Je reçois beaucoup de courrier et de mail via le journal où je travaille ou les parents d’élève. Ce matin, j’ai reçu celui que je vous transmets. Et qui m’a mise en colère. Une fois de plus. A peine un mois après l’histoire de l’hôtel qui a brûlé à Paris, faisant tant de victimes, des familles se retrouvent à la rue et des écoles se mobilisent pour les soutenir.
J’ai donc cherché à vérifier l’information. Je n’ai pas trouvé grand chose. Seul Indymedia a relayé l’info. Je vous transmets quand même le message. Parce que depuis quelques mois, de Nantes à Paris, ou Metz, des enfants sont jetés à la rue et même arrêtés à l’école. Des enfants sans papiers certes, mais est-ce que cela autorise de les traiter comme des criminels ?
Ce que sont en train de mettre en place les ministres Villepin et Perben pour la lutte contre l’immigration clandestine ne va faire qu’empirer cet état de fait.
Il faut être vigilant, pour que cela n’arrive pas chez nous, dans nos écoles, parmi les copains de nos enfants. Les exemples de mobilisation montrent que l’on peut les faire reculer. Si on ne le fait pas pour les adultes, faisons le au moins pour les enfants.
Le texte du mail :
NOUVEL APPEL A LA MOBILISATION
Bonsoir à tous et re-bonsoir à ceux qui nous ont rejoints nombreux pour soutenir ce soir les familles de l’Ecole Stalingrad.
Avant toute chose, je prends le temps de faire un bref rappel des événements de la journée. Comme prévu, devant la surdité caractérisée des autorités interpelées depuis plusieurs jours, des parents d’élèves, des enseignants de l’école Stalingrad de Nantes ainsi que des militants du Collectif Enfants Etrangers Citoyens Solidaires se sont retrouvés nombreux pour attirer une fois encore l’attention des pouvoirs publics sur le sort d’une famille contrainte ce matin même de quitter l’hôtel pour gagner… la rue. Oui, à Nantes… et dans la rue où 10 personnes seraient mortes entre mars et avril. Oui, oui, à Nantes en 2005 !!!
Toute la journée, l’école maternelle fut occupée afin d’exiger qu’une solution soit enfin trouvée pour permettre à un enfant de 5 ans et demi et à ses parents (dont une maman enceinte de 7 mois) de ne pas dormir dehors cette nuit. Au fil de la journée, les contacts médiatiques n’ont pas cessé au niveau local, régional et même national comme ils se sont multipliés avec les autorités académique, municipale et préfectorale… en vain ou presque.
Aux environs de 18 heures, une dizaine de policiers sont intervenus pour fermer tout d’abord l’accès à l’école où quelques parents ainsi que des membres du corps enseignant sont restés bloqués quelques heures avant que l’évacuation ne soit effectuée sans violence… et avec à la clé une promesse d’entrevue avec le Préfet lundi matin (de Pentecôte, si, si !) à 11 heures.
En attendant, une famille est officiellement ce soir à la rue, une autre la rejoindra lundi et la mobilisation doit sonc se poursuivre.
C’est pourquoi nous invitons à nouveau tous ceux qui le peuvent à rejoindre demain matin à l’heure de la rentrée des classes (à partir de 8 h 40) les parents d’élèves de Stalingrad plus déterminés que jamais à refuser l’inacceptable.
Quand les pouvoirs publics vont-ils enfin comprendre qu’il est traumatisant pour les copains d’école comme pour leurs parents de voir un petit voisin quitter l’école le soir pour un nulle-part qui n’ait des allures de maison ? Quand ??? Et pourtant, au bout de plusieurs années de rencontres quotidiennes au portail de l’école, sur l’aire de jeux voisine ou dans les rues du quartier on est bien le voisin des uns, le copain des autres…
La mobilisation continuera donc demain autour de l’école maternelle Stalingrad …
En outre, il a été décidé ce soir d’appeler lundi matin 16 mai à une forte mobilisation devant la Préfecture à partir de 10 h 30 pour faire savoir que de telles situations sont inacceptables et demander que des solutions soient trouvées.
Faites le savoir autour de vous et soyez nombreux à nos côtés.
Le Collectif Enfants Etrangers Citoyens Solidaires et les représentants de parents d’élèves de l’école Stalingrad.
Contacts : Frédéric CHERKI 06 72 47 04 33 / Cécile BIR / 06 67 20 51 43
A lire aussi un texte publié par Sud et qui reprend un appel de ce collectif nantais datant de l’automne. Ce qu’on y lit fait dresser les cheveux sur la tête.
Le mercredi 8 juin 2005, 10:40 par Jazz
Je ne suis pas encore maman, mais ce que tu nous donnes à lire me fait froid dans le dos et dans le ventre.