Depuis qu’un communiqué du ministère de l’Education nationale a annoncé que le ministre allait réfléchir à une sanction plus juste que la révocation, nous avons été nombreux à nous réjouir, à raison. Mais il ne faut pas baisser la garde pour autant. Comme l’explique si bien Kozlika dans son billet du jour, le ministre a deux mois pour répondre à la demande de recours gracieux de Garfieldd. En attendant, la sanction prononcée court toujours, et notre bloggueur se retrouve sans emploi, sans assurance chômage et sans toit.

Il est urgent de dire au ministre que la situation est grave, que sa réponse est urgente. Et lui suggérer aussi que, quatre mois de suspension c’est largement suffisant pour des fautes (« pornographie et obscénité ) qui ne sont pas avérées.

Je sais d’expérience que les hommes de pouvoir n’aiment pas trop perdre la face et reconnaître leurs erreurs, même si elles ont été provoquées par de mauvais conseils. Et que ces mauvais conseils là, eux, ont en horreur toute remise en question. De quoi auraient-ils l’air. Et que pour pouvoir les laisser prendre une décision qui nous semble à nous juste et normale, il faut leur laisser une marge de manœuvre, qu’ils puissent se déjuger sans se déjuger. Admettre qu’ils se sont plantés de cible sans le dire.

Deux réactions sont en effet possibles. Que le ministre mute Garfieldd et éventuellement lui donne un blâme. Il préserve l’honneur de la commission qui lui a demandé la révocation (il y a bien faute) mais il redonne vie à Garfieldd en lui redonnant un poste, un travail. Il est aussi tout à fait possible qu’excédé par le ramdam que nous pouvons faire, il veuille donner un exemple avec une sanction certes moins infamante que la révocation mais toujours très dure pour notre bloggueur : ce n’est pas la rue qui gouverne ! Une fois que la décision sera tombée, nous ne pourrons plus faire grand-chose.

Alors, il faut rester mobilisé, attentif, dire et redire tout le bien que nous pensons du blog de Garfieldd, de ce qu’il nous apportait, de son intelligence. Continuer à réfuter la pseudo pornographie et obscénité. Et surtout démontrer tout le gain que pourrait retirer l’Education nationale à se montrer magnanime et en réhabilitant un fonctionnaire certes parfois critique, mais fidèle et qui aime son métier.

Bref, c’est pas de la tarte. Nous devons avoir une action concertée. C’est pour cela que je veux aider ceux qui ont créé le blog de soutien à Garfieldd. Et que chose n’est pas coutume, je vais l’ajouter dans mes liens.

Notre influence, si elle existe, ne sera que dans notre capacité à alerter l’opinion publique de façon suffisamment efficace, dans notre capacité à alerter les médias, à les informer, à les aider à faire leur métier. Et ainsi, faire suffisamment pression pour que l’affaire soit jugée au mieux. Car nous, sans les médias, nous risquons de passer pour une bande d’excités. Qui sont en effet ces Racontars, ces Kozlika, ces M. le Chieur, ces Rouge-Cerise, et même Veuve Tarquine et Eolas, etc. Des bloggeurs ? Autant dire de dangereux agitateurs. Ce n’est quand même pas la rue qui…

J’en profite pour dire que tous ceux qui tirent à boulets rouges, ceux qui affirment que la presse n’est plus rien, qu’elle est moribonde et que les blogs sont les nouveaux médias de réfléchir un peu avant de dire des âneries. Les bloggueurs ne seront jamais des journalistes, et c’est tant mieux. D’abord parce qu’ils ne seraient plus aussi libres de dire ce qu’ils pensent et ce serait beaucoup moins drôle. Ensuite, parce qu’ils ne pourraient être que des mauvais journalistes. De ceux qui ne respectent pas la déontologie.

Dans une affaire telle que celle de Garfieldd, un journaliste (qui fait correctement son boulot s’entend) doit non seulement rendre compte des faits (révocation), des raisons, vérifier ses sources plutôt deux fois qu’une et prendre l’avis de Garfieldd comme celui de ceux qui l’accusent, sans donner le sien ni sur le fond de l’affaire ni sur les protagonistes. Et enfin mettre le tout en cohérence.

