faire battre à plate couture par une pisseuse. Moi, j’ai toujours aimé ça. Je suis une fille, et alors. Je suis plus forte que vous. Voilà ce que je leur disais à ces idiots. Ils étaient gentils, remarque. Je me souviens des grandes oreilles d’Adrien, des grosses mains d’Arthur qui essayaient de m’attraper. Mais je courais tellement plus vite que lui. Je me demande bien comment il était, Paul, quand il était gamin… Rêveur ou sûr de lui ? Un peu fat ou tendre. Paul, petit Paul, je n’aurais fait qu’une bouchée de toi…

– Un vrai complot, une histoire, tu sais, vraiment incroyable… Cette mécanique, c’est tellement… musical, et improbable. » Cette fois, je le regarde, un peu ahurie. Il ne s’en rend même pas compte, mais je suis totalement perdue dans ses mots. Lui, il a les yeux ailleurs, il parle, il parle, il pérore même. Je n’existe même plus. je suis en train de disparaître dans ses mots. Je rapetisse, de plus en plus. Déjà, on ne me voit plus derrière la table. Bientôt quelqu’un viendra réclamer la chaise libre, et un auguste derrière se précipitera sur ma petitesse. Non, au secours, je suis là, encore…
– Hé Marie ! tu m’écoute ?
– Euh ! mais oui mon amour. L’arme fatale, la sixte majeure, le coup de grâce… tu vois je suis tout ouïe.

Ceci est ma participation au sablier du mardi, le petit marathon d’écriture lancé par Kozlika. c’est d’ailleurs chez elle que vous trouverez les règles du jeu. Tous les textes validés sont regroupés sur Le blog qui cherche ses mots/son nom.

Bon, je crois que j’ai été complète sur ce coup là…

Le mercredi 1 juin 2005, 00:08 par samantdi

Joli coup de fleuret, Madame !

2. Le mercredi 1 juin 2005, 00:19 par racontars

Merci :-) tu vas me faire rougir :-)

3. Le mercredi 1 juin 2005, 01:41 par Anitta

Rougis, rougis… Pour moi, Samantdi et toi êtes les deux championnes de la soirée. Bravo !

4. Le mercredi 1 juin 2005, 10:06 par Stella

Magnifique ! Ma chère consoeur, tu n’as pas besoin de te demander de quoi il s’agit, tu es parfaitement au fait du sujet et au faîte des sujets !

5. Le mercredi 1 juin 2005, 11:01 par racontars

Merci Stella, merci en pil :-)

6. Le mercredi 1 juin 2005, 11:19 par luciole

Joli coup d’esquive, belle parade! C’est Lou qui t’inspire Non?

7. Le mercredi 1 juin 2005, 12:10 par racontars

Luciole : En partie, oui, pour l’escrime. Pour le reste, non, quand même pas :-)

8. Le mercredi 1 juin 2005, 12:21 par Nounou

bon, je repars sur un autre blog pour comprendre la blague, toi tu n’as rien écouté tu as avoué ! :p

9. Le mercredi 1 juin 2005, 12:37 par racontars

Nounou, euh, j’ai pas bien compris ton commentaire :-(

10. Le mercredi 1 juin 2005, 13:40 par Vroumette

Comme je vais de blog en blog pour lire les différents textes édités, je suis encore une fois bluffée. (Et pis bon j’ai bien compris : faut pas te chercher des noises, madame la winneuse)

11. Le mercredi 1 juin 2005, 21:25 par zvezdo

Je vous aiiiiii com-prises (coup de menton en avant);-)
Me plait bien, ce texte-là….

12. Le jeudi 2 juin 2005, 01:19 par Nounou

Je m’explique: le charmant(?) Paul t’a expliqué cette sombre phrase… mais toi tu rêvassais! Je ne peux donc trouver la réponse à la question de mon texte sur ton blog, je vais donc aller sur ceux des autres joueurs, à la quête du Graal :p

J’ai bien aimé ta façon de détourner l’accroche en nous faisant penser à ta petite star… et aux sourires de ses petites soeurs-fans!