Au départ, le projet, c’était d’aller une semaine à Berlin. Il émanait de Garance qui a très envie de découvrir cette ville. C’est vrai que Berlin continue d’avoir un certain attrait même si beaucoup de choses ont changé depuis la période post chute du mur. Il y a quand même là bas une concentration d’artistes et c’est encore considéré comme The Place to Be.
Mais tout bien réfléchi, Berlin, à trois, c’était loin (très) et ça risquait de revenir (très) cher entre le voyage, le logement, le coût de la vie. Bref, c’était trop. Et je ne parle pas un mot d’allemand.
La proposition suivante fut Amsterdam. Ah oui ! Amsterdam. J’y ai été plusieurs fois. J’ai d’abord découvert la ville parce que j’y avais un bel amant qui appartenait à une troupe de théâtre célèbre, les fameux Néerlandais dont je dois parler par là. Mais je parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître (oh cette antienne !) vu que j’en avait à peine plus.
Je prenais le bus le vendredi vers 20 heures à Paris, place de la Madeleine. Et le lendemain matin, très tôt, j’arrivais à Amsterdam. Et je repartais le dimanche soir. J’ai eu quelques week-end plaisants l’été, l’automne, l’hiver… Je n’ai hélas pas atteint le printemps et n’ai pas pu admirer les champs de tulipes.
Theo – je me souviens encore de son nom complet et de son adresse – me préparait des brunchs avec de l’anguille fumée. Au début, je n’étais pas plus tentée que cela, mais qu’est-ce que c’est bon ! Comme les sandwich aux harengs frais et aux oignons que l’on déguste près du port (attention, haleine terrifiante ensuite)
Quelques années plus tard, avec mon « amoureux » d’une autre époque, j’ai fait tout un voyage dans le Nord dans sa coccinelle : Dunkerque, Ostende, Anvers, Bruges, Bruxelles et pour finir à Amsterdam. Toujours le même plaisir de retrouver cette ville.
J’y suis retournée avec une amie et ses parents. Le père avait été pasteur là-bas. Nous avions été hébergés chez un ancien paroissien qui vivait dans une super maison dans ou près du quartier rouge et qui jouait de l’épinette. Elle m’a fait découvrir toutes les mayonnaises imaginables sur les frites et les réglisses salés pour lesquels j’ai une véritable passion.
Dernière excursion, en 1990. Là je suis sûre de la date. C’était l’année de la grande rétrospective Van Gogh qui se tenait du 31 mars au 29 juillet au musée Van Gogh d’Amsterdam et au musée Kröller-Müller d’Otterlo. Dans le premier, les toiles, dans le second, les dessins, les sanguines, les gravures. Avec une de mes sœurs (à l’époque graphiste, aujourd’hui artiste) nous étions toutes les deux passionnées par le peintre et avions décidé de ne pas manquer ça. Elle et moi travaillions, gagnions correctement notre vie et nous nous sommes offerts LE week-end : voyage en avions (la ligne. TGV n’existait pas encore), hôtel 5 étoiles et prestations à l’avenant. Et c’était magique même si un peu too much pour l’avion.
Mais tout ça est loin…
Garance y est allée il y a deux ans il me semble. Elle m’a donné envie d’y retourner, de redécouvrir la ville, ses nouveaux musées (et quand même aussi ses anciens…). Je ne parle pas néerlandais mais eux parlent tous anglais ou quasi. C’était la bonne idée.
Mais je pouvais difficilement financer le coût pour nous trois. La période n’est pas tellement propice pour mes deux dernières. Alors nous avons eu une idée. Cela fait longtemps que nous rêvons de découvrir La Piscine de Tourcoing et les nombreux musées de la métropole. Nous pouvions pousser jusqu’à la mer, à Dunkerque, dont j’aime la plage, au Louvre Lens.
Restait à fixer une date puis faire des réservations. J’ai loué un charmant Airbnb dans le quartier Wazemmes que j’avais aperçu en allant rendre visite à ma copine Camille. J’ai trouvé une place de parking pour la semaine. Nous avons établi un planning. Lille n’avais qu’à bien se tenir.
Evidemment, il n’y a jamais rien de parfait… Lundi, j’ai déclaré une gastro monumentale. Pas le virus. Probablement une espèce d’empoisonnement. Je venais de mettre le point final à ma saga sur le cancer. Etre aussi mal après ce que je venais d’écrire, je me suis dit que ça ne pouvait pas être totalement une coïncidence. J’ai jeûné et dormi pendant quasiment deux jours.
Mercredi, nous avons eu la visite de Lou et de son fils, mon petit-fils. Malgré mon état, j’ai profité de la journée. Je me suis nourrie de cette bouille d’amour.
Et jeudi nous sommes parties. J’avais décidé de ne pas me mettre martel en tête pour l’heure du départ. Prendre son temps. Après tout, il n’y a qu’un peu plus de 400 kilomètres entre Tours et Lille. Arrivée prévue entre 16 et 17 heures. C’était sans compter sans cette foutue région parisienne. La panne d’un camion entre la Francilienne et l’A1 nous a fait perdre plus d’une heure. Je mourrais de faim. Cela faisait trois jours que je ne mangeais quasi plus rien. Mais là, j’avais besoin de carburant (pour la voiture aussi). Et il était impossible de faire une pause.
Heureusement, nous sommes passées avant l’orage. Cela aurait été le pompon.
C’est à 16 heures que nous avons atteint une aire d’autoroute fréquentable. Nous avions encore deux heures de route. Arrivée à la maison réservée, j’ai déchargé la voiture et je suis partie avec Garance. Mettre la voiture au parking. Les vingt-cinq minutes de marche prévue pour revenir m’avaient parue faciles sur le papier. Mais dans la réalité, dans mon état, c’était juste trop.
Aujourd’hui, matinée calme. Après l’orage de la nuit, il pleuvait à verse. J’ai eu juste le temps d’aller chercher du pain et des viennoiseries pour se remonter le moral. J’ai réussi à manger un croissant et un morceau de pain.
Et puis l’après-midi, éclaircie. Nous en avons profité
Demain, nous attaquons le premier gros morceau, le musée des Beaux-Arts. Et ça promet d’être plus réjouissant que ce qui précède.
