Je n’aime d’ailleurs pas tellement les mercredis, même quand il ne fait pas chaud. C’est la journée où je me transforme en taxi et franchement, ce n’est pas ce dont j’avais rêvé comme carrière.

9h45 j’emmène Garance à la danse.
12h15 je retourne chercher Garance à la danse et je prends Lou au passage.
12h45 j’arrive à la maison, je prépare à manger.
13h55 J’emmène Lou et Léone à l’escrime, à l’autre bout de la ville, retour 14h30
16h45 je pars récupérer Lou et Léone à l’escrime.

Des fois j’arrive à me caler une mini sieste. Ça, c’est pendant l’école.

Maintenant que ce sont les vacances, c’est quasi pire. D’accord, je suis sensée pouvoir dormir plus longtemps le matin, puisque plus personne n’a d’activité. Mais c’est sans compter sur les voisins qui mettent leur musique à fond. Moi, ça ne me dérange pas vraiment, mais les filles ne supportent pas d’être ainsi réveillées. Du coup, elles tempêtent et me réveillent à mon tour. En tout cas me force à me lever pour les calmer.

Ensuite, je passe la matinée à arbitrer les querelles entre les deux insupportables dernières. A peine le pied par terre, elles s’engueulent. Léone est particulièrement douée pour les noms d’oiseaux et elle a de la répartie. Quand je lui ai dit que j’en avais assez de l’entendre traiter ses sœurs de tous les noms, elle m’a rétorqué qu’elle ne connaissait que ce langage parce que c’est tout ce qu’elle avait entendu depuis toute petite. Ambiance…

L’étape la plus délicate consiste à leur faire ranger leur chambre. Je menace, je tempête. Et je sors le coup bas : pas de chambre rangée, pas de piscine… Eh non, je n’ai aucun remord, à la guerre comme à la guerre. Les noms d’oiseaux sont en recrudescence et volent bas. En plus, il fait une chaleur démentielle ce qui joue que la fatigue et l’humeur de tout le monde. Le ton monte, puis descend, puis monte. Les montagnes russes, ça me donne mal au cœur.

Petit déjeuner grand déjeuner (appelé brunch par les brunchés). Une pause. On ne déjeune même pas dehors, la terrasse est infréquentable. Tous les volets sont fermés. On se croirait dans le midi. Il n’y a pas d’air. Les animaux roupillent allongés de tout leur long sur le carrelage. Je me demande si je ne vais pas m’installer à la cave. Il y a une prise électrique, je pourrai même y installer l’ordinateur. Avec le Wifi je devrais même pouvoir me connecter.

15 heures, Lou rentre de son déjeuner avec ses potes de 3e. Elle m’a soutiré 15 euros et en a profité pour inviter un de ses copains. Son bon cœur nous perdra. On emmène d’ailleurs ledit copain à la piscine. Les filles n’ont pas fini de ranger leur chambre. Je reçois un mail des parents d’élèves auquel je réponds en vitesse. Mais ça demande de la concentration. Comment l’avoir avec des mômes qui entrent toutes les cinq secondes dans votre chambre pour des choses aussi futiles que : « Maman, Garance elle m’a dit que j’étais une conne. » « Maman, Léone elle m’a dit que j’étais une grosse s… » [si si, c’est ce qu’elle dit, hélas]. Je finis par hurler que j’ai besoin de 5 minutes sans personne dans ma chambre. A la deuxième, deux d’entre elles craquent et pénètrent dans la pièce avec de nouvelles doléances. Aaaarrrgggghhhh !

J’annule la piscine, en cinq minutes la chambre est rangée. Léone fait encore voler des oiseaux. J’annule la piscine juste pour elle. Elle boude sur le canapé. Je commue sa peine en une punition : copier 50 fois “je ne dirai plus de gros mots à mes sœurs”…

16 heures, nous réussissons à partir. La voiture est un vrai sauna. Il manque plus que le bassin d’eau froide que nous espérons en toute hâte. Las, nous ne sommes évidemment pas les seuls à avoir eu l’idée. Il y a une queue incroyable. Arrivée à 2 mètres de la porte, le sort nous est cruel. Il y a trop de monde dans l’eau, l’entrée est fermée. On espère que des gens vont sortir. Mais ils sont immanquablement compensés par ceux qui ont des pass et qui entrent sans faire la queue.

