Au premier feu rouge, j’ai sorti mon portable et appelé ma sœur Aude.
« Laure ? Bonjour, comment vas-tu ?
– Un peu fatiguée, mais ça va. Je suis sur la promenade des Anglais…
Court silence à l’autre bout du fil
– Tu veux dire… la promenade des… Anglais ? Qu’est-ce que tu fais là ?
– Eh bien, je ne sais pas si tu t’en souviens, mais j’ai un bateau à prendre ce soir. Mais comme nous sommes partis tôt, nous sommes arrivés tôt, et voilà.
– Mais alors on peut se voir… Super. »
Nous nous sommes donné rendez-vous au L’F, cours Saleya. En les attendant, nous nous sommes promenés un peu, fait le plein de billets tout frais sortis du distributeur. Puis nous nous sommes affalés dans les fauteuils. Nous avions laissé la voiture sur le port, non loin de l’endroit où nous étions censés embarquer.
Quand ils sont arrivés, Aude dite Orium, Chonchon son compagnon et les jumelles mes nièces, tout le monde est tombé dans les bras les uns des autres. Les cousines, super heureuses de se revoir, ont immédiatement organisé des jeux, courant entre les tables, riant de bon cœur. Même Lou, qui avait un début de mal de tête et encore mal à sa jambe, a traîné la patte derrière les plus petites.
Nous avons été dîner dans un restaurant de fondue, le Choucas. Un accueil parfait, des gens extrêmement gentils et pas rebutés par les cinq gamines survoltées que nous traînions derrière nous. J’aime bien la formule. On commence par s’installer dans de confortables fauteuils autour d’une table basse, où nous passons la commande tout en sirotant un apéro offert par la maison. Puis, quand tout est prêt, on nous propose de passer à table. C’était délicieux.
Puis mes sœurs nous ont emmené dans un endroit de perdition pour tout gourmand qui se respecte. Sur une petite place du vieux Nice, la place Rosseti, règne le plus incroyable glacier que j’ai jamais vu : Fenocchio, Maitre Glacier. S’alignent, très joliment décorées, des glaces à la rose, au coquelicot, à la lavande, à la tomate basilic, à l’avocat, au vinaigre balsamique, etc.,
Des plus classiques aussi à la confiture de lait, à la réglisse, à la noix de coco. Et enfin un nombre incroyable de parfums au chocolat. Cerise sur le sundae, les glaces des filles ont été décorées de bonbons. Grand moment. J’ai légèrement orienté le choix des filles pour pouvoir en goûter le plus possible : lavande, rose, pour les plus osés, melon, passion, noix de coco, confiture de lait, pour les plus tranquilles. Un vrai moment de gourmandise et de curiosité mêlées. Mais n’est-ce pas la même chose ? Installés sur les marches de la place, face à l’église, nous savourions ce moment de pur bonheur et de quiétude.
Puis nous avons tranquillement marché vers le port. Arrivé là-bas, petit moment de flottement et d’inquiétude. Le bateau, censé être arrivé, n’y était pas. Après les angoisses liées à la grève de la SNCM, que pouvait-il bien se passer. Aucune indication, aucun tableau. Et puis un homme, sortant son attirail de pêche nous annonce que non seulement le bateau accoste de l’autre côté du port, mais qu’en plus, il n’arriverait qu’à 1h30 du matin alors qu’il était censé partir à 23h30. À ce moment, la fatigue de la journée m’est tombée dessus d’un coup !
Nous avons décidé d’aller de l’autre côté du port. Nous avons dit au revoir aux sœurs, nièces et compagnon en nous promettant de nous revoir bientôt (à notre retour de Corse). De l’autre côté, il y avait déjà une trâlée de voitures qui attendaient. Sur le coup, ça m’a fait râler. C’était bien la peine d’arriver en premier pour se faire damner le pion par d’autres. Parce qui arrive en premier embarque en premier et sort également en premier.
Nous nous sommes fait enregistrer, on nous a indiqué la place où nous devions attendre avec notre voiture. Nous avons été faire un petit tour au bureau d’accueil où nous avons pu demander les causes du retard : la grève de la SNCM a rempli leur navire au-delà de leurs espérances. J’ai pensé pour moi-même que s’ils prenaient du retard à chaque fois qu’ils ont du monde, en été, ça doit donner. Mais la jeune femme racontait déjà qu’il y avait eu aussi l’hélitreuillage d’un blessé à bord et que ça avait pris beaucoup de temps.
