Voici l’histoire d’une famille sans papiers en passe d’être régularisée. Une famille exemplaire, mais très réelle, un père, une mère enceinte, deux enfants de 6 et 4 ans, scolarisés dans l’école du quartier dans lequel il sont nés et ils vivaient.
Sans logement depuis février 2005, ils ont logés dans des hôtels plus ou moins insalubres et surtout de plus en plus loin de leur quartier et de l’école des enfants par un Samu social totalement sourd aux demandes répétées de la famille, des parents d’élèves et des élus
Depuis lundi, les deux enfants ne vont plus à l’école, pourtant obligatoire. La grossesse de leur mère se passe mal, elle doit restée alitée. Elle a déjà été hospitalisée deux fois. Le père, lui doit travailler. Il n’y a donc personne pour les emmener
Si les dates sont les vraies, les prénoms des parents et des enfants ont été modifiés pour leur éviter de possibles ennuis ultérieurs.
Je vous demande de lire ce texte, écrit par une mère d’élèves qui suit et aide cette famille depuis le début. Et de relayer l’histoire de la manière qui vous plaira. Parce que nous sommes tant démunis devant l’incompréhensible que notre dernière arme est de mobiliser l’opinion publique.
Si vous acceptez de relayer cette triste histoire, merci de m’en avertir en faisant un lien ici.
Et si quelqu’un parmi vous veut nous donner un coup de main, mon mail est ouvert akynou[arobase]nousautres[point]net.
Merci
Aya et Béchir T sont tous deux nés au Maroc. Arrivés respectivement en France en 1996 et 1990, ils s’y sont mariés en 1998. Leur premier enfant, Nour, naît en 1999. Karim naît deux ans plus tard, mais ce petit bébé a une santé fragile : il a un seul rein fonctionnel et souffre d’asthme.
Depuis leur arrivée en France, Béchir et Aya ont vécu dans le 18e arrondissement chez une parente. Leurs ennuis commencent en 2003, quand l’Opac leur demande de déménager car ils sont trop nombreux pour vivre dans le deux-pièces. En janvier 2004, ils s’installent dans un studio prêté par une parente plus éloignée, rue des Martyrs. Mais l’année suivante, le studio doit être libéré pour loger la fille de la propriétaire, qui vient de se marier.
Sans papiers, sans logement, Aya et Béchir appellent le 115, numéro vert d’urgence du Samu social, qui leur trouve une chambre d’hôtel à Drancy. Ils ont un toit d’accord, mais pas d’eau chaude, il y a des cafards plein la chambre et il y est impossible de faire à manger. Avec deux enfants en bas âge, en plein hiver, ils ne sont plus dans la vie, mais dans la survie. Et puis Nour, 5 ans, et Karim, 3 ans, ont plus d’une heure et demi de transport par jour pour aller à l’école. Ils sont fatigués, ils s’endorment en classe. Karim n’en peut vraiment plus. Les prents d’élèves, alertés, choqués par cette situation imposée à de si petits enfants, se mobilisent.
La famille aurait certes pu scolariser leurs enfants à Drancy, mais le Samu social peut changer une famille n’importe quand et du jour au soir même, en fonction des disponibilités hôtelières à Paris ou en région parisienne. Ou des lubies de certains intervenants. Ou des intérêts de certains hôteliers. Les enfants seraient alors obligés à changer d’école autant de fois que d’hôtels, parfois une dizaine de fois dans le même trimestre. Et puis c’est dans notre quartier que les parents, comme les enfants, ont un noyaux d’amitiés et de solidarité qui leur permettent de tenir le coup.