Plus quelques malins qui se faufilent. Une famille notamment : pétasse fausse blonde au sourire chevalin habillée de jaune fluo, mère de famille entourée de deux futurs lascars de téci. Ils essaient une fois de doubler tout le monde et se fond refouler par le vigile. La fausse blonde tente de faire les yeux enjôleurs, l’autre n’en a cure, elle le traite de tous les noms.

Dix minutes plus tard, nouvelle tentative, ils se font refouler à nouveau. Alors ils s’incrustent de façon nouvelle. Un par un. Les garçons d’abord, mine de rien. Puis la mère de famille. Et enfin la pétasse, la dernière parce qu’elle s’est trop fait remarquer. En attendant, cela fait une heure et on n’a pas bougé d’un iota. Je craque. Je n’en peux plus. Les filles râlent, elles veulent rester. Je leur renvoie que si je ne pars pas, je vais taper un scandale et casser la gueule à la blonde. Le copain de Lou me trouve marrante. Lou lui dit qu’il ne me connaît pas et que je suis capable de le faire. Elle préfère filer.

17 h 15. Nous arrivons devant une autre piscine, celle du Centre des sports. Ah c’est ballot, ils viennent de fermer. Et puis demain ils ne sont pas ouvert. Vendredi ce sera jusqu’à 16 heures. Et après fermeture pour deux mois. Je crois avoir mal entendu. La piscine municipale va fermer pendant les deux mois d’été. Wow ! Ça c’est de la gestion. Je me moque. Lou n’en peut plus et m’agresse. Elle est avec un de ses amis et ma conduite la défrise. Je la remets à sa place.

Nous repartons dans mon sauna à roulette et rentrons à la maison. ON convient d’un rendez-vous samedi. Ah mais samedi je ne peux pas, je dois rester avec ma mère. « Eh bien dis lui de venir. On sera deux à jouer les vieilles qui papotent sur la pelouse. » Le gamin se marre et promet de faire la proposition à sa mère. « Inutile de parler des deux vieilles sur la pelouse, hein ? » « Non, non, pas de problème… » Je passe pour une originale auprès des copains de ma fille aînée. Certains aimeraient m’avoir pour mère. Ou plus exactement avoir une mère qui me ressemblerait un peu. Lou soupire en levant les yeux aux ciel : « Pfff, ça se voit que tu vis pas avec. »

Nous rentrons à la maison. Je propose le tuyau d’arrosage aux filles, mais elles préfèrent la télé. Je vais me doucher toute habillée histoire de garder une pu de fraîcheur. Je demande aux filles de ranger la vaisselle et de finir de ramasser ce qui traîne dans leur chambre. Deux heures plus tard, rien n’a changé. J’ai trop chaud, je perds patience. J’envoie les plus petite au bain et je prépare le dîner. Avec dans l’esprit de m’en débarrasser le plus tôt possible. « Fini de manger, allez, ouste, au dodo. » Je suis optimiste, pourtant je devrai le savoir. Elles traînent le plus possible pour voir la série à la télé. Je me fâche pour la (?) fois (je n’arrive plus à tenir le compte). Et elles finissent par s’enfermer dans leur chambre. Je ne suis pas dupe, elles n’ont pas l’intention de roupiller mais, au moins, elles me fouteront la paix.

Je regarde la télé jusqu’à point d’heure avec Lou. Ce n’est pas très raisonnable, j’ai deux grosses et longues journées qui m’attendent. Mais je ne me refais pas. Je dormirai bien un soir, mais ce n’est pas pour maintenant. Et puis, quel bonheur d’être enfin toute seule. Toute seule ? Vous plaisantez. La grande qui ne supporte pas les série (mais qui les adore) fait des cauchemars et vient dormir dans mon lit… Mais pourquoi ai-je oublié de les inscrire en colo cette année ?!!!!

Le samedi 4 juillet 2009, 08:33 par mab

Ah! Y a de l’ambiance ici, ça change des blogs où 6 enfants dans un appartement ne font jamais de bruit et où le salon est toujours bien rangé!

