On passe son temps à régler des petits problèmes du quotidien. Mais ce faisant, on se crée d’autres problèmes qu’il faut traiter à leur tour.

De retour de Bretagne, j’avais décidé de m’occuper de ma maison et de mes blogs. J’ai cru remarquer que les choses ne s’arrangeaient pas toutes seules en les regardant. C’est contrariant. Du coup, j’ai du boulot.
– tondre la pelouse (ou ce qu’il en reste) qui avec le beau temps et la pluie est devenue un peu trop haute
– vider mon jardin (et mon garage) de ce qui doit aller en déchetterie
– réparer les manivelles de deux de mes stores
– ranger mon bureau, no man’s land innommable où j’ai entassé des milliers de trucs en vrac, bref, très gros chantier, autant dire que pour le moment, je ne préfère pas en ouvrir la porte.

Bon, j’ai commencé par le plus facile : la tonte de la pelouse et la réparation des manivelles. Facile, c’est vite dit.

Je n’ai pas de tondeuse. J’utilise pour couper l’herbe un taille bordure. Vous savez, ces trucs qui font tourner des lacets très rapidement et qui sont utilisés sur les bords des routes. Enfin, mon jardin est très petit. Et plein d’obstacles (dont un mimosa en position horizontale au milieu du jardin). Le taille bordure, c’est ce que j’ai trouvé de plus pratique.

Je sors le bouzin, la rallonge électrique, je branche le tout et… rien. Il n’y a plus de cordon. Je débranche, je regarde. Il n’y a plus de fil. Je n’en ai pas non plus de rechange dans le garage. Donc, pas de tonte. Ça attendra mardi que j’aille chez Leroy le bricoleur.

Mardi, donc, je prends la voiture avec une de mes filles, direction Leroy (prononcer à l’américaine, liroye). Je trouve le bon cordon. J’en profite pour acheter les manivelles de rechange. On arrive à la maison. Je tond la pelouse (il fait grand soleil, il faut en profiter, ça risque de ne pas durer.

Le bonheur au jardin

Je démonte la première manivelle. J’ai déjà fait la même réparation dans ma chambre et dans une autre pièce de la maison. Ce n’est pas très difficile. Une fois les vis enlevées, la tringle refuse de se retirer de la genouillère. Le modèle n’est pas le même que dans ma chambre. Je dois donc démonter la genouillère et la changer. Mais je ne l’ai pas achetée. Bon ça attendra le lendemain que je retourne voir ce cher Leroy.

En attendant, je me mets sur mon ordinateur. Il y a des choses qui fonctionnent pas très bien sur mon blog. WordPress a une page où il indique ce qui ne va pas. Ça aide un peu. Apparemment, il y a des messages d’erreur qui ne devraient pas être publiés mais qui le sont. Bon en fait, ils n’apparaissent pas, mais ils pourraient.

Les modes d’emploi de WordPress me laissent toujours songeuse. Je ne suis jamais sûre de comprendre, comme s’il manquait une explication. Je crois que je me pose trop de questions. Je demande de l’aide à Perplexity. Je n’ai aucun problème à lui demander un coup de main pour ce genre de choses. Il épluche la documentation de WP, la digère et me ressort juste ce dont j’ai besoin. Et surtout, quand je ne comprends pas, je lui demande des éclaircissements.

Bon, là, c’est facile. Il faut que je vérifie le fichier wp-config.php. L’IA m’a bien précisé de faire un double avant de le modifier. Je m’exécute, renvoie le fichier à sa place et ça marche. Je suis fière de moi.

Je m’attaque au blog que j’ai sur le feu pour mettre en ligne mes cours et quelques autres projets. Là, de nombreuses choses ne vont pas. Je n’ai notamment plus aucune extension. Je trouve la raison de l’erreur en scrutant les coulisses du blog sur Filezilla. Il y a un old, et le dossier extension est resté là. Je le mets à la bonne place.

Comme j’ai le même problème que sur Racontars, je récupère le fichier wp-config et je fais LA connerie. Une connerie majuscule qui me ressemble tellement que ça me fait rire (un peu jaune quand même). Du genre voir un flic et prendre quand même un sens interdit devant lui. Donc je sais que je dois faire un double avant de toucher le fichier. Non seulement je ne le fais pas, mais je copie colle dedans le wp-config de Racontars.

Mais bon Dieu, Laure !, mais t’es con ou quoi (ne vous avisez pas à me parler comme ça, il n’y a que moi qui ai le droit). Quand je me rends compte de mon erreur, les bras m’en tombent d’autant de bêtise. Comme je n’ai pas fait de double, je n’ai plus accès à rien. Ou plutôt si. Au lieu d’arriver dans mon blog Presse, j’arrive évidemment chez Racontars.