Nous sommes retourné à la voiture et nous nous sommes installés pour l’attente. Il n’était même pas 11 heures, nous avions le temps. Les filles se sont endormies quasi instantanément. J’ai mis de la musique, nous avons allongé les sièges et nous avons rejoint le monde de Morphée. J’avais la tête posée sur mon imper roulé en tapon de façon à me faire un oreiller. Ma joue posée sur la poche où j’avais rangé le portable.
Et c’est lui qui m’a réveillé vers 1 heure du matin. Ma copine ajaccienne m’envoyait un texto me demandant si je dormais ou si elle pouvait m’appeler. J’ai levé la tête, il y avait quelque chose de changé dans l’environnement. Là où on ne voyait que le port, un mur mouvant plein de petites fenêtres. Le bateau ! il était en train d’accoster. Merveille ! ô joie ! Nous allions pouvoir partir. J’envoyais un texto à S. qui m’appelait aussitôt. Nous convînmes du rendez-vous pour le lendemain. Je devais l’appeler dès que le port était annoncé.
J’envoyais un texto à mes sœurs pour leur annoncer notre embarquement imminent. Sur ce coup-là, j’étais un peu optimiste. Il faudra une bonne heure pour que nous puissions enfin embarquer. Coup de chance, c’est notre rangée de voiture qui embarqua en premier. Nous avons découvert notre cabine, sympa. Les lits étaient installés. Du hublot – qui tient plus d’une grande fenêtre que des hublots ronds que l’on imagine sur un bateau – nous regardions Nice s’éloigner. Nous avons couché les filles qui n’en pouvaient plus.
Je m’apprêtais à faire de même quand le Nôm a manifesté l’intention de me faire visiter le bateau. J’aurais bien remis ça au lendemain, mais il fut intraitable. Je l’ai donc suivi de salle en salle, de pont en pont. Nous avons même découvert la piscine, vide en cette saison. Pas mal quand même. Cela ne valait sans doute pas le Titanic, mais ça en avait un petit goût quand même. Pourvu que ça finisse mieux parce que là, les aléas de la route, je commençais à en avoir assez.
Nous retournâmes dans la cabine nous coucher. Quand je me suis allongée sur la couchette, j’ai découvert avec bonheur et ravissement que les mouvements du bateau, non seulement me berçaient mais en plus me massaient. Un pur bonheur. Mais un bonheur court. Nous avons été réveillés à 6h30 par une voix qui nous annonçait que le bateau arriverait à 8 heures. Nous avons traîné encore une demi-heure, puis nous nous sommes levés. J’ai ouvert les rideaux et les stores et tout de suite le spectacle s’imposait : un magnifique lever de soleil sur la Corse. Magique.
Nous sommes monté sur le pont, il faisait grand soleil, le vent nous fouettait le visage, ça réveillait ! Les filles étaient ravies, j’ai été obligée de surveiller Léone comme le lait sur le feu car elle avait un peu tendance à grimper sur le bastingage pour mieux voir… Toujours aussi casse-cou.
Le bateau s’est amarré. Nous sommes descendus récupérer notre voiture et attendre que les celles qui nous bloquaient débarquent. Ce fut enfin notre tour. Voilà, ça y était ! On était en Corse !
Je vous le disais, l’île de beauté se mérite.
Le mardi 10 mai 2005, 22:49 par Leeloolene
Les délices d’une bonne nuit en ferry… rien de mieux pour dormir d’un sommeil de plomb 
2. Le mardi 10 mai 2005, 23:37 par Aude dite Orium
Et toi, tu l’avais bien mérité !
3. Le mardi 10 mai 2005, 23:55 par luciole
Tes photos sont très chouettes! très heureuse de me voir avec ma tripoté de Nièces chéries d’amour! allez encore un coup je les calines!! non je suis pas gaga, juste comme je dit chez Aude: gnafupilamofipufelanima…bref je fonds.
4. Le mercredi 11 mai 2005, 00:05 par Eor
un hublot carré, c’est…. un sabord!!!! (mille sabords!) c’est d’ailleurs comme ca qu’on les reconnait!!! il y avait les odeurs de la corse comme dans Asterix à l’arrivée? 
5. Le mercredi 11 mai 2005, 09:52 par Anne
Comme tu dis, ça se mérite.
Enfin bon, le glacier en question, je le connais, normalement ça donne des forces pour une bonne semaine des délices pareils 
6. Le mercredi 11 mai 2005, 23:21 par Anitta
Oh oui ! Je l’ai faite une fois la traversée en ferry, et c’était exactement ça (seule petite différence, moi c’était Marseille-Bastia avec la SNCM). Mais c’est dingue, tu es parvenue à me faire revivre ma traversée comme si j’y étais encore. J’en ai encore des frissons : et la visite du bateau, et les lumières du port qui s’éloignent, et l’arrivée au matin… Génial !





