C’était un dimanche de février, gris et froid. Très froid. Ceux qui étaient dans le coin ce jour-là peuvent en témoigner. Un de ces dimanches où l’on se dit qu’on ferait mieux de rester sous la couette. D’ailleurs, c’est ce qu’elle fit jusque vers 11 heures. Mais guère plus tard. Trois choses la tirèrent de son lit :
– un affreux mal de dos qui massacrait royalement toutes ses velléités de grasse matinée ;
– ses filles qui jouaient dans la pièce voisine ;
– son estomac qui se rappelait à son bon souvenir moyennant quelques crampes.

C’est assez, dit elle en se redressant sur son séant. Le mal de dos passe encore, mais d’estomac ! Ça jamais !
Elle se leva donc vers les 11 heures et se prépara son petit-déjeuner. Elle regarda l’heure, vit qu’il était 11 heures passées (ben oui, le temps qu’elle sorte de la chambre et qu’elle prépare le thé, les 11 heures était passées, faut tout expliquer ici pfff)

Elle remarqua donc qu’il était 11 heures passées et se dit que son plan carnaval pour l’après-midi était bien mal engagé. Il faut cependant préciser que le matin, quand elle se lève, il ne faut pas trop lui en demander. Elle porte encore en elle une nostalgie de la couette qui l’empêche de se rendre compte qu’elle a la journée devant elle.

Elle s’occupa de ranger deux ou trois trucs dans la maison, aidée d’une de ses filles qui se baissait pour elle (le dos…), consomma un croissant et un morceau de baguette avec une délicieuse confiture de tomates vertes qu’elle avait confectionnée en d’autres temps avant d’avaler un gigantesque bol de thé.

À partir de là, elle commença à envisager la vie sous un angle plus positif…

Elle alla donc s’affaler devant son ordinateur : photos, messages, messages, photos. Irait-elle au carnaval comme promis aux enfants ? La journée est encore jeune, nous verrons…

Le Nôm préparait son tiercé, les filles préparaient leurs poupées, elle faisait des recherches sur Internet, une de ses occupations favorites. Et puis alimenter les deux Fotoblog sur le carnaval, trier les photos, les réduire, les ordonner, en faire les légendes, donner envie d’en voire d’autres, du temps, du temps… Et puis les sauvegardes. C’est qu’elle avait été privée de graveur pendant quinze jours… Et elle avait du retard à rattraper.

À 13 h 30, elle entendit ses filles parler nourriture. Elles étaient levées depuis bien longtemps. Le petit-déjeuner n’était plus d’une folle actualité et ma foi, oui, un repas leur ferait plaisir.

Qu’à cela ne tienne, se dit la mère de famille, allons nous occuper de ces estomacs affamés (on va finir par penser que seul l’estomac la fait réagir…). Elle s’enferma dans sa cuisine et, dans le secret de celle-ci, s’affaira à un déjeuner comme elle seule (et le Nôm il faut bien l’avouer) savait le faire : bananes frites (aloko) et poulet sur le grill après avoir mariné dans une sauce dont, elle devait hélas le reconnaître, seul le Nôm avait le secret. Elle soupira à cette pensée et appela sa fille aînée pour mettre le couvert.

Le Nôm partit faire son tiercé.

Le repas enfin prêt, trois petites voraces s’installèrent à table en piaillant et en ouvrant de larges becs. Elle se mit donc à les gaver consciencieusement. Mais se rendit compte très vite de deux erreurs. Le plus grand des petits moineaux n’ouvrait son bec que pour causer et le plus jeune pour rigoler, n’ayant aucunement l’intention de manger. La seconde qui était sortie depuis peu de sa période anorexique propre aux 3-5 ans (j’aime pas ça, j’aime rien, je n’en veux pas) nettoyait par contre très proprement son assiette.

Elle soupira pour la seconde fois de la journée. Exigea de l’aînée qu’elle accélère le mouvement, lui parlant du carnaval. Tenta de convaincra la troisième de manger au moins son poulet, lui servant à elle aussi la carotte du carnaval. Elle complimenta sa deuxième pour la belle assiette toute propre qu’elle avait laissée…

Le Nôm rentré entre temps ajouta son grain de sel. Puis, comme elle, renonça. La troisième gagna donc par forfait et reporta une assiette encore garnie dans la cuisine. Mais elle n’eut pas droit au dessert (quand on n’a pas faim, on n’a pas faim . Et toc !).

