Mardi 26 avril
Je fais la plongeEh bien, pour tout dire, je n’ai pas plongé très longtemps et je n’ai rien vu des fonds corses. J’étais un peu en retard à l’heure du rendez-vous sur le quai, mais tout allait bien. Il faisait grand beau, presque chaud si ce n’était le vent, un peu frais.
Jacques m’attendait ainsi qu’Alain et Dorothée, les deux maîtres plongeurs. Sont venus nous rejoindre une jeune femme et ses deux enfants à qui elle offrait un baptême de plongée.
Alain m’a remis ma combinaison. J’ai eu un peu de mal à l’enfiler. C’est que cela adhère bien au corps, j’imagine que c’est fait exprès. Ce n’était guère évident de caser mes seins et mon ventre là-dedans. Je me sens quelque peu oppressée. Jacques me suggère de laisser tout ça ouvert. Mais j’ai peur d’attraper un coup de soleil. Du coup, Dorothée, après m’avoir prêté une paire de lunettes de soleil (je ne sais pas ce que j’ai fait des miennes) me file sa crème solaire. J’ai un peu honte. Mais il semble de toute façon que ces gens-là s’entendent à dorloter leurs clients.
Dolorès entretient Jacques de notre future promenade. Il prépare un brevet visiblement, elle lui demande donc quelques exercices, notamment de se repérer dans l’eau pour pouvoir revenir au bateau. J’écoute, tout à fait intéressée. Je n’ai aucunement l’intention de passer un quelconque brevet, mais tout ce qui concerne la plongée en général m’intéresse.
Le bateau quitte le quai, puis le port. Il file sur la mer bien agitée par le vent. La mère de famille se prend des paquets de flotte. Nous aussi, mais au moins sommes-nous habillés en conséquence. Dolorès, notre mère à tous, lui prête son blouson avant qu’elle ne soit totalement trempée.
Nous arrivons enfin au spot. Jacques et moi commençons à nous préparer. Nous mettons notre ceinture de poids. Avec huit morceaux de fontes d’1 kilo chacun, je me sens légère… Nous enfilons les stabs (stabilisateurs) auxquels sont accrochées nos bouteilles (une chacun). C’est fou ce que l’air pèse lourd. Sur le bateau, pas très stable, nous avons l’air de gros manchots empereurs à la démarche malhabile. Quand il faudra mettre les palmes, ce sera pire encore.
Debout sur la petite passerelle, je dois me jeter à l’eau. L’idée est de faire un pas en avant, éventuellement, si je peux, en effectuant un demi-tour. Pas si évident que cela avec tout ce poids. Je me lance à la baille comme un jeune chiot maladroit. Ensuite nous devons gagner le mouillage du bateau. Sur le dos, l’embout dans la bouche pour respirer sans avaler des paquets de mer (ça secoue beaucoup), nous palmons avec énergie. Mais cette position sur le dos m’est insupportable, j’ai l’impression d’étouffer.
Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. Je me remets sur le ventre et nage normalement, ça va mieux. Le seul problème, c’est que j’arrive totalement essoufflée au mouillage. J’attrape la corde, Dolorès nous prépare à descendre, ce que nous commençons à faire. Dès que je dépasse les 4 mètres, mon oreille commence à me titiller. Je me pince donc le nez en soufflant très fort, mon tympan gauche passe bien, le droit se fait désirer.
Je continue de descendre et, là, j’ai vraiment mal. L’oreille droite fait toujours de la résistance. Je fais signe à Dolorès. A partir de ce moment-là, nous entamons un balai : on monte, on descend. J’essaie de faire passer cette saloperie d’oreille. Je ne sais même plus ou je suis, au fond, à la surface, entre les deux. Je finis par déclarer forfait et je remonte sur le bateau, la rage au cœur.
Enfin, je remonte sur le bateau, j’essaie. Je ne sais pas combien pèse une bouteille pleine, puisque je n’ai pas plongé, mais ça, ajouté aux poids de la ceinture, quand il faut emprunter une échelle étroite, qui bouge en plus à cause de la houle assez forte et chaussé de palmes… C’est… Cela demande une concentration et une énergie que je n’ai pas trop. J’y arrive enfin, Alain me débarrasse de mon stab, j’enlève avec délices ma ceinture et je m’affale sur le coffre qui sert de siège. Non seulement j’ai mal à l’oreille, mais en plus j’ai un mal de crane…
La petite fille est déjà remontée à bord. Alain s’occupe de harnacher le petit garçon, 6 ans et demi, qui se prépare à son baptême avec l’air le plus sérieux du monde. Les gamins sont géniaux. Et tout cela me donne une idée. Puisque cet enfant peut faire son baptême aussi jeune et, selon ce qu’a avoué la mère, sans savoir vraiment nager, pourquoi n’offrirai-je pas la même chose à Garance. Elle pourrait venir ici avec Lou. Cela leur ferait un merveilleux souvenir.
