Bien au chaud sous ma couette, dans une semi conscience, je me rends compte que ma petite chérie était venue se recroqueviller contre moi. Elle a des nuits agitées, des cauchemars terribles qui la terrorisent. Alors elle vient chercher du réconfort et de la sécurité en s’installant – très discrètement – contre sa maman.

Laquelle dormant d’un sommeil de plomb ne se rend compte de rien. Si ce n’est qu’elle se trouve au matin, coincée entre la petite chérie et le Nôm. On a beau les aimer, on ne les trouve pas moins encombrants parfois.
Mais là, le bout de mon nez m’indiquant une température pas très élevée, je savoure avec délice mes deux bouillottes personnelles.

Je me retourne, tournant le dos à la petite chérie (et en faisant bien attention qu’elle ne tombe pas) et me replonge délicieusement dans le sommeil quand je bondis hors du lit. Petite chérie, sans même se réveiller, est en train de faire pipi, mouillant copieusement le lit et mon pyjama.

J’enlève mon pantalon en râlant comme une perdue, cherche à tâtons une culotte. Mais il fait froid hors de ma couette, je n’ai plus qu’une envie, c’est de retourner dessous. Le réveil indique 6 h 30, soit une demi heure avant la sonnerie générale. Mais je ne peux ce matin me résoudre à renoncer à mon lit tout chaud. Je déshabille donc la petite avec l’aide de son père, lui enfile un pyjama sec, coure dans la salle de bains pour prendre un serviette dont je couvre le drap (après tout, pour une demie heure, cela fera l’affaire), me recouche enfin, entre mes deux bouillottes, râlant, pestant, puis ronronnant comme un chat qui a retrouvé la chaleur près de l’âtre.

Dix minutes plus tard, j’entends des petits pieds légers se promener dans l’appartement. Les petits pieds étant retournés dans la chambre, je mets mon attention en veilleuse.

Vingt minutes après, la radio se mets en route. Il faut se lever définitivement, affronter le froid, l’urgence. Petite chérie se blottit contre son père et je la laisse là, le temps de réveiller les grandes et de préparer le petit déjeuner.

J’entre dans la chambre des filles en allumant la lumière et en dispensant mon habituel « Bonjour les doudous, c’est l’heure. » Rien. Pas un mouvement de couette. Je recommence, j’entends que ça bouge sur la mezzanine de Lou, mais toujours pas âme qui vive dans le lit de Garance. Je m’approche donc, soulève la couette d’un geste sec pour découvrir qu’elle n’y est pas. Mais qu’une grande tache humide mouille encore son lit à l’endroit où se trouve, habituellement, les fesses. Damned ! Deux accidents à dix minutes d’intervalle et ce à une demi-heure du réveil, ça interpelle !

Alors je tiens à avertir publiquement celui qui m’a envoyé un sort (je ne vois que cette explication là) que je suis tout à fait capable de le lui retourner et qu’il ne s’étonne pas – sauf excuses elles aussi publiques – de sentir quelque humidité dans son lit, dans les nuits à venir.

Non mais !