Je ne sais pas si j’ai dormi. L’air est étouffant. Je somnole. Je repasse dans ma tête les images de la journée. Les musées sont un bon refuge quand il fait aussi chaud. C’était une jolie journée.
J’ai lu jusqu’à assez tard, j’ai joué sur mon portable. Je n’avais déjà pas très envie de dormir. A 2 heures, j’ai tout de même éteint la lumière. Quelle heure est-il maintenant ? Je n’en ai aucune idée. Il fait nuit noire, on n’entend pas un seul chant d’oiseau. Le jour n’est pas près de se lever. Une lueur éclaire soudain ma chambre. Puis un grondement de colère se fait entendre un peu plus loin. Je souris, enfin l’orage va nous apporter un peu de fraîcheur.
J’entends la pluie. Elle ne durera pas longtemps. Ce n’est pas cela qui va désaltérer le jardin totalement déshydraté. Le tonnerre s’approche. La pluie revient. D’un coup, je songe aux cannes à pêches laissées dehors, à la caisse du chat. Et ma voiture, en ai-je bien fermé les vitres ?
J’attends que la pluie cesse de nouveau. Je me lève, fais le tour de la maison. Les volets de la cuisine sont ouverts. J’hésite à les fermer. Je ne sais pas si le chat est rentré. L’orage doit encore être de l’autre côté du lac. J’ai déjà vu cela. Nous étions en train de pêcher et les nuages, très noirs, s’étaient accumulés sur l’autre rive. Nous les avions laissé venir, fascinées. Puis le vent, d’un coup, s’était levé. J’avais alors donné le signal de départ. La pluie nous avait rattrapées avant que ayons pu atteindre la maison. Nous arrivâme trempées à tordre, mais mortes de rire.
Oui, l’orage n’est pas encore arrivé au lac. Je le vois aux éclairs. J’ai le temps. J’enfile mes chaussures. J’ouvre la porte, descend dans le jardin, récupère les cannes et la caisse. Jette un coup d’œil à ma voiture. C’est la vitre de mon coté qui est restée ouverte. Je dois rentrer dans la maison récupérer les clés. Je redescend, je mets le contact et fait remonter la vitre. Retourne dans la maison. La pluie arrive, de grosses gouttes mouillent mon dos. J’ai à peine refermé la porte, que cela se met à tomber dru. Il était temps.
Je me rallonge, l’orage s’approche de la maison. Les éclairs sont de plus en plus lumineux, le tonnerre de plus en plus tonitruant. Je pense à notre maison, à Tours. Ai-je bien débranché toutes les prises ? Du coup, je débranche mon Archos et mon téléphone qui sont en train de charger. La pluie, le tonnerre, le vent. Je me recroqueville au fond de mon lit. Non, je n’ai pas peur, mais quand même. Je me demande si les filles sont réveillées.
D’un coup, l’orage est sur la maison qui tremble. Le bruit est terrible, monstrueux. Là, maintenant, c’est sûr, les enfants sont réveillées. J’attends de les voir arriver l’une après l’autre. Je me demande si je ne vais pas les rejoindre, pour les rassurer. Mais non, rien ne bouge. L’orage s’éloigne. Et moi je sombre en me rappelant une lecture qui m’avait épouvantée, petite, l’histoire de la tarasque assiégeant une maison où se terre, terrorisée, une famille…
Le jeudi 10 septembre 2009, 09:54 par MarieSB
wouah quel texte ! Il me fait penser à un de Zwieg, où tout le monde attends la pluie… je ne sais plus le titre …
2. Le jeudi 10 septembre 2009, 19:54 par Moukmouk
Tes filles sont maintenant grandes, deux ans avant tu les auraient toutes eues dans ton lit.
3. Le vendredi 11 septembre 2009, 00:07 par Akynou
Elles ont encore des terreurs qui les poussent parfois à dormir ensemble ou à rejoindre mon lit. Mais pas cette fois-là. Je pense que c’est parce qu’elles dormaient dans le même lit et qu’ensuite elle devaient être encore plus terrorisée à l’idée de traverser la maison pour me rejoindre 
4. Le vendredi 11 septembre 2009, 10:13 par Sonia
C’est amusant mais je ne sais pas si ce sont les enfants qui ont besoin d’être rassuré par la maman ou l’inverse 