Mais les parents d’élèves se heurtent à une machine administrative froide, qui n’accepte aucun autre interlocuteur que la famille elle-même ou un travailleur social. Le problème, c’est que l’assistant social scolaire est en congé maladie longue durée et que, sans papiers, la famille n’a droit à aucun appui de la part des services sociaux de la mairie. A chaque fois, nous avons une personne différente au bout du fil, qui ne donne pas l’impression d’être au courant ni d’être un tant soit peu concernée par le problème. Florilège des réponses : le trajet n’est pas si long ; il n’y a pas de cafards ; le petit, s’il est malade, n’est pas obligé d’aller à l’école…
Le 25 mars, excédés t inquiets, les parents FCPE de l’école écrivent au Samu Social pour rappeler l’état de santé de Karim, l’alerter sur la durée des trajets imposée aux enfants, l’état d’hygiène insuffisant de la chambre d’hôtel. Au nom du droit des enfants à suivre une scolarité stable, ils exige un relogement plus proche de l’école Orsel. Ce courrier est resté sans réponse, et les tentatives téléphoniques de la Direction des Affaires Scolaires se soldent par un échec : le Samu social reste sourd à toute intervention.
Et puis, miracle, les 13 et 14 avril, la famille est logée dans un hôtel du 15e arrondissement. On ne peut pas cuisiner, mais l’école est accessible. C’est un répit de très courte durée, deux jours. Le 14 avril, Béchir et Aya sont relogés dans un hôtel au Bourget, en Seine-Saint-Denis. soit encore plus loin. Cette fois-ci, les enfants ont deux heures de trajet par jour pour aller à l’école.
Fin mai 2005, la FCPE fait circuler une pétition auprès des parents de l’école Orsel pour alerter les élus du quartier. Elle recueille plus de 200 signatures pour l’école (qui accueille 250 enfants). Un rendez-vous sera fixé très vite avec M. Caresche et M. Vernat, directeur de cabinet du maire, intervient auprès du Samu social. Un dossier complet sur la famille est constitué et transmis mi-juin à chacun de nos interlocuteurs. Le 23 juin, M. Vaillant adresse un courrier au préfet de Paris pour qu’il intervienne auprès du Samu social et soutienne la demande de régularisation de la famille. En juillet, c’est le député de la circonscription, M. Caresche, d’intervenir. Mais la famille T passera tout son été au Bourget.
En septembre, Nour entre au CP, rue Foyatier. C’est une petite fille volontaire qui ne veut surtout pas manquer un jour d’école. Elle et Karim sont debout à 6 heures le matin. Leur mère, Aya, est enceinte. Elle les accompagne chaque jour. La nouvelle assistante sociale scolaire reprend le dossier mettant en avant la situation médicale de la famille. rien ne bouge. Les élus, à nouveau contactés se mobilise aux côtés des parents. Fin novembre, Béchir et Aya reçoivent une convocation pour le 15 décembre à la Préfecture de Police de Bobigny, où le dossier a été transféré. L’entretien, très courtois, laisse présager un examen favorable de leur demande de régularisation.
Une bonne nouvelle qui sera immédiatement tempérée par une mauvaise : début décembre, le Samu social contacte l’hôtel au Bourget et annonce un changement d’hôtel pour la famille T. De sa propre initiative, un responsable de l’hôtel répond qu’il est préférable pour la situation administrative des T qu’ils restent au Bourget ! De quoi se mèle-t-il et surtout pourquoi le Samu Social l’écoute lui alors qu’il est resté sourd aux demandes des parents d’élèves et des assistants social.
En attendant, grâce au élus du 18e, les démarches de régularisation progressent dans le bon sens. Une convocation de la Préfecture de Seine-Saint-Denis pour le 20 janvier parvient à Béchir et Aya Hassan. Le jour dit, ils obtiennent un récépissé de demande de carte de séjour de 1 an valable 3 mois. Et le 6 janvier dernier, enfin, les T obtiennent une place dans un hôtel Place de Clichy, non loin de l’école. Logés à deux stations de métro de l’école, les T auront de plus bientôt une carte de séjour qui leur permettra de travailler, chercher un logement, se stabiliser ! Nous n’avons pas sabré le champagne, mais le cœur y était. Les parents de l’école orsel continue cependant de veiller que la famille d’autant que la grossesse d’Aya connaît des problèmes. Pendant les vacances de février 2006, elle est hospitalisée une semaine à Lariboisière. Fatiguée, le médecin lui délivre un certificat médical lui indiquant de rester au repos.
