Le premier épisode est là.
Retourner sur les traces de son passé. Ou juste se souvenir. C’est toujours une exercice déconcertant. Ma mère a choisi de s’installer à Tarragone, dans une région d’Espagne où j’ai vécu une période de mon adolescence importante. Ce n’est pas tout à fait un hasard. Voici l’histoire qui mena ma mère de la Charente à l’Espagne.
Quand j’ai eu 9 ans, mes parents se sont installés en Charente. D’abord une année dans la banlieue d’Angoulême, puis dans une grande et belle maison à Sers. Et à la rentrée suivante j’intégrais la classe de C. A., instituteur et directeur de l’école, en CM 1. Sa fille était un peu plus jeune que moi, je la côtoyais dans la cour de récréation. Il avait aussi un fils, S., plus âgé de deux ans, qu’on ne voyait jamais. Il était au collège.
Plus tard, mes parents sont devenus très amis avec C. A. et j’ai largement eu l’occasion de voir S. Mais je me souviendrai toujours de la première fois où je l’ai rencontré. Enfin, rencontré, aperçu serait plus exact. Il sortait de chez lui, une casquette de soldat de la cavalerie américaine posée sur ses cheveux blonds bouclés. Il souriait. Il m’a plu aussitôt.
Il a fallu encore quelques années avant que nous devenions amis. Mes parents se sont rapidement investi dans la vie locale, ma mère comme parente d’élève, mon père comme… je ne sais plus trop. Ce que je sais c’est qu’une année, une liste se constitua aux élections municipales contre le père du petit potentat local (une belle ordure), une liste où se sont retrouvés mon père et mon instituteur… Une liste qui gagna. Fin du potentat qui, mécontent, fit courir le bruit que la présidente des parents d’élève (ma mère) fricotait avec le directeur de l’école (mon instit).
Quand cette rumeur me parvint aux oreilles, d’abord, je n’ai pas compris tellement j’étais loin d’imaginer ce qu’on voulait me dire. Quand j’eus enfin saisi (les camarades s’étant décidé à me mettre les points sur les i), je partis d’un tel éclat de rire que les méchantes langues, qui se régalaient à l’avance de ma tristesse, ou de ma révolte, ou de ma honte, en furent pour leurs frais et arrêtèrent illico de faire courir ce ragot.
Cette campagne municipale rapprocha les deux familles qui ne se quittèrent plus. On allait voir Jacquou le Croquant sur leur télévision (nous n’en avions pas). Ils venaient chez nous faire de bons dîners dans le jardin (ils n’en avaient pas).
Bref, j’ai attendu quelques années avant de pouvoir aborder le beau S. Nous nous entendions bien. C’était un garçon brillant, fan de musique, qui m’a fait découvrir les Beatles, Franck Zappa et quantité d’autres choses… Le soir dans sa chambre, nous éteignions la lumière pour écouter ses disques allongés sur son lit, il me prenait la main. Ce qui me consolait de savoir qu’il était amoureux d’une péronnelle de son collège qu’il épousera d’ailleurs quelques années plus tard.
Tous les étés, la famille A. partait en villégiature à Salou, en Espagne, cité balnéaire près de Tarragone. Cela me faisait rêver. Nous ne partions quasi jamais en vacances. Vivant à la campagne, dans une grande maison avec jardin et un hectare et demi de champs, nous n’avions pas besoin – disait mon père – de partir… En échange, nous recevions, de mai à octobre, tous les gens qui rejoignaient, eux, la mer. Nous faisions une étape commode et sympathique.
Quand j’ai eu 15 ans, nous avons quitté ce petit paradis pour retourner en région parisienne. J’avais perdu S. de vue, son père ayant quitté la petite école pour d’autres responsabilités. Lui faisait des études d’anglais, vivait avec sa péronelle (je dois à la vérité de dire que c’était une fille très jolie et plutôt gentille). Je partis à mon tour en vacances en Espagne et tombais amoureuse d’un pays, d’une langue, d’une culture et d’une histoire qui allait bien à mon sens du romanesque. J’appris l’espagnol, commençai des études dans cette langue à l’université.