Au bout d’un bon moment, Jacques et Dolorès remontent enfin. Ce qui me rassure, c’est que lui a autant de mal que moi à remonter sur le bateau. Ils racontent ce qu’ils ont vu. Dolorès me demande des nouvelles de mon tympan. Je souffre par intermittence. Mais je n’ai plus de mal à la tête. C’est toujours cela. Elle me donne quelques conseils. Je dois prendre de l’alcool de bourriquet à 3 % et de l’huile d’amande douce. Cela me guérira l’oreille puis assouplira mon tympan et, dans deux jours, je pourrai à nouveau faire une tentative.
Nous rentrons Au port. Une fois arrivés, il faut vider le bateau, tout nettoyer à l’eau douce car l’eau de mer abîme énormément le matériel. Je pars me changer dans les douches de la capitainerie. Mais je suis totalement incapable d’enlever ma combinaison toute seule. Je suis obligée de retourner sur le quai et de demander à Dolorès de bien vouloir m’aider, ce qu’elle fait en rigolant.
Je reviens, sèche et dispose. Seashell arrive bientôt avec les enfants. Nous n’attendons plus que le Nôm. J’en profite pour mettre au point un rendez-vous avec Alain. Il préfère organiser une plongée en matinée, il y a moins de vent et la mer est plus calme. Il préviendra Jacques qui m’appellera. Le Nôm arrive enfin et nous allons tous ensemble chez Jacques et Seashell boire un coup.
Nous faisons la connaissance de Julien, l’amoureux de Sophie, coolissime, et autour duquel papillonne toutes nos petites filles, sauf peut-être Léone qui d’abord préfère la compagnie de Noam, ensuite est un peu petite pour s’intéresser à des grands garçons. Nous passons un si agréable moment, que le coup se transforme en dîner. Les enfants sont heureux. Ils mangent avant nous puis vont jouer dans la chambre. Plus tard, ils viendront nous jouer une pièce de théâtre improvisée à laquelle nous ne comprenons rien mais que nous suivons tous avec les yeux énamourés des parents groupies. De discussion en discussion, de rires en rigolades, nous ne repartirons que vers minuit. Crevés.
Nous couchons les filles et filons nous pieuter sans demander notre reste. Pas besoin de me bercer. Je suis lessivée. Les plongées ratées, c’est vraiment épuisant…
Le vendredi 13 mai 2005, 18:13 par Eor
une plongée reussie suit?
2. Le vendredi 13 mai 2005, 18:20 par racontars
Ben non, malheureusement, j’ai eu mal à l’oreille pendant une bonne dizaine de jours, alors je n’ai pas tenté l’impossible 
3. Le vendredi 13 mai 2005, 20:38 par Fab
Rageant tu dis?? Très très! Est-ce que les filles y ont été finalement? Et qu’est-ce qu’on voit là-dessous? Je sais je sais, je veux tout savoir d’avance, mais tes récits sont tellement passionnants!
[img]yelims.free.fr/Coucou/Cou…
4. Le vendredi 13 mai 2005, 20:40 par racontars
Ben pour les filles, tu le sauras dans quelques jours. Eh oui, il paraît qu’on voit de très belles choses la dessous, comme des hippocampes, des tas de poissons et des coraux…
5. Le samedi 14 mai 2005, 02:19 par Aude dite Orium
C’est vrai les vacances, c’est épuisant !
6. Le samedi 14 mai 2005, 21:11 par Seashell
Y a un dilemme. Dorothée ou Dolorès ? Allez, Dolorès.
Décidément, j’adore lire tes récits, c’est comme si on y était 
7. Le samedi 14 mai 2005, 21:12 par Seashell
Ah, et je rajoute autre chose : l’amoureux Julien. Coolissime ça veut dire mou. Mais mou à un point !!!
8. Le samedi 14 mai 2005, 22:12 par racontars
Dorothée ? J’ai mis dorothée ? Oups et damned !
Quant à Julien, oui, mou si mou… qu’il en cool 
9. Le lundi 2 janvier 2006, 15:02 par brajimi
est ce que l’air pèse?
10. Le mercredi 4 janvier 2006, 08:50 par Akynou
Brajimi : Les bouteilles qui le contiennent pèsent en tout cas très lourd…