Hier, pour essayer de trouver une illustration au texte proposé dans mon jeu (je vous rappelle que la clôture de la première session est demain soir), j’ai été faire un tour au cimetière Montmartre. Le pont Caulaincourt l’enjambe, je passe donc assez souvent dessus, mais je n’y étais jamais entrée. J’y suis allée avec les deux dernières, Lou était à l’escrime. C’était notre sortie du mercredi après midi.

Qui a dit que ces endroits étaient trop tristes. Ils sont solitaires souvent, c’est vrai, mais fleuris, habités par des chats bien nourris (certains même assez gras). Et avec deux petites qui courent dans tous les sens, s’esbaubissent devant la moindre sculpture, c’est un endroit charmant.

Une fois entré par l’avenue Rachel, on découvre les dessous métalliques du pont, qui coiffe les mausolées. Cela leur donne une drôle d’allure.

Sinon, c’est un cimetière comme les autres, avec ses monuments démesurés, ses tombes oubliées, ses fleurs fanées, ses dalles noires ou grises. Nous n’étions pas arrivées depuis dix minutes que nous avons pris un grain. Nous avons heureusement trouvé refuge dans une espèce de temple romain. Assises à même la pierre (pas tombale, juste la pierre), nous nous sommes racontées des histoires. Il a plu un long moment. Les filles avaient trouvé une coccinelle et ont joué avec. Elle lui ont fabriqué une cabane, avec des feuilles, et Garance a écrit de sa belle écriture toute neuve : « Attention, il y a une coccinelle » avec une flèche qui indiquait la cabane.

La pluie a cessé et nous avons pu reprendre nos déambulations. Garance était bien trop occupée à lire tout ce qu’il y avait écrit pour prendre beaucoup de photos. Léone était bien trop intéressée par sa quête de tombes d’enfant pour me réclamer l’appareil. Ça tombait plutôt bien parce que je suis tombée en panne de piles successivement avec l’appareil de Lou que j’avais emmené, puis avec le mien… O tempora O mores, o étourderie… Heureusement, j’avais pensé à emmené mon vieux Pentax argentique et quelques pellicules de diapos.

Nous avons été rendre une petite visite à Dumas fils, pas aussi intéressant que le père, mais tout de même. Godefroy de Cavaignac gisait à jamais sur la pierre ainsi qu’un autre député dont je n’ai pas retenu le nom. Ah si, il s’appelle Alphonse Baudin et il est mort en défendant le droit et la loi. Si si, c’est écrit.

La lumière était douce. Il y avait plein de feuilles à terre et encore plein dans les arbres. Suivant qu’on regardait ses pieds ou le ciel, on se croyait ou non en automne. La tombe de Lumila Tcherina était fraîchement fleurie de cyclamen. Un monsieur tout nu (même qu’on lui voit son zizi a pouffé Léone) était assis pour l’éternité. J’ai été saluer Nijinski et Sanson, mais j’ai évité Dalida. Et pris de nombreuses photos que je ne verrai pas tout de suite puisque j’ai encore oublié de porter les films à développer.

Nous avons fini par rentrer à la maison. C’était l’heure du goûter. Lou était déjà rentrée. Et Léone lui a dit : « On a été dans un cimetière et on a vu plein de morts… »

Voici ma participation photographique à la première session du Dyptique.

On y voit des fleurs en tergal et d’autres naturelles. Aucune n’est en plastique. Parce que, moi, je ne suis pas comme ça… Il y en a en céramiques. Ce sont mes préférées… Elles sont kitschissimes. Mais chut, ne le dites à personne. Quand je ne serai plus là, ça m’embêterait (enfin façon de parler) qu’on se ruine pour la décoration d’une tombe dont je ne profiterais pas. Sans fleurs ni couronne, s’il vous plaît. Et pendant que vous y êtes, s’il est encore en suffisamment bon état, donnez ce que vous pouvez à la science. Il n’y a pas assez de donneurs.

Mais déconnez pas, le plus tard possible quand même…

Ha oui, avant que j’oublie, ce jeu, je ne savais comment le nommer. Et c’est dame Kozlika qui me l’a suggéré. Elle est toujours de bon conseil.

Le vendredi 21 octobre 2005, 10:06 par jalb

Tiens, ça me rappelle que mes grands-parents paternels y sont enterrés.