La mère de S. vint nous voir de temps en temps. Son mari l’avait quitté pour une jeune « salope » et elle venait pleurer dans le giron de ma mère. Enfin, pleurer, dire du mal et se plaindre… J’appris ainsi que S. avait quitté sa femme, ses études, était parti sur un coup de tête en Espagne où il avait monté un bar crêperie qui marchait plutôt bien. Sa mère devant le rejoindre pour l’été, je la sondais ainsi que mes parents pour savoir si elle ne pouvait pas m’emmener dans ses bagages.
J’étais une jeune fille sérieuse. On m’accorda cette faveur. Si mes parents faisaient confiance à la mère de S., ils se trompaient. Comme duègne, elle était totalement inopérante, bien trop occupée à ses affaires personnelles. Arrivée dans l’appartement de Salou, on m’installa dans la chambre de M. la petite sœur, avec qui je m’entendais assez bien. Mais je me rendis vite compte que j’avais affaire à deux clans qui ne se laissaient rien passer. S. d’un coté, sa mère et M. de l’autre. S. fit ce qu’il fallait pour faire de moi son alliée : il me mit dans son lit.
Je ne crois pas d’ailleurs que ce soit pour ça qu’il le fit. Mais le résultat était là. Le deuxième soir après mon arrivée, il me proposa une promenade dans Salou, la nuit. Il faisait bon, nous étions au bord de la mer. Il me prit la main. Le moment était romantique et je me laissais faire bien que je n’étais plus du tout amoureuse de lui. Puis il m’embrassa, me caressa et nous rentrâmes à toute allure dans l’appartement. Je basculais définitivement dans son camp en portant mes valises dans sa chambre.
Le lendemain, sa mère constata la chose, la trouva sans doute normale, me fit quelques réflexions pour la forme, et se désintéressa de la question. J’ai vécu ainsi un mois plutôt bizarre, avec ce garçon que je considérais en fait plus comme mon grand frère, mais qui était tout de même mon amant, décalée, émergeant l’après-midi et le soir, dormant le matin. Nous nous levions en début d’après-midi, prenions notre déjeuner, descendions au bar faire le ménage. Nous allions à la plage quand les autres en repartaient. Quand le bar crêperie ouvrait, S. était aux crêpes, moi au bar. C’était sympa, amusant. Je mangeais bien, ne manquais de rien. Je crois que je n’ai jamais mangé autant de crêpes de ma vie. Il faut croire que j’aime ça parce que je n’en suis pas sortie dégoûtée…
A 2 heures du matin, quand le bar fermait, nous allions au Barlovento, un cabaret où se produisaient des humoristes et des chanteurs. Nous étions là, une bande de copains, à boire des coups, à deviser, à écouter les chanteurs et à soutenir Agustin. Agustin Peiro. Un homme rare. Si tous les gens ont des défauts, je ne me souviens pas des siens. Je ne garde que sa gentillesse et l’écho de sa voix dans l’oreille. J’aimais ses chansons, des chansons catalanes, comme Rossinyol,
Rossinyol que vas a França, rossinyol,
encomana’m a la mare, rossinyol.
D’un bell boscatge, rossinyol, d’un vol.
Encomana’m a la mare, rossinyol,
i a mon pare no pas gaire, rossinyol
bell…
I a mon pare no pas gaire, rossinyol,
perquè a un pastor me n’ha dada, rossinyol.
Perquè a un pastor me n’ha dada, rossinyol,
que em fa guardar la ramada, rossinyol.
Que em fa guardar la ramada, rossinyol,
sempre sola per la prada, rossinyol.
Et puis il y avait cette chanson dont je me suis souvenue sur la route menant à Poblet :
« A la ciutat de Lleida
n’hi ha una presó;
de presos, mai n’hi manquen,
petita, bonica,
prou n’hi porta el baró.
lireta, liró. »
J’aimais tant ces ritournelles que plus de vingt ans plus tard, je m’en souviens encore. Il chantait également magnifiquement des tangos larmoyants qu’il se réappropriait, pleurant, souffrant comme un damné,
« Quiero emborrachar mi corazón para olvidar un loco amor que más que amor es un sufrir…
Y aquí vengo para eso, a borrar antiguos besos en los besos de otras bocas…
Si su amor fue « flor de un día » ¿porqué causa es siempre mía esa cruel preocupación?
Quiero por los dos mi copa alzar para olvidar mi obstinación y más la vuelvo a recordar.
Nostalgias de escuchar su risa loca y sentir junto a mi boca como un fuego su respiración.
Angustia de sentirme abandonado y pensar que otro a su lado pronto… pronto le hablará de amor…
¡Hermano! Yo no quiero rebajarme, ni pedirle, ni llorarle, ni decirle que no puedo más vivir…
Desde mi triste soledad veré caer las rosas muertas de mi juventud.
Gime, bandoneón, tu tango gris, quizá a ti te hiera igual algún amor sentimental…
Llora mi alma de fantoche sola y triste en esta noche, noche negra y sin estrellas…
Si las copas traen consuelo aquí estoy con mi desvelo para ahogarlos de una vez…
Quiero emborrachar mi corazón para después poder brindar “por los fracasos del amor”. »
Et puis il y avait son œuvre, El Marinero en tierra, un long poème de Rafael Alberti qu’il avait superbement mis en musique. Il n’en chantait que des morceaux, sinon cela durait plus d’une demi-heure. Une fois pourtant, pour m’offrir une cassette, il l’interpréta en entier. J’en fus extrêmement touchée. Et puis c’était si beau… J’ai gardé bien sûr tous ses enregistrements comme autant de reliques. J’ai réussi à en enregistrer certaines et à les mettre sur CD, en en nettoyant le souffle. J’écoute ce disque de temps en temps.
Je ne me souviens pas alors de ce mois-là, de ma jeunesse. Je profite juste de cette voix aujourd’hui disparue et qui me manque. Agustin aurait dû faire carrière… J’aurais été sa première fan. J’étais de toute façon une groupie.
Cette année-là, nous avons également applaudi Teca, une chanteuse brésilienne un peu fantasque. Elle avait connu son heure de gloire en chantant avec Ricardo, dont elle était séparée. Elle était alors accompagnée de Leonardo. A moins que ce ne soit le contraire… Belle voix, belle musique. Un vrai plaisir.
Sur scène également un trio : Marjo, la femme, Santi son mari, et… je ne sais plus son nom. Un Argentin de l’armée en déroute. C’est d’autant plus curieux que je ne me souvienne pas de son nom alors que je m’en étais entichée et que j’ai couché sans vergogne avec lui. Sans vergogne mais sans beaucoup de plaisir. Il était marié, père d’un petit garçon appelé Lautaro et n’assumait pas un kopek de tromper sa femme. J’eu vite assez de ses jérémiades et de ses doutes et finis par le laisser tomber.
S. ne m’en voulut jamais. J’eus d’autres amants pendant cette période. Je lui en parlais, et lui me disait de m’éclater. On était à la fin des années soixante-dix et la liberté sexuelle n’était pas un vain mot. Pillule et pas de sida. : on couchait à qui mieux mieux sans toujours prendre du plaisir. Mais on couchait…
Quand le Barlovento fermait, nous allions chez Agustin finir la nuit. Nous discutions, le plus souvent en castillan, puisque je ne parlais pas catalan, même si je le comprenais assez bien à l’époque. J’ai toujours regretté l’élégance d’Agustin qui refusait de parler catalan en ma présence. Cela m’aurait sans doute permis de mieux progresser dans cette langue. A quoi cela m’aurait-il servi ? A m’enrichir culturellement, sans doute. Certains trouvent le catalan très laid, moi je l’aime. Peut-être en souvenir d’Agustin
Nous écoutions de la musique, bien sûr. Agustin parlait de ses influences, des chansons qu’il aimait : toute la musique que j’aime, elle vient de là, elle vient du blues…. Il avait traduit Les Portes du pénitencier en catalan. Cette version est toujours restée ma préférée, même si elle n’existe plus que dans ma mémoire et même si je n’en comprenais pas vraiment les paroles. Et puis, chez lui, j’ai découvert Tom Waits qui sortait alors ses premiers disques en Europe : « Closing time », « Foreign Affair », « The Heart of Saturday Night » et mon préféré « Nighthawks at the Diner », enregistré en public, où figure une chanson que j’aime particulièrement : Big Joe and Phantom 309…
La première chose que j’ai faite en rentrant en France cette année-là fut de faire des économies pour m’acheter tous ces 33 tours. Je les ai toujours même si je n’ai plus de quoi les écouter… Il y a un autre disque que j’ai encore, celui d’un chanteur cubain qui a écrit une chanson, triste, qu’Agustin avait repris. C’est d’ailleurs lui qui m’a offert ce LP. C’était l’histoire de deux « idiot » qui s’aimaient, c’était pathétique, mais merveilleux. Et puis il y avait ces enregistrements de Le Luthier, un groupe argentin composé de musiciens classiques qui déconnaient génialement. Un des premiers du genre qui eut beaucoup d’ imitateurs. Mais peu arrivaient à ce dregré de perfection dans la déconne.