Et le 24 février, c’est la catastrophe. Alors que L’assistante sociale obtient du Samu social la confirmation du maintien de la famille T à l’hôtel de la place Clichy et des services sociaux de la mairie du 9e le suivi de la famille, la famille T reçoit à l’hôtel un appel du Samu social : elle doit quitter immédiatement l’hôtel de la Place de Clichy pour se rendre dans un hôtel aux confins de Bobigny (4 stations de tramway après le terminus). Madame T proteste qu’elle a passé une semaine à l’hôpital, que, sur avis médical, elle ne doit pas bouger. Qui accompagnera les enfants à l’école ? Si son mari les accompagne, comment pourra t-il travailler ? L’interlocutrice de Madame T lui dit que « ce n’est pas son problème ». Monsieur T tente à son tour de la convaincre, sans succès.
Les parents et les deux enfants prennent donc le métro, le RER, le tramway, avec leurs quelques bagages, et partent pour Bobigny, à la limite de Drancy. La nuit même, Aya perd du sang. Elle est de nouveau hospitalisée pour une semaine. L’assistante sociale de l’école ne parvient pas à joindre le Samu social. Elle leur faxe un courrier et le certificat médical délivré par l’hôpital à Aya.
Béchir doit désormais impérativement travailler pour nourrir sa famille et pour obtenir la carte de séjour (le timbre fiscal coûte 220 euros par personne, soit 440 euros en tout). La convocation à la Préfecture est prévue pour le 19 avril prochain et ILS N’ONT PERCU A CE JOUR AUCUNE AIDE FINANCIERE D’AUCUNE SORTE, FAUTE D’UN DOMICILE FIXE !
Le 9 mars, Béchir reçoit un appel du Samu social : le contrat avec l’hôtel de Bobigny est reconduit…jusqu’au 14 avril ! Il a beau dire qu’il va devoir retirer ses enfants de l’école, le Samu affirme ne rien pouvoir y faire.
Depuis lundi, les enfants ne vont plus à l’école. Ils restent dans leur chambre d’hôtel avec leur mère pendant que leur père essaie de réunir la somme nécessaire pour les nourrir et payer les timbres fiscaux. Les parents d’élèves, les enseignants sont attérés. Que faire maintenant, quelle solution trouver. Comment continuer à les aider. Et puis surtout, au-delà, comment accepter que nous, contribuables, financions une politique de survie des étrangers sur notre territoire si coûteuse et pourtant si inhumaine et inefficace ?
La bataille pour l’obtention des papiers est une bataille de haute lutte à l’heure où il n’est pas question de faire profiter à un petit nombre d’étrangers une infime part de notre chance insolente, celle d’être née au bon endroit au bon moment.
Cette chance, eux seuls peuvent la comprendre. Que faut-il vivre ailleurs pour estimer être une chance de vivre ici ? Au bout d’au moins dix ans de présence illégale sur le territoire, rêver d’obtenir une carte de séjour de un an, et alors certes recevoir des allocations familiales, bénéficier d’un système de santé favorable, mais aussi travailler dans les pires emplois, payer des impôts comme les autres et pourtant, être méprisés, subir le racisme, le reproche ouvert ou tacite permanent de puiser dans la douce manne de la nation, sans jamais pouvoir toucher du doigt le rayonnement merveilleux qui couronne…LE VRAI FRANÇAIS.
Dommage, le père de Béchir y a cru un instant, le jour où il a combattu pour la France, en 1940. Sa démonstration de bravoure n’a de toute façon pas sa place dans le dossier de demande de régularisation constitué en Préfecture.
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La discussion continue ailleurs
- 1. Le mardi 14 mars 2006, 14:16 par Anne Jean-Alain Hugo et Antoine
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A l’aide: Une famille en danger
URGENT! « Voici l’histoire d’une famille sans papiers en passe d’?e r?laris? Une famille exemplaire, mais tr?r?le, un p?, une m? enceinte, deux enfants de 6 et 4 ans, scolaris?dans l’?le du quartier dans lequel il sont n?et…
- 2. Le mardi 14 mars 2006, 14:54 par Le blog du monde qui avance
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Qui veut la peau de B?ir et Aya ?
