Nous arrivons place Gaffori. Je montre la maison du général (photo) aux filles et les impacts de balle qui sont restés, traces des batailles qui ont fait rage dans la ville. « Mais comment tu sais tout ça maman ?
– Eh bien, avant de partir visiter un truc, je me renseigne et, après, je vous raconte ce qui s’est passé. Comme ça, c’est plus intéressant pour vous. Au lieu de ne voir que des vieilles pierres, vous voyez aussi leur histoire. »

Je leur narre alors que les Génois, encerclés dans la ville par Gaffori et ses soldats, avaient réussi à s’emparer d’un des fils du général et l’avaient mis sur les murailles pour empêcher les Corses d’avancer. Le général Gaffori, atterré en reconnaissant l’enfant, faillit arrêter son attaque. Mais sa femme cria alors : « Oubliez mon enfant ! A l’assaut ! » Et les Corses, galvanisés, ont gagné la bataille.
– Elle était folle, celle-là
– C’était une autre époque, chérie.
– Mais c’était son fils. Et il est mort le garçon ?
– L’histoire dit que non. On le retrouva sain et sauf. Cela dit, les histoires exemplaires finissent rarement mal. Tu imagines qu’on dise dans les livres qu’on retrouva le cadavre du garçon ? Ça la foutrait mal… »

Corte

Nous partons enfin dans les rues fichées de galets. Il fait bon, nous suivons le chemin vers le belvédère. Partout de vieilles maisons, des petits jardins et des fleurs. Nous arrivons enfin sur une placette d’où nous avons une vue imprenable sur la citadelle. Arrêt photo, puis arrêt chats. Il y en a partout, pas vraiment sauvages. Lou les prend en photo, tente même de les caresser, pas toujours avec succès. Nous faisons le tour de la Citadelle et nous pénétrons à l’intérieur. Il y a là un musée, assez récent, sur la vie corse. Je propose aux filles de le visiter. A ma surprise, elles sont enthousiastes. Tant mieux, parce que ce musée est un petit bijoux. La scénographie est parfaitement bien foutue, intéressante. L’évolution des salles bien pensée. Et tout le monde, adulte comme enfant, peut y trouver son compte.

Mais d’abord, on va investir la Citadelle. On monte, on visite le cachot, de petites salles d’armes, les chiottes sur la falaise, les remparts. Il y a des fleurs partout. Des meurtrières aussi sur la vallée en contrebas. Nous redescendons vers le musée que nous visitons tranquillement. Garance passe de salle en salle émerveillée. Tout l’intéresse. Elle veut faire un exposé sur la Corse à sa classe et ce qu’elle voit ici va l’aider, c’est sûr.

On redescend vers la ville. Suivons les petites rues au hasard. Il y a une épicerie qui a la réputation d’être la plus photographiée au monde (peut-être que celle qui a servi de décor au film Amélie Poulain à Montmartre lui fait maintenant concurrence). En tout cas, je comprends pourquoi, extérieurement, elle est ravissante. Du coup, j’y vais de ma petite photo aussi. On est touriste ou on ne l’est pas.

Corte

La lumière est belle, elle magnifie les ocres de certaines façades. Nous visitons l’atelier d’un potier. Léone est fascinée par leur travail. Moi par les objets exposés. Il y a notamment une théière absolument superbe. Mais alors tout à fait hors de mes moyens. Puis nous entrons dans l’échoppe d’un homme qui travaille le bois, essentiellement l’olivier. Très classique, mais beau. J’achète un petit tirebouchon qui ne prend aucune place mais est très ingénieux. Un joli petit objet.

Petit à petit nous redescendons vers la voiture. Nous nous arrêtons faire deux ou trois courses et enfin regagnons l’auto. J’en ai plein les pattes et nous avons encore deux heures de route pour rentrer. Je profite de la voiture et de son lecteur de CD pour faire découvrir des chanteurs à Lou : Janis Joplin, Damien Saez, qu’elle adore, Wasis Diop qu’elle apprécie moins (mais c’est bien quand même…). Elle confirme qu’elle préfère le rock à tout le reste. Va falloir que je complète ma discothèque.

Nous arrivons enfin. Cela fait des jours que Lou veut me teindre les cheveux. Je cède ce soir, même si ce n’est plus l’heure. Mais sinon, de toute façon, ce ne sera jamais l’heure. Elle fait ça très sérieusement. Malheureusement, je lui refuse une broutille un peu plus tard et elle monte bouder dans sa chambre. Elle ne redescendra pas pour dîner. Et c’est avec les deux petites que je partagerai un délicieux plat de jambon purée… Bah ! on aura vu encore une fois un magnifique coucher de soleil. Allez, c’est pas tout ça, mais c’est l’heure de dormir. Programme de demain ? Ben plage, bien sûr !

Le vendredi 27 juin 2008, 15:29 par jeanpadupe

Dis à Lou qu’il ne faut pas bouder mais serrer fort dans ses bras,c’est une meilleure solution dans tous les cas.

2. Le samedi 28 juin 2008, 17:12 par Fauvette

J’aime bien Corte, j’aime bien tes récits.
Et tes photos !

3. Le mardi 1 juillet 2008, 14:07 par Moukmouk

Compliqué les filles ados, à la fois grande et petite… merci pour le beau reportage.