Il m’arrive souvent des choses bizarres. En ce moment ce sont des petits coups de malchance. Le magnétoscope qui change les canaux, mon disque dur qui se met en grève…

Plus troublant, il y a quelques années, j’ai vu un Ovni ! Ça paraît curieux, voire improbable. Je vous l’avais bien dit qu’il m’arrivait des choses bizarres. Et ce soir-là, je n’avais rien bu. Juste un bière, au journal. C’était soir de bouclage. Pendant qu’on travaille, on commande à dîner. Je ne sais plus ce que que j’ai mangé cette fois-là, mais c’est vrai que j’ai bu une bière. Mais rien d’autre. De toute façon, il n’y a que ça, des bières et de l’eau. Avant, il y a longtemps, on commandait du vin. Mais certains restaient juste pour se piquer la ruche. Ils commençaient alors à refaire le monde, à s’invectiver, ou à se taper sur le ventre et on avait un mal fou à bosser avec ces zigottos. Mais ce temps là était dieu merci bien fini. Alors, je n’ai pu boire qu’une bière. J’insiste. Non, parce que c’est une conclusion qu’on tire assez vite quand on a quelqu’un en face de soi qui dit avoir vu des Ovni. Mais ce n’est pas ce que vous pensez. Je le jure.

Bref, vers minuit, comme nous en avions terminé, j’ai enfourché mon vélo et j’ai pris la direction de la maison. La nuit était transparente et glaciale. Il n’y avait pratiquement pas de voitures. Boulevard des Batignoles, allant vers la place de Clichy, je pouvais voir le Sacré Cœur, cette espèce de chantilly construite pour remercier Dieu d’avoir écrasé la commune. Mais enfin, la nuit, éclairé comme il l’était, avec la pleine Lune juste au dessus, il était presque beau. En tout cas, c’était agréable à regarder.

Et puis soudain, j’ai vu un truc si incroyable que j’ai fait une embardée et j’ai manqué de peu me casser la figure. Deux ombres brillantes étaient passées à vive allure devant le monument et venaient droit sur moi. J’ai cru être dans un mauvais rêve, un truc genre remake de Mars Attack. Je n’avais qu’une idée en tête, me planquer. Comme j’étais à la hauteur du parking-fourrière de Rome, je n’ai pas demandé mon reste, j’ai tout laissé sur le boulevard et j’ai couru me mettre à l’abri à l’intérieur. Je n’avais pas du tout envie de me faire repérer, seule, sur le boulevard.

C’était idiot, parce que mon vélo, il était évidemment pas venu là tout seul, hein ? N’importe qui pouvait penser que je n’étais pas loin. Mais enfin, les deux engins sont passés au ralenti au dessus de ma tête – je n’osais pas bouger, même pas respirer – puis ils sont repartis à toute allure. Le temps de faire ouf et ça a fait pschiiiit. Plus rien, que moi, mon vélo au milieu de la chaussée. J’ai repris ma bécane en direction de la maison. Ce foutu Sacré Cœur brillait toujours sur sa colline. Mais pour une fois, j’étais plutôt contente de le voir.

Ce que je ne savais pas, c’est que les deux soucoupes étaient derrière moi et me suivaient en silence. J’allais arriver place de Clichy quand j’ai entendu une voix formidable : « Au nom de Nicolas Sarkozy, nous vous ordonnons de vous arrêter. » Pour m’arrêter, je me suis arrêtée. Je me suis même payée un beau gadin. Imaginez… Vous avez déjà eu ce que vous croyiez être la frayeur de votre vie, vous êtes tranquillement en train de rentrer chez vous, et vous entendez ça : « Au nom de Nicolas Sarkozy, je vous ordonne de vous arrêter. » J’ai cru que le cœur allait me manquer.

Le cul par terre, j’ai vu les deux engins posés l’un à côté de l’autre, comme ça, en plein boulevard des Batignolles. Ça clignotait de partout, on se serait cru dans un fête foraine. Je me suis relevée, j’ai redressé mon vélo. Avec toutes les couches de vêtements que j’avais sur moi à cause du froid, je ne m’étais pas fait mal. Pfff, heureusement, il n’aurait plus manqué que ça. Et j’ai attendu. Je ne me suis même pas posée la question de l’incongruité de la chose. De la part d’Iznogoud, de toute façon, plus rien ne m’étonnait. Depuis quelques années, les mesures sécuritaires n’avaient fait que croître. Nous devions obligatoirement nous déplacer avec nos cartes d’identité sur lesquelles il y avait un puce qui permettait de nous suivre à la trace. Il y avait des capteurs partout, des caméras aussi, jusque sur le Sacré Cœur. Vous dire. Alors qu’il recrute des super flics venant d’une autre planète, il en était bien capable…

J’attendais donc, debout à côté de mon vélo. Quoi ? Je ne sais pas, un mouvement du côté des soucoupes, des ordres, un contrôle. Mais rien. Je commençais sérieusement à avoir froid. C’est alors que j’ai entendu un grand éclat de rire. Les deux soucoupes sont d’un coup et, visiblement, à voire la conduite, ça avait l’air de bien se marrer à l’intérieur. Avant qu’elles ne disparaissent, j’ai entendu une voix dire : « Ces Terriens, ils sont vraiment cons. Toujours prêts à croire n’importe quel bobard… »

Comme vous tiens. C’est vrai, il m’arrive souvent des choses bizarres. En ce moment ce sont des petits coups de malchance : le magnétoscope qui change les canaux, mon disque dur qui se met en grève… Mais voir des Ovni, sincèrement… Le seul que j’ai vu, c’était le Concorde. Oui, vous savez bien, l’Objet Volant Nettement Invendable… Le reste n’est que… racontars.

Ce billet constitue ma participation au jeu en sablier j-3 avant la fin des blogs organisé par Kozlika. C’est pas terrible, mais j’ai quelques neurones en moins et c’est le bordel dans mes synapses après un rude bouclage… Mais l’important n’est-il pas de participer ?

1. Le vendredi 30 décembre 2005, 15:08 par Vroumette

Coool, les aliens ont de l’humour !

2. Le vendredi 30 décembre 2005, 17:28 par luciole

Rire! C’est rigolo quand tes conexions synapsiques déconnent !!! bises!