Qui se souvient du sombre rapport Bénisti. Les événements se succèdent et un scandale en pousse un autre dans l’oubli. Il y a quelque temps, le député maire de Villiers-sur-marne présidait une commission sur la délinquance dont le pré-rapport avait été publié dans la presse et sur Internet.
De nombreux bloggeurs s’étaient alors fait l’écho de l’incroyable incurie de ce texte bourré de fautes d’orthographe et de français pour la forme et de porte nawak pour le fond. C’était le cas, entre des centaines d’autres, de Kozlika (que je cite trop peu alors que je la lis quotidiennement), de Veuve Tarquine, de Samantdit et de ma pomme.
En résumé, on y lisait, entre autres perles, que chez certains, le bilinguisme était directement la cause de la délinquance. Et qu’il fallait donc obliger les familles concernées à ne parler que français et pas leur patois. Il demandait la levée du secret professionnel des assistants sociaux. Et que les enfants qui ne réussissaient pas il fallait les envoyer en apprentissage.
Après la levée de bouclier entraînée par ce texte, on pouvait penser que la commission et son président feraient profil bas. Que nenni, M. Bénisti persiste et signe dans une interview donnée à Afrik.com le quotidien de l’Afrique du Internet (que je vous conseille de découvrir, c’est passionnant). On trouvera l’interview complète du député dans les pages d’Afrik, mais je ne peux résister à la tentation d’en livrer quelques extraits.
« La délinquance est majoritairement le fait des immigrés. Selon l’Observatoire national de la délinquance, il y a une augmentation impressionnante des délits commis par les jeunes issus de l’immigration. Je n’invente rien, les chiffres sont là. Sachant cela, deux solutions s’offrent à nous : soit on n’en parle pas, soit on règle le problème. »
« Il ne s’agit en aucun cas de supprimer le bilinguisme. Mais le schéma est le suivant : sur une semaine complète, soit 168 h, un jeune d’origine étrangère entendra parler 28 h de français à l’école et 140 h du dialecte de son pays à la maison. Forcément, il va finir par connaître des difficultés scolaires et au bout du compte, décrocher, se replier sur lui-même. Ce qui entraînera encore une augmentation de son retard. Plus grave encore, non seulement ce jeune en difficulté fait des bêtises, mais il nuit aux autres élèves, les faisant même régresser. Mais à force de fustiger le cancre, de l’isoler, son besoin d’exister va trouver son épanouissement dans la délinquance. On peut d’ailleurs le constater par l’augmentation de la délinquance mineure depuis 1996. En ce qui concerne la langue, le jeune ne doit toutefois pas perdre de vue ses origines et son dialecte maternel, comme l’arabe par exemple ou le “gambara” (regardant sa collaboratrice), comment dit-on déjà ? Cependant, et j’insiste sur ce point, son apprentissage ne doit se faire qu’à partir de 12 ans, lorsque l’on est sûr que le jeune maîtrise parfaitement notre langue, le français. »
La base de l’argumentation porte nawak… Si on en croit monsieur le député, la plupart de nos délinquants ne savent pas parler français. Zyva, la caillera elle cause même pas la France ! Ou l’on confond les causes et les conséquences.
« Il y a, bien entendu, divers facteurs qui interviennent dans le parcours d’un délinquant et ceux-ci en font partie. La principale raison reste néanmoins la difficulté d’apprendre la langue, à laquelle s’ajoutent des problèmes d’éducation, notamment chez les Maghrébins et les Africains. En fait, les problèmes se cumulent et les difficultés se manifestent de manière concrète. Par exemple, bon nombre de jeunes ne peuvent passer le permis de conduire à cause de la barrière linguistique et ont donc plus de mal à trouver un travail. »
Où l’on pointe ouvertement d’où viennent tous nos problèmes. Il m’étonne que le sieur Bénesti n’en ait pas profité pour clouer au pilori toutes ces donzelles que le foulard empêche d’étudier. Ça aurait fait bonne mesure…
Les Africains que je connais parlent plutôt très bien français, un peu imagé, un peu ampoulé mais plutôt bon. Ils ne sont pas tous délinquants, mais certains le sont. Certains parlent également une autre langue européenne. Et la plupart parlent de nombreuses langues africaines. Mais à par ça, l’Africain a du mal apprendre notre langue.