2. Le samedi 4 juillet 2009, 08:52 par Valérie de Haute Savoie

Tout le long j’ai souris, il me semble bien que nous avons quelques traits communs 😀

3. Le samedi 4 juillet 2009, 09:04 par julio

A voila pourquoi mon frère et ma sœur me file tout les été leurs gosses !
Moi je gère très bien la situation, le matin je les réveille tôt, petit déjeune et promenade, une dizaine de km sa leur fait du bien, sa les calme. Le déjeune il aime, la commence les critiques sur leurs parents, la mémé elle fait drôlement bien a mange sais pas comme a la maison ! Ensuite la sieste sa sais sacrer. Ensuite la plage à pied il proteste mais çà fait rien, la glace et le coca, normal je ne suis quand même pas un tyran ! Le soir s’il y a un spectacle je les emmène, et puis au lit !
Bon je varie un peu je ne vais pas leur faire le même coup tous les jours !
Quand il rentre de vacance surtout mon frère mais qu’ce que tu as fait tu ne vois pas qu’ils sont complètement excité !
Elles sont drôlement mignonne tes filles et sa prouve quelle son en bonne santé sais mieux quand même !

4. Le samedi 4 juillet 2009, 13:36 par pasdupe

Souvenir, souvenir, les noms d’oiseau, les langues de vipères, les portes qui claquent, les copains plein la maison, heureusement la piscine toujours ouverte, pleine mais ouvertes.

5. Le samedi 4 juillet 2009, 15:56 par RdT

Sourire… je compatis. Si tu passes par chez moi, sur la route des vacances, fais une halte. D’abord, ça me fera plaisir de te rencontrer, ensuite, ça fera des copines de jeu à l’Ado, et enfin, y’a une petite piscine hors sol à la maison… et on fera les deux vieilles sur la pelouse…
Et sous l’aspect humoristique de l’invitation, elle est réelle, et sérieuse.

6. Le samedi 4 juillet 2009, 19:30 par Vroumette

Y’a des jours hein !!!
Une amie me racontait qu’en mettant ses fils dans le train il y a deux jours, elle était repartie en sautillant de joie et avait entendu deux parents faire « yes » une fois le train parti.

On les aime fort fort fort, mais pour eux comme pour nous, ça fait du bien de se séparer un peu !

7. Le samedi 4 juillet 2009, 20:36 par Akynou

Vroumette : hélas cette année, il n’y aura quasi pas de moment sans… Juste une semaine à PAris où elles sont avec leur grand-mère paternelle et leur père. Et où je ne serai pas loin.
Pasdupe : on a les oiseaux, pas les vipères, c’est toujours ça de pris :-)
Mab : ça existe ? J’y crois pas…
Valérie : tant que ça ? ;-)
RdT : c’est où la route des vacances pour toi ?

8. Le dimanche 5 juillet 2009, 02:30 par Minium

Optimiste, on pourrait espérer qu’elles vont se lasser de faire les chiffonnières. Et puis vous prenez vos marques dans un nouvel univers, vos premières grandes vacances là. Peut-être que tu vas récupérer et pouvoir traiter avec plus de détachement leurs chamailleries.
Bon courage en tout cas :o)

9. Le dimanche 5 juillet 2009, 10:35 par Akynou

Faire les chiffonnières, en voilà une belle expression que j’avais complètement oublié. Et pourtant, il y a de ça. Je pense que j’ai du mal à supporter ces crises parce qu’elles me renvoient à un passé pas encore assez lointain. J’ai vraiment une réaction épidermique, une incapacité physique à supporter leurs affrontements.
En espérant que ça leur passe en grandissant…

10. Le dimanche 5 juillet 2009, 15:49 par saperli

ah là là, moi je ne me suis pas battue trop longtemps pour le rangement des chambres : dès qu’elles ont su tenir un aspirateur (vers 8 ans), j’ai fait de leur chambre un endroit banni pour moi. J’exigeais juste que leur linge arrive sans que je m’en mêle dans le panier de la salle de bain, y compris les draps, et que l’aspirateur y fasse du bruit une fois par semaine. J’aidais à remettre la couette dans sa housse. Les visites de copains et copines étaient plus efficaces que ma pauvre autorité et étaient souvent une occasion de grand rangement.