Les parents sont immigr?marocains et tr?courageux. Mais l?le sort s’acharne sur eux et ils ne savent plus comment s’en sortir… Le sort… Le sort s’appelle en fait Samu social. On pourrait croire qu’une belle organisation comme ?aurait
- 3. Le mardi 14 mars 2006, 17:14 par jiminisphotoblog
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Un toit et une ?le pour Nour et Karim
Parce que la democratie, c’est aussi se mobiliser pour lutter ensemble contre les aberrations de notre societe, pour que Nour et Karim aient un toit et une ecole, faisons circuler le message !
- 4. Le mardi 14 mars 2006, 18:07 par Le Mobilhome virtuel
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Samu social : famille en danger !?
Comme je n’ecris pas aussi bien que Delphine je vous renvoie icipour son billet et l?our la chronique originale. Bref, pour conclure, de l’art de rendre les choses compliqu? quand on peut faire simple. Affligeant….
- 5. Le mercredi 15 mars 2006, 16:26 par monblognotes
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Je me plains de tout, de rien, et je ravale tout quand je sais qu’il y a des gens qui, comme Aya et sa famille, ne connaissent pas la qui?de d’un foyer o?s peuvent poser leurs valises, d’o?s enfants peuvent aller ?’?le en moins d’une heure,…
- 6. Le mercredi 15 mars 2006, 22:06 par Le blog à Nounou !!!
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Aya, Béchir, Nour et Karim existent…
Si vous avez des idées, si vous avez une toute petite place sur votre blog pour parler d’eux, faire en sorte qu’ils ne disparaissent pas complètement dans l’indifférence générale, merci de…
- 7. Le jeudi 16 mars 2006, 14:46 par Leeloolene
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Voici l’histoire d’une famille. Une famille exemplaire, mais tr?r?le, un p?, une m? enceinte, deux enfants de 6 et 4 ans, scolaris?dans l’?le du quartier dans lequel il sont n?et o?s vivaient. Ils sont sans papiers mais en passe d’?e…
- 8. Le jeudi 16 mars 2006, 14:47 par Leeloolene
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Ce r?t vous semble d’une banalit?ffligeante… une famille de plus, de moins sans papier, qu’importe. Mais justement, cette fois, Aya, B?ir, Nour et Karim auront peut ?e la chance de ne pas tomber dans l’indiff?nce g?rale…
- 9. Le vendredi 17 mars 2006, 15:56 par Métaphore, il fait froid dehors !
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… Mais bon, je peux me permettre ce genre de choses parce que je suis un privilégié. D’autres ne s’amusent pas à ce genre de choses, voire même se battent ne serait-ce que pour essayer d’envoyer leurs enfants à l’école et les faire manger …
- 10. Le vendredi 17 mars 2006, 22:42 par Blogue de Zub
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Voici l’histoire d’une famille sans papiers en passe d’?e r?laris? Une famille exemplaire, mais tr?r?le, un p?, une m? enceinte, deux enfants de 6 et 4 ans, scolaris?dans l’?le du quartier dans lequel il sont n?et ils…
- 11. Le vendredi 17 mars 2006, 22:59 par Vie Commune
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Depuis plusieurs jours, Akynou se bat comme une diablesse pour faire avancer le dossier d’une famille parisienne qui se trouve en situation de d?esse… O?on apprend que le Samu Social de Paris ne brille pas par son efficacit? le manque…
- 12. Le dimanche 19 mars 2006, 10:46 par Traou
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Je vous invite ?ire chez Akynou le r?t de la situation intol?ble de la famille d’Alya : une maman dont la grossesse se passe mal, deux petits enfants emp??d’aller ?’?le parce que le Samu social les ballade d’h? en h?…
Bon, j’ai fait un petit billet dans mon blog, mais hélas je ne sais pas quoi faire d’autre…
Merci princesse. J’ai repris et raccourcis le long memo fait par ma copine qui suit le dossier pour le rendre plus lisible. Il nous faudrait une couverture presse pour faire bouger les choses. Mais c’est pas des plus facile à obtenir. Si il y avait une chaîne de gens concerné sur les blogs, ça ferait peut-être bouger mes confrères…
Akynou, contacte Loïc Le Meur. Il adore que les blogs fassent bouger les choses. Tu peux t’inscrire aussi sur Agoravox (www.agoravox.fr) pour avoir plus d’audience pour ton billet. Je relaie sur mon blog, déjà, en espérant que ça suive !