La table débarrassée, elle proposa aux filles de les maquiller pour le carnaval. Ce fut un concert de hourra, de bravo, de oui oui (non non pas la marionnette idiotissime), de maman t’es la meilleure (mais qui en doutait ma chérie). Elle sortit de l’armoire à malice la boite du même nom et entreprit, en tirant parfois un bout de langue et en fronçant les sourcils, de peindre des motifs sur le visage extatique de ses trois donzelles.

Concentrée sur l’une (Ah non, tu as bougé, voilà, j’ai fait un pâté, ça va pas être beau, bouge pas je te dis), elle surveillait du coin de l’œil les deux autres (tu as rangé la chambre ? et tu vas mettre quoi comme chaussures, non pas les sandales, ce n’est pas de saison – pourquoi les enfants, en tout cas les filles, ont-elles cette fâcheuse tendance à vouloir s’habiller à l’inverse des saisons ?)


Le maquillage terminé – papillon, princesse et un guimbo qui lui fit beaucoup penser à une certaine Lilith – elle passa en revue sa petite bande, rectifia un col, ajusta un bonnet et donna le signal de départ.
Évidemment, elle oublia le parcours de la parade chez elle. Mais elle avait son portable, tout allait donc bien. Dans le métro, les gens regardaient la petite bande et les maquillages en souriant.

Certains lui demandèrent conseil pour rejoindre le carnaval. Il n’avaient qu’à la suivre, c’était par là, tout droit. Elle prit quelques photos, s’amusa avec la marmaille.

Arrivée à Ménilmuche, Ménilmontant pour les non Parisien, elle appela son photographe préféré. Il n’était pas loin. Elle l’attendit donc, regardant ses filles courir après les pigeons. Et pendant, qu’elle les admirait, elle ne le vit pas arriver. Et pourtant, il était là, le Falo, pas faraud. Depuis tout ce temps qu’ils en parlaient, ils se rencontraient enfin. Les petites arrivèrent, un peu étonnées de ce monsieur qui les connaissait, les reconnaissait, ne se plantait pas dans les prénoms (même elles, elles se trompaient, quant à leur mère, inutile même d’en parler) alors qu’elles ne l’avaient jamais vu.

Bon, le carnaval ne valait évidemment pas celui de Guadeloupe ni du Brésil. Mais c’était bon enfant. Il y avait une vache, un veau, des gens maquillés et déguisés, quelques bonshommes d’importante, un coq blanc et une poule verte.

On a marché jusqu’à Belleville. Falo tenant la main de Garance et de Léone. Lou m’a volé mon numérique et a fait quelques superbes photos. On a papoté. On était content de se voir.

Et puis très vite, le dos s’est rappelé à mon bon souvenir, Léone a joué les fatiguées, Garance n’en pouvait plus… Lou, elle aurait bien aimé continuer. Mais le froid nous pénétrait jusqu’aux os. Nous nous sommes donc dit au revoir. Et j’espère à bientôt.

Ceci dit, si vous voulez voir un vrai carnaval, allez voir là et là

Arrivée à Ménilmuche, Ménilmontant pour les non Parisien, elle appela son photographe préféré. Il n’était pas loin. Elle l’attendit donc, regardant ses filles courir après les pigeons. Et pendant, qu’elle les admirait, elle ne le vit pas arriver. Et pourtant, il était là, le Falo, pas faraud. Depuis tout ce temps qu’ils en parlaient, ils se rencontraient enfin. Les petites arrivèrent, un peu étonnées de ce monsieur qui les connaissait, les reconnaissait, ne se plantait pas dans les prénoms (même elles, elles se trompaient, quant à leur mère, inutile même d’en parler) alors qu’elles ne l’avaient jamais vu.

Bon, le carnaval ne valait évidemment pas celui de Guadeloupe ni du Brésil. Mais c’était bon enfant. Il y avait une vache, un veau, des gens maquillés et déguisés, quelques bonshommes d’importante, un coq blanc et une poule verte.

On a marché jusqu’à Belleville. Falo tenant la main de Garance et de Léone. Lou m’a volé mon numérique et a fait quelques superbes photos. On a papoté. On était content de se voir.

Et puis très vite, le dos s’est rappelé à mon bon souvenir, Léone a joué les fatiguées, Garance n’en pouvait plus… Lou, elle aurait bien aimé continuer. Mais le froid nous pénétrait jusqu’aux os. Nous nous sommes donc dit au revoir. Et j’espère à bientôt.

Ceci dit, si vous voulez voir un vrai carnaval, allez voir là et là