Nous fumions aussi, des pétards. Et nous buvions sec. Moi, aux premières taffes, je m’endormais benoîtement. Avant de me rendre malade, le tarpé me faisait dormir. Comme un bébé. Nous rentrions dans l’appartement quand les vacanciers partaient à la plage. Un matin, encore dans les vapeurs de ce que nous avions bu et fumé, nous avons aperçu, coincé dans un essui glace comme une contredense, une baguette de pain qui avait pris la pluie. Cela nous fit rire comme des baleines. Une demi-heure plus tard, nous nous en tenions encore les cotes. C’est vous dire l’état dans lequel nous étions.
Le dimanche, jour de relâche du Barlovento et du Bufon (la crêperie de S.) nous allions tous à la plage. Le plus souvent à Hospitalet del Infant, parce que c’était une plage de nudistes et qu’il y avait moins de monde qu’ailleurs. Je n’ai jamais aimé les plages nudistes. Et je me suis promis de ne jamais y aller à partir d’un certain âge. J’y ai vu trop d’horreurs. Féminines bien sûr, quelle jeune femme peut accepter l’image de ce corps vieillie qu’elle est à peu près sure d’avoir un jour. Mais masculine aussi. Des tue l’amour comme on en fait peu.
Nous nous y régalions de bonnes et grosses bouffes. Des paellas et des zarzuelas monumentales, délicieuses, parfaites. Nous buvions du bon vin, chantions et dansions. Et j’essayais de me tirer des pattes de Mario, le serveur du Barlovento qui avait des vues sur ma personne. Un autre Argentin. Je n’avais pas envie. J’ai fini par dire oui pour m’en débarrasser. Il ne m’a pas laissé non plus de souvenir impérissable, juste un mortel ennui…
Pendant quelques jours, j’ai accompagné Marjo, dont je m’étais fait une amie, et ses acolytes à Tarragone. Je la trouvais magnifique avec ses cheveux blonds cendrés, ses pommettes saillantes, ses yeux verts et sa voix grave d’une poignante beauté. Elle se produisait pour quelques jours au Toucan, et c’est ainsi que je découvris ce café cantante qui arborait son panneau à clé aux couleurs de Coca Cola mais où était inscrit : Coma Caca… Mangez de la merde.
De Tarragone, je n’ai eu qu’un aperçu des nuits, et elles étaient animées. Quand j’y retourne maintenant, je ne cherche aucune trace. C’est inutile. La ville n’éveille aucun écho dans ma mémoire, juste ce tableau de clé, et ce nom, El Toucan…
De temps en temps aussi, nous allions à Cambrils, petit port de pêche ravissant à quelques kilomètres des barres de béton de Salou. Sur la place principale, nous dégustions des tapas. Nous allions acheter des poteries locales pour ramener en France. C’était une autre vie, plus locale. Je n’y ai rien retrouvé. Le béton a tout englouti.
Les vacances prirent fin, je devais entrer en France, chez moi. Le dernier soir, Agustin me fit le cadeau d’une marionnette en forme de cheval, me disant qu’il tenait beaucoup à cet objet. J’étais terriblement émue. Mais sincèrement assez contente de retrouver mon chez moi, avec sa sécurité.