Transmets mon soutien à la famille.
Bonjour,
j’ai fait passer le message aussi. Tiens-nous au courant et croisons les doigts pour que les choses changent.
Bonjour
Le blog de PrincessH m’a alertée. Suis démunie, que faire sans carnet d’adresse, sans fortune – les assedics sont pas assez généreux – dommage, me srai bien reconvertie dans le mécénat… Je garde ton blog à l’oeil et jmets un ticket de rer à gauche pour un éventuel soutien, une manif, un sitting, autre chose…
Sabinata
Bonjour
j’ai fait passer autour de moi,
je te suggère de publier ton article sur ce site :
paris.indymedia.org/
c’est un site de média indépendant où tout le monde peut intervenir,
en esperant que ce soit utile…
que peut on faire ? une pétition ?
Je ne sais pas trop. Il faut que je trouve sous quelle autorité est placée de Samu social pour luid ire ce qu’on pense de cette institution. Que le maximum de personne le dise. On va sans doute relancer une pétition. Il faudrait absolument que la presse se bouge un peu. Juste un peu. Avant qu’il n’arrive un malheur. S’il y a malheur, je ne me fais pas de soucis, la presse sera là. MAis ce serait bien qu’elle informe avant…
Les nouvelles ne sont pas bonnes. Je ferai un post demain matin là dessus.
Merci en tout cas à tous ceux qui ont relayés.
www.samusocial-75.fr/arti…
le statut (GIP) et la composition du conseil d’administration du samu social de paris. si c’est celui de paris qui est concerné.
Je pense à un truc, y aurait pas des parents d’élèves prêts à s’organiser pour passer chez les enfants pour les emmener et les ramener le temps qu’ils soient rapprochés ? Je sais que ça fait loin, mais ça serait peut-être une solution rustine pour qu’ils aillent à l’école.
Jimini, on peut faire beaucoup de choses, mais quatre heures de transport pour aller chercher puis ramener des enfants à l’école, ça va peut-être pas le faire. Si Nour et Karim ont une heure pour venir et une heure pour rentrer, nous aurions nous une haure pour aller les chercher, une heure pour les ramener (donc départ 6h30 pour être à l’école à 8h30). La même chose pour les ramener à l’hôtel le soir. Ça en trasport en commun. En voiture, à cette heure là, ça risque d’être pire…
Oui, c’est clair, j’avions oublié combien la voiture le matin, c’était pas le pied à Paris… comme quoi, une fois qu’on a enfin fui, l’esprit s’efface vite…
tiens-nous au courant si on peut faire autre chose en tout cas.
Bonjour,
J’ai fait un petit lien pour passer le relais. J’espère sincèrement que tout va s’arranger.
Nous sommes une famille K. Nous sommes venus de l’Ukraine en 2002. Nous avons deux enfants Anna 8 ans et Nadia 6 mois. Notre l’histoire est pareille. Notre avocat Mm.Martineau nous a menti en prenant nos ergents, en plus la comission CCR a reçus des ordes! Donc evidement qu’on a reçu le rejet! Pourtant, mon mari est ingeneur en informatique, encien professuer en college et ancien candidat en depute en l’Ukraine! On avait toutes les papiers qui prouve qu’on nous menace même maintnant. Tout les tribunals administrativ de Paris ont confirmé notre rejet! Alors, maintnant nous sommes otages de system, nous ne pouvons pas retourner en Ukraine et nous ne pouvons pas vivre comme les être humain sans papiers. Grace à la France mon marie est devenu un homme tres depressive et un misère de France.
euh, c’est vrai cette histoire est touchante, mais combien de familles dans ce cