Je regarde rarement ma télé. Mon homme étant fan de foot, le foyer étant équipé de chaines telles que Canal+, Eurosport…, je préfère rester devant mon ordinateur. Nettement plus intéressant. Et puis là, ces derniers jours, je sais pas… Peut-être y a-t-il moins de foot, peut-être que mon homme souhaitant me garder près de lui a décidé de regarder autre chose (on peut toujours rêver), j’ai regardé deux trucs qui m’ont marquée.
Le premier est un reportage qui est passé dans le cadre de Lundi investigations, sur Canal+. Ça s’appelle Escadrons de la mort : l’école française. En gros, ça raconte comment les militaires français, après avoir testé la lutte « antisubversive » à Alger, on été l’enseigner aux militaires chiliens, argentins et Etats-Uniens. Tout cela avec l’aval bien sûr de VGE, de Messmer et de Poniatowski.
Tout a commencé avec la bataille d’Alger : les enlèvements, les tortures, les largages des prisonniers au dessus de la mer… Oui, tout y est, tout ce que l’on reprocha ensuite à Pinochet et à Videla. Je voyais la paille dans l’œil des généraux latino. Je n’ai pas vu la poutre qui était dans le mien.
Si jamais vous avez l’occasion de voir ce reportage (les abonnés canal jaune ou vert ou bleu), ne le loupez pas. La journaliste qui l’a réalisé est une grande. Une vraie grande reporter. Une vraie journaliste de terrain, Marie-Monique Robin. C’est elle qui avait dénoncé le scandale du trafic d’enfants pour l’adoption et pour les organes. Ce dernier reportage (Voleur d’yeux) était si accablant que la Colombie n’a eu de cesse de dénigrer la journaliste, l’accusant même d’avoir bidouillé son reportage. Justice lui a quand même été rendue après des années.
Enfin, ça c’est du journalisme.
Le deuxième truc, toujours sur Canal + est un film japonais que j’ai regardé à mon corps défendant hier soir. Battle Royale. A mon corps défendant parce que c’est très violent et que je n’aime pas la violence. Je la supporte mal. Mais là, je n’arrivais tout simplement pas à éteindre la télé et à aller me coucher. J’ai regardé jusqu’au bout.
L’histoire : les adultes, lassés de leurs enfants, on mis en place un jeu, le battle royale. Chaque année, on amène une classe de lycéens sur une île déserte. On leur donne des armes. Ils ont trois jours pour s’entretuer, le dernier rescapé a la vie sauve. S’il en reste plusieurs, ils sont tous tués. Et les gamins commencent le massacre. C’est assez gore. Ça ressemble à Sa majesté des mouches : des enfants seuls sur une île et qui s’entretuent. Mais le propos est très différent, l’époque n’étant pas la même. Les réalisateurs non plus.
Je ne sais pas trop ce qui m’a fascinée dans ce film. Pas l’hémoglobine, c’est pas mon truc et Dieu sait qu’il y en a. Les acteurs ? très japonais, avec des mouvements un peu outré pour nous occidentaux. L’histoire ? La curiosité de voir comment ça va finir (en eau de boudin lol) ? Et puis je me suis dit que ce serait peut-être un de nos prochain programme de Télé réalité…
Alors, après toute ces violences, j’ai été voir mes petits bouts dormir et je me suis dit : « Ah ! enfin un peu de tendresse dans ce monde de brutes. »