Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais Noël s’approche à grands pas. Il y a des lumières partout dans la rue et même à la maison. J’ai installé mes petites fleurs de lumière, petits cadeaux que je me suis offerts à la grande joie des fillettes.
Je sais pertinemment qu’à un certain âge, il est de bon ton de critiquer cette fête, mais en tant que maman de jeunes enfants, cette année comme les autres je ne bouderai pas mon plaisir.
Bref, je suis dans les cadeaux, les calculs, les organisations. Je n’ai pas encore fait le menu du réveillon (que nous passons juste entre nous mais ce n’est pas une raison pour ne pas se faire une bonne bouffe). Les jours suivants, nous suivons la coutume créole qui veut qu’on ait table ouverte pour recevoir la famille et les amis. J’ai ajouté une condition :
chacun vient avec quelque chose à boire ou à manger. C’est comme ça. On passe une bonne journée à discuter, rigoler, bien manger, bien boire…
Quand je dis qu’on suit la tradition de noël, nous ne tuons pas le cochon quand même. Je n’ose imaginer la tête de nos voisins si nous nous mettions à trucider le goret dans la cage d’escalier. Nous achetons notre jambon de noël (cuit aux épices) et notre boudin antillais. Parfois, nous avons la chance que des connaissances viennent passer noël à Paris dans leur famille. Elles nous apportent alors des présents des nôtres. C’est le nec plus ultra… Mais hélas, ce n’est pas tous les ans la même chose et cette année, j’ai l’impression que nous ne pourrons compter sur nous-même.
Cela dit, je préfère passer noël ici que là-bas. Je veux dire dans ma belle famille. Je m’y suis toujours profondément ennuyé. Et les enfants n’avaient pas la fête que j’avais envie de leur concocter. Une année, c’est ma belle-sœur qui se mariait le 26 : ma belle-mère et mon autre belle-sœur se sont levées à 5 heures du matin le 25 pour récurer la maison. Nous avons eu droit à dix minutes montre en main sur la terrasse pour que les filles ouvrent leurs paquets avant d’être chassés à grands coups de serpillière. J’avais fait des petits cadeaux à tout le monde qui ont été remisés dans les oubliettes de la maison : les adultes ne s’offrent pas de cadeaux…
La fois suivante, nous avons été invités chez mon beau-frère, je le raconte là. C’était… périssant d’ennui. En fait je m’amuse beaucoup plus chez moi. Et j’imagine que lorsque mon chez moi sera là-bas, ce sera pareil…
Il y a une tradition que j’adore cependant là-bas, ce sont les chanté nwel. Les gens se réunissent chez les uns ou chez les autres, ou dans le local d’une association, ou encore dans un restaurant pour chanter tous ensemble des cantiques de noël, les mêmes que les nôtres. Mais avec une autre musique. Ça balance gentiment et très vite tout le monde chante en dansant. Ah ! c’est autre chose que les messes de minuit dans nos églises glaciales…
Il y a une autre chose que j’adore, à noël, c’est le punch coco. Bon d’accord, on peut en boire toute l’année. Mais traditionnellement, les mères de familles le fabriquent pour recevoir leurs invités du 25 décembre.
Vous voulez un petit cadeau ? Je vous offre la recette. Vous verrez, c’est en fait très facile à faire…
Punch coco
Pour 1 litre de rhum blanc agricole, 2 noix de coco, 20 cl de sirop de canne, 1 boîte de lait concentré
Cassez les noix de coco. Epluchez la chair et râpez la finement
Déposez la pulpe de coco dans un bol. Laissez tiédir le rhum sur le feu. Versez-le sur la pulpe.
Ajoutez le sirop de canne et mélangez.
Versez le lait concentré et mixez.
Mixez longuement afin de pulvériser la pulpe. Laissez macérer le temps de refroidissement.
Déposez un torchon au-dessus d’un récipient. Versez le punch sur le torchon. Rassemblez les quatre coins. Fermez bien et pressez fortement.
Si vous n’avez pas de noix de coco, sachez qu’une noix correspond à 150 g de noix de coco râpée qu’on trouve dans le commerce. Il faut simplement laisser mariner plus longtemps car elle a moins de saveur.
Alors, qu’est-ce qu’on dit à Man Racontars ?
Le lundi 13 décembre 2004, 01:39 par Raphaël
Philippe Meyer, pour le titre, Edouard Glissant, René Depestre, les Antilles, Espace Fm, Média Tropical, caricature ou racontard ? 
Le lundi 13 décembre 2004, 02:49 par St’f
un noël qui s’annonce effectivement joyeux, et tant mieux!
merci pour la recettes 
Le lundi 13 décembre 2004, 09:37 par Anne
Merci Man Raontars !!!