Un blogueur rend compte de la sanction, éventuellement du contenu (sans toujours aller voir), se fie à ce qu’en disent les autres, surtout si c’est bien écrit, parce que Garfieldd, il ne le connaît pas vraiment et qu’en plus il ne le lisait pas ou pas beaucoup. Et surtout, ce n’est pas lui qui va décrocher son téléphone pour tenter d’avoir l’avis du rectorat ou du Ministère. Le plus souvent, il va se contenter de les traiter d’incapables. Je n’appelle pas cela faire du journalisme.

Malheureusement, il faut bien constater aussi que tous les titulaires de la carte de presse ne font pas du journalisme non plus. Cela ne retire rien à tous ceux qui font bien leur boulot, eux. Et n’ajoute rien à ceux qui veulent les imiter. Rien n’empêche un blog de devenir un vrai journal en ligne. Mais la charte est longue et dure à appliquer tous les jours. Vérifier une information, ce n’est pas facile, cela demande des moyens, du temps, du métier. Ne mélangeons pas tout. Cela n’aiderait en rien notre chat.

1. Le mardi 24 janvier 2006, 09:40 par Ally/Jimini

Alors ça s’est marrant, je connais bien ton site de flickr et je suis tombée sur ton blog par ton commentaire sur le « blog du monde qui avance » que je fréquente régulièrement, comme quoi la blogosphère n’est pas si grande que ça !
Bonne journée,
Ally~ (www.flickr.com/photos/all…

2. Le mardi 24 janvier 2006, 14:10 par Akynou/racontars

Bienvenue Ally. oui, la blogosphère est toute petite :-)

3. Le mardi 24 janvier 2006, 20:34 par Erin

En réponse à ton commentaire chez le Chieur, j’ai posté ce qui suit. Je me permet de te le retranscrire ici, puisqu’une partie de ton billet est l’écho dudit commentaire. (Bien évidemment, si tu le juges déplacé, tu peux le supprimer)

« Akynou Pratiquant le FDP depuis 19 mois, je connais un peu le bonhomme et sa façon de s’exprimer. Hors il me semble qu’il y a mauvaise interpétation de ses propos. Sans doute sa façon justement.

Il n’a pas voulu dire que les blogs devaient remplacer les journaux, mais que la population que nous représentons a un certain droit de réponse. Pour prendre une image, je dirais que nous sommes comme ces gens qui défilent dans la rue pour revendiquer. A part que nous écrivons et que les écrits restent.
Il a voulu montrer que parfois les journaux, sans doute dû à la baisse de leur lectorat, se jettent sur une affaire pour en faire un gros titre, mais avec un certain manque de professionnalisme (en référence à Libé). Loin de lui l’idée de condamner tout journaliste.
Il semble évident dans cette affaire, que les blogs ont eu un certain rôle.

Loin de moi l’idée de croire que c’est uniquement grâce à notre mobilisation que le ministre est revenu sur sa décision, mais je pense qu’elle a été une pierre de plus à l’édifice. Plus de gens mobilisés, plus de contestation, et plus de chance pour faire réfléchir, voir même infléchir les personnes concernées. Je pense que c’est dans cette optique aussi que FDP a parlé de 2007. A nous de rester vigilants, quelque soit les sujets. Relayer une info, en montrer l’erreur s’il le faut, contester, monter au créneau… Apprenons que la blogosphère a un certain pouvoir, celui que doit/devrait avoir tout citoyen. A ceci près, que nous avons la rapidité, la (relative) facilité de faire de la masse en un minimum de temps. Apprenons à nous en servir à bon escient et pour de bonnes et justes causes. »

4. Le mercredi 25 janvier 2006, 22:23 par languefran…che

« We endorse the Bienveillance pour Garfieldd. Petition to Monsieur le Ministre de l’éducation nationale. » une pétition! bien sûr à signer ! … mais pourquoi EN ANGLAIS ! !!!!!!!!

5. Le mercredi 25 janvier 2006, 23:50 par Akynou/racontars

Le posteur au dessus : je ne sais pas de quoi tu parles. Moi je l’ai signée en français. Ici new.petitiononline.com/Ga…