« Nous proposons la création d’une structure au sein de l’école, qui offrirait un programme d’alphabétisation et d’accompagnement des élèves difficiles par un personnel professionnel et adapté : pédopsychiatres, psychiatres, médecins scolaires, professeurs, etc. L’acteur principal de cette structure, avec le jeune en difficulté, serait le référent, qui pourrait être un enseignant à la retraite, chargé de surveiller et de superviser un petit groupe d’élèves difficiles. Ce programme pourrait éventuellement concerner les jeunes dyslexiques, les jeunes en situation familiale difficile ou en échec scolaire, mais resterait essentiellement basé sur les jeunes immigrés car, comme je vous l’ai dit, la délinquance est causée par ces mêmes jeunes. »
Les Arabes, c’est rien que des voleurs. Et les Noirs, ce n’est pas mieux. Quant aux dyslexiques, là, j’ai peur de comprendre…
« … il existe une graduation de la délinquance. Pour la replacer dans l’idée du bilinguisme, il y d’abord la consommation de drogues douces, le “shit”, pour se valoriser. En effet, le jeune qui a des problèmes d’élocution consomme du shit car il lui permet de mieux s’exprimer. Ensuite vient l’escalade et le jeune se met aux drogues dures. »
Si jamais vous avez un enfant qui bégaie, je vous recommande de le surveiller. Parce que c’est bien connu : d’abord, on bégaie, ensuite on fume du shit et après on se pique à l’héro… Ce serait presque drôle si ce n’était aussi dramatique.
« En tant que maire de Villiers-sur-Marne, j’ai créé des cours d’alphabétisation, pour les femmes maliennes notamment, et, déjà, il y a des tentatives d’instaurer le français à la maison. Toutefois, les maris maliens sont assez réticents et préfèrent apprendre le “bamboula” (lapsus de J-A. Bénisti qui voulait dire bambara, NDLR) à leurs enfants. Les femmes doivent donc trouver des solutions cachées pour continuer à parler français et parler français à leurs enfants. »
Un lapsus révélateur s’il en est.
«… pour la communauté Tamoul, la donne change : l’individu doit s’épanouir dans le travail, à l’identique de toutes les communautés asiatiques. Ils parlent français avec l’enfant, mais lui enseignent également le tamoul, de même que l’arabe pour comprendre le Coran. Et c’est par un travail acharné que l’enfant acquiert toutes ces langues. Quand les autres jouent, lui ne s’amuse pas, il travaille et ne s’arrête que pour manger. Bien souvent d’ailleurs, les Tamouls ou les asiatiques sont premiers de la classe, tout en maîtrisant plusieurs langues. Ce qui n’est pas le cas des Maghrébins ou d’autres. »
C’est bien connu, l’Asiate bosse et le nègre ne fout rien…
Je suis écœurée. Et le mot est faible.
Une dernière pour la route. Mon correcteur orthographique, pour « bloggeur », me proposent « blondeurs ». La minute blonde a encore frappé.
1. Le jeudi 7 avril 2005, 00:23 par Nounou
La discussion continue ailleurs
- 1. Le jeudi 7 avril 2005, 10:41 par Kozeries en dilettante
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Les bilingues sont dangereux, la suite
Via Racontars, dans un billet beaucoup plus charpenté que le mien, je viens de lire l’interview que Benisti a accordée à Afrik. Je vous connais, vous allez encore trouver que cette commission – et en premier lieu son président – raconte vraiment…
Ce qui m’avait choqué dans cet interview, c’est l’ensemble de préjugés. En résumé, pour M. Benisti, le Noir parle le bamboula, est doué de ses mains (mais pas de sa tête), fait plein de gosses mais ne s’en occupe pas (normal, il les fait pour les allocs). Cet interview est bien la preuve que toutes les propositions du rapport proviennent d’un racisme pur et dur, qui vont à l’encontre de tous les travaux existants, en particulier ceux sur le bilinguisme.
De plus, l’une des choses demandées par Monsieur le Maire de Villiers sur Marne, c’est bien être que les politiques fassent partie du secret professionnel qui lie les « travailleurs sociaux ». A titre d’information, et pour rappel, un professeur des écoles a une obligation de signalement, pour protéger les enfants. Les crimes évoqués par M. Benisti pour justifier cette rupture du secret professionnel relèvent donc de la pure mauvaise foi – en plus, je ne vois pas le rapport entre ces crimes et la délinquance.
Moi aussi ce rapport m’a fait dresser les cheveux sur la tête.
Ce qui est drôle, c’est qu’au Canada il y a énormément de bilinguisme anglais-français, de couples mixtes et d’enfants qui apprenent à parler au moins 2 (sinon 3) langues en même temps.
Étonnamment, ces enfants sont tout à fait adaptés, réussissent bien à l’école et ne sont pas délinquants plus que les autres…
À croire qu’être bilingue ne rend pas délinquant !!!!
Parce qu’ici (au Canada), il n’y a pas ce problème ce sont les amériendiens les délinquants, qui ne réussissent pas en classe et qu’on doit franciser de force. Et puis on devrait les laisser crever de faim ces incapables, ces mésadaptés sociaux, ces imbéciles qui empêche les gens de travailler sous prétexte de protéger la forêt. Ils ne s’adapteront jamais au monde moderne, je le sais, j’en suis un.