J’ai revu Agustin quelques années plus tard. La plupart des photos que j’ai de lui date de cette deuxième visite. Ma sœur, que j’avais emmenée, et moi avions loué, grâce à lui, une chambre chez l’habitant. Plage, Barlovento, plage, Barlovento. Mais la magie était rompue. Si Agustin était toujours égal à lui-même, nous ne faisions plus partie du cercle des intimes…
S. entre temps, plumé par son associé, avait dû rentrer en France. Il trouva à se loger à la maison, dans ma chambre. Mais là encore, la magie s’était interrompue. Nous décidâmes d’un commun accord d’en rester là. Mais nous restions amis bien sur. Il trouva rapidement du boulot, dans un magasin de Hifi. Nous sortions beaucoup. Je le faisais profiter de mes entrées au Palace et c’est ainsi que nous vîmes ensemble le premier concert de Tom Waits à Paris. Concert que nous enregistrâmes. Il y en eu bien d’autres…
A la maison, S. refit connaissance avec ma tante (il l’avait connu gamin). Ils tombèrent amoureux l’un de l’autre. Lui faisait, à longueur de conversation, des comparaisons entre elle et moi, ce qui finit par me porter sur le système. Ma mère intervint et lui demanda de me foutre la paix. Ma tante me téléphona un soir, m’expliquant la situation et me demandant où j’en étais avec lui. Elle savait que nous avions été ensemble et ne voulait pas marcher sur mes plates-bandes. Elle voulait vérifier si ce qu’il lui avait dit – la fin de notre liaison – était vrai avant de s’avancer plus avant. J’ai beaucoup apprécié son geste.
Ils sont toujours ensemble. Ils ont eu des hauts, des bas, un enfant, un mariage. Lui n’a jamais quitté l’envie de s’installer en Espagne. Après Paris, le Cameroun, le Lot, ils s’installèrent donc il y a quelques années à Tarragone. Ville où ma mère les rejoignit. Et c’est ainsi que j’en viens à hanter la terre de mes souvenirs.
(*) Je veux saouler mon cœur pour oublier un amour fou, qui plus qu’un amour est une souffrance
Et je viens ici pour noyer d’anciens baisers dans les baisers d’une autre bouche
Si son amour fut “fleur d’un jour”, pourquoi provoque-t-il toujours en moi cette cruelle souffrance
Je veux pour nous deux lever mon verre, afin d’oublier mon obstination et elle me revient toujours plus forte.
Nostalgie d’entendre son rire fou et sentir, près de ma bouche, comme un feu, sa respiration
Angoisse de me savoir abandonné et de penser qu’un autre, très vite, lui parlera de nouveau d’amour
Mon frère, je ne veux pas me rabaisser, ni rien lui demander, ni pleurer, ni lui dire que je ne peux plus vivre
Du fond de ma triste solitude, je verrai tomber les roses mortes de ma jeunesse
Gémis bandonéon ton tango gris, peut-être à toi te sera égal un amour sentimental
Pleure mon âme de fantôme, seule et triste en cette nuit, nuit noire et sans étoiles
Si l’alcool apporte la consolation, alors je suis ici avec mon désespoir pour l’étouffer en une seule fois
Je veux saouler mon cœur et ensuite porter un toast aux désastres de l’amour.
Hem, pas terrible ma traduction…
Le 19 mai 2004, 08:52 par Ced
Tarragone? tu dois donc bien connaître san carles de la rapita? et son superbe delta de l’elbre? j’y ai passé aussi de très nombreux moments?
Le 19 mai 2004, 09:07 par Anne
Quelle belle histoire Racontars… j’ai remonté le temps avec toi et tes mots.
Le 19 mai 2004, 10:49 par R.
Un post-fleuve magnifique, qui fait remonter bien des souvenirs sur mes berges intimes. Tarragone la vieille, l’Ebre et ses oiseaux, les stations balnéaires bondées, les criques désertes aussi plus au nord… Et l’amour. La « chispa de la vida »… Merci.
Le 19 mai 2004, 17:39 par boblebidibul
Tu vas presque trop vite dans ton récit tant on voudrait qu’il dure plus longtemps.
C’en est presque frustrant de n’attraper que des bribes.
Le 19 mai 2004, 19:00 par ludecrit
merci pour ce beau texte qui font remonter des souvenirs, des paysages, des musiques, des émotions…
Le 3 juin 2004, 00:31 par miss lulu
merci pour ta visite chez moi 
c’est bizarre, il y a quelques heures je lisais justement quelque chose sur Tarragone… et tu en parles ici… Je ne sais même pas ou c’est, j’ai honte, mais l’Espagne me fait rêver, comme tu as pu le voir chez moi.
Très joli texte!
Le 17 juin 2004, 16:52 par pathou
C’est génial ce que tu as vécu, en plus c’est tellement intime, tu as du courage de parler ouvertement comme ça, quelle force ! En plus c’est beau comme histoire.
Merci pour le récit.