Le lundi 13 décembre 2004, 09:45 par leeloolene
Ah… chez nous on fait plutôt du schrub que du punch coco… J’ai ressorti ma petite bouteille préparée l’an dernier par ma maman. Il me parait divin et devrait me réconforter un peu le soir de Noël !
Par contre il faut que je ressorte mes chanté noël
toutes les K7 sont en Guadeloupe
mon préféré reste sans contexte « Joseph, mon cher Joseph, cherchons un logement, le temps presse et m’appelle à mon accouchement »… que je me revois chanter dans la petite église de Grand Bois 
Le lundi 13 décembre 2004, 11:00 par Racontars
Raphaël : Non, pas Philippe Meyer, mais Pierre Desproges. La phrase d’origine était : « Quant au mois de mars, c’est pas pour me vanter, mais ça m’étonnenrai qu’il passe l’hiver. » Quant à Npël, ça m’étonnerait qu’il passe l’année…
Glissant ou Depestre, ce sont des parrains prestigieux, même si l’un est martiniquais et l’autre haïtien. Un peu trop prestigieux pour moi. Personnellement, je me sens plus proche des Martiniquais Chamoiseau et Confiant et des Guadeloupéenne Maryse Condé et Gisèle Pineau. Mais pareil, ce sont des romanciers. Je suis une blogeuse, nous ne boxons pas dans la même catégorie. Hélas pour moi.
Caricature, certainement pas. Ou alors de moi-même…
Leeloolene : Le schrub oui bien sûr. mais il y en a rarement chez ma belle-même. elle ne doit pas aimer trop ça et moi non plus. Par contre le puch coco :-))) Les chanté nwel, j’en ai à peu près dix CD. Au moins. Et on en écoute depuis le 1er décembre. Le Nôm veille jalousement sur les traditions. Et les mominettes aussi. elles adorent ça.
Le mardi 14 décembre 2004, 23:11 par aude dite orium
Merci!
grooooos bisous!
Le mercredi 15 décembre 2004, 11:20 par Jazz
Je viens de lire ce post, et vraiment, j’en ai les larmes aux yeux. Ah, nostalgie…
Mon chéri me disait qu’il se voyait mal passer les fêtes en Guadeloupe parce qu’il lui manquerait le froid et la neige, mais moi, j’ai connu les deux, Noël sous les tropiques, Noël à -3°C, et j’aime bien les deux.
Mais c’est vrai que depuis que les enfants de la famille ont grandi (moi en tête), Noël n’est plus ce qu’il était dans notre tribu autrefois joyeuse et insouciante.
Je me rappelle, avant, on se faisait une joie de se retrouver chez mes parents ou chez une de mes tantes, tout le monde se radinait depuis le 24 au matin, avec bouteilles de schrub, punch coco, viande de porc (prononcez « powrk ») et pois d’Angole (mes préférés), on cuisait le riz, on préparait les gâteaux avant de les décorer, les « grandes personnes » cachaient plus ou moins discrètement les dizaines de paquets cadeaux qui nous étaient destinés dans une pièce dont ils nous interdissaient l’entrée.
Bien sûr, nous chantions Nwel (Nwel-o, Nwel-o, tou sa ou mandé mwen an ké baw’…Mandé mwen viann’ kochon, an ké baw’!).
Nous versions aussi dans le foie gras et la dinde.
Nous préparions dix fois trop de nourriture, et les repas étaient gargantuesques.
La fête commençait dès 18 heures, et se terminait 24 heures plus tard au moment où tout le monde regaganit ses pénates.
24 heures de beuverie, de bonne chère, de recherche du fonctionnement des cadeaux (livrés sans les piles au grand dam des petits!!), des couchages improvisés, des sandwiches jambon créole/foie gras/pain de mie en attendant que les autres se réveillent…
Et on remettait ça chez un autre parent pour le 31 décembre !
Mais, voilà, quand nous sommes repartis en Guadeloupe avec mes parents, ceux qui sont restés ici ont perdu la tradition, malgré les efforts de ma jeune tante Nikitta qui cherchait à resserrer des liens devenus trop lestes.
En revenant en 1997 dans l’Hexagone, j’ai été très déçue, j’ai essayé de relancer la machine, mais tout le monde m’a piteusement répondu : « on n’a pas d’argent »… Ce qui est nul, Noël, c’est d’abord être ensemble et célébrer, on n’a pas besoin d’un menu royal, un steak et de la purée Mousline m’auraient suffi si j’avais eu ma famille avec moi.
L’an dernier, Noël, c’était avec mes beaux-parents qui mettent les petits plats dans les grands, nous couvrent de cadeaux, et tentent de garder une mine réjouie face aux comportements bizarres des grands-parents de mon chéri…
Cette année, je ne sais pas encore…
Mais la petite bouteille de schrub de ma tante m’attend derrière les fagots…
(désolée pour ce long commentaire, encore.)