Moukmouk a raison, ce n’est pas la langue qui pose un problème, c’est l’origine des gens montrés du doigts. J’ai de nombreuses copines au Québec et certaines n’aiment pas du tout les Indiens. MAis elles ne voient pas du tout ce qui peut y avoir de raciste dans leur attitude. Le racisme c’est juste quand on n’aime pas les Noirs…
Quand je pense que ce cretin est un élu….. Au secours!!!!!!!!! Ah oui…. j’avais oublié le 21 avril….. j’avais oublié dans quel monde on se promene….. Et dire que c’est pas une blague…. :'(
T’as raison se serait drôle si ce n’était pas réel, on aurait pu mettre ça dans un film comique ou on aurait vu le personnage caricatural du politique réac. Mais c’est dans la vrai vie. Ce qui me terrifie moi, c’est que j’entends bcp de parent d’élève, et d’instit tenir ce genre de discour avec une bienveillance ds le regard qui nous ferait oublié le fond d’a priori et d’ignorance pour le coup. Mais c’est vrai que je vie à Nice et que c’est Jacques peyrat, qui à été élu Maire. Il y a des gens qui vote pour des hommes qui ont ce genre de discours, moi c’est ça qui m’effraie.
Ca me donne une idée : je me suis dit que j’allais proposer à l’anpe et aux entreprises qui le souhaitent des stages pour ceux qui ont des problème de présentation publique, la prise de parole. Et bien dans mon stage il y aura quelques heures consacrées a la fumette, parce qu’apparament, ca permet de mieux parler… J’avais déjà remarqué que mes copains, en fin de soiré feignaient l’allanguissemnt, la langue plombée, et les idées nuageuses.
je pourrais aussi proposer un module » tampax », parce qu’avec, on peu faire du ski, de la planche à voile, du cheval, se sentir bien avec ses amis…ect…
Non mais je rêve!!
Aude : MDR
J aime bien ce brave homme…
Je sais c est surprenant de dire ca mais je le trouve interessant…
Ben oui, quelqu’un qui sait aussi bien souligner les faille et les aberations d un raisonnement c est toujours interessant.
Pour ceux qui pourraient imaginer que ces idees sont construite structurees et justifiables… Enfin quelqu un qui sait souligner les a priori, les stupidites et les logiques bancales qui amenent a des conclusions stupides…
Comme quoi voila un con qui sait etre de salubrite publique.
Et merci a toi d’en parler et de reagir
bonjour, le projet de rapport Bénisti (député) sur la prévention de la délinquance pondu en 2004, était xénophobe. Autrefois il ne fallait pas que les parents parlent patois dans leur foyer, « il faut que les mères s’obligent à parler français » de peur de transformer leur progéniture en grands criminels; foin de l’héritage culturel, le père était pratiquement poursuivi s’ il persisait à parler « bamboula » (selon les dires d’un journaliste!) Le rapport final d’octobre 2005 veut transformer les maternelles en CMPP ( je cite: « il faut ouvrir les maternelles aux pédopsychiatres »). La nouvelle mouture (voir le lien ci-dessus) caresse les émigrés dans le sens du poil: maintenant on parle d »enrichissement culturel ». Bref, l’ancien rapport était méprisant, le nouveau est sournois.
Ce rapport est contradictoire car il veut redonner l’entière autorité aux parents et en même temps si ils ne vont pas dans le droit chemin, un référent sera nommé pour l’enfant court-circuitant l’autorité parentale.
Par ailleurs « le médecin de famille doit jouer un rôle important dans le groupe de personnes référentes qui interviennent autour de l’enfant car il a une bonne connaissance de la famille et détient leur confiance ». Cela veut dire que, vu qu’il « faut redéfinir le secret professionnel », le médecin de famille va trahir la confiance de ses patients! On ne parle plus de secret partagé mais de « mutualiser les connaissances » concernant l’enfant. Pauvre bambin, s’il y a un secret honteux le concernant, il ne va pas pouvoir « en disposer » comme il l’entend en en parlant éventuellement à une personne de confiance, mais tout sera étalé sur la place publique jusqu’à la fin de sa scolarité.
Il ne faut pas que dans 20 ans on trouve normal de procréer, puis de laisser l’éducation de nos bambins à un référent, au psy. vision d’apocalypse.
Dans la même veine, le rapport de l’Inserm de septembre 2005 sur les troubles du comportement de l’enfant donnne froid dans le dos; celui-là prône la ritaline (en deuxième intention dit-on) à tout va pour le moindre écart de conduite