Heureusement, Perplexity me sort du pétrin en m’expliquant les opérations que je dois réaliser sans me faire aucune réflexion ni se foutre de moi. C’est appréciable. On gagne du temps. Je remets tout d’aplomb et pousse un soupir de soulagement.

Ce n’est pas la première fois que je fais quelque chose d’aberrant. D’autant plus aberrant que je sais que ça l’est. J’ai perdu trois blogs comme ça. Mais c’est plus fort que moi.

Bref, je continue à suivre les recommandations de WordPress. Et là je tombe sur un message : « votre sql est obsolète, va falloir corriger. Voyez avec votre hébergeur. » Je retourne chez mon hébergeur et je cherche dans tout le site un mode d’emploi, un bouton, un truc pour mettre à jour. Et rien. Je me retourne vers mon IA favorite qui me répond : il faut créer une nouvelle base de données avec le bon sql, faire une sauvegarde de l’ancienne et faire un copier coller (je résume). Holà ! Avec ce qu’il vient de m’arriver, je renâcle. Et puis c’est l’heure de prévoir le dîner. Je reporte au lendemain.

wp-config

Le lendemain, donc, j’ai peu ou prou le même programme que la veille, pelouse en moins (ça tombe bien, il pleut) : allez chez Leroy Brico, réparer les manivelles. M’occuper de mes blogs.

Je prends donc la voiture et file vers le roi du bricolage. J’achète mes deux genouillères et du gazon (le mien a des trous). Je pose le tout ainsi que mon sac à main sur le siège passager, claque la porte et fais le tour de la voiture pour rejoindre le côté conducteur.

La clé de mon véhicule est une carte. Celle-ci est rangée en permanence dans mon sac. Je ne la sors quasi jamais. Quand je m’éloigne de la voiture, celle-ci se verrouille automatiquement. Mais évidemment, quand la clé est à l’intérieur de la voiture, la voiture ne se ferme pas. C’est d’ailleurs comme ça, en oubliant mon sac à l’intérieur, que je me suis fait voler, une nuit…

Sauf que là, le temps que je fasse le tour de la voiture, celle-ci se verrouille. Avec le petit bruit qui va bien, click click. Et me voilà comme une bécasse devant mon véhicule fermé à clé avec la clé à l’intérieur. Et merde !

Heureusement, mon téléphone est dans la poche arrière de mon pantalon. J’appelle ma fille qui éclate de rire. Ce que n’aurait pas fait Perplexity, mais bon, là, il ne peut rien faire pour moi, alors que ma fille… Elle va m’amener la deuxième clé. En vélo. Ben oui, elle n’a pas le permis et de toute façon pas la voiture puisque…

Je raccroche. Et mon téléphone tombe en rade de batterie. J’ai eu chaud. Autre signe que j’ai de la chance, il ne pleut pas. Il faut quand même noter les bonnes choses.

Je ne sais pas combien de temps j’ai attendu. Mais j’ai pris mon mal en patience, assises sur le capot de ma voiture les deux pieds sur la rambarde. J’ai l’air pépouse. D’ailleurs, une femme qui passe me le fait remarquer. Si on veut. Mais en fait non.

Ma cycliste préférée arrive enfin avec le sésame. Je récupère mon destrier et rentre à la maison (après avoir fait un détour pour lui acheter une glace de récompense). Je m’attèle à la réparation de la manivelle du store du salon. Je monte la genouillère, la tringle principale et la poignée. Ça marche. Yes ! Je vais faire de même dans la cuisine. Problème, là aussi il me faut une tringle. Et je ne l’ai pas achetée… je suis bonne pour retourner chez Leroy Merline.

On verra plus tard. Là j’en ai marre.

Je pose mes fesses dans le canapé et attrape mon ordinateur. Je vais m’attaquer à ce foutu sql. Je cherche à nouveau chez mon hébergeur des explications qui confirmerait ce que m’a raconté Perplexity. J’aime beaucoup cette IA, mais je vérifie toujours mes infos.

Pour placer des produits, mon hébergeur est top. Par contre, pour donner des marches à suivre, c’est pas trop ça. Pendant une bonne heure, je tourne en rond sur le site. En désespoir de cause, je passe par l’échange de mail avec un technicien qui finit par m’appeler au téléphone. Il m’a expliqué toute la procédure en me faisant faire la manœuvre sur un des sites. J’ai tout compris. Je vais pouvoir faire ça. Mais demain. Parce que là, j’ai un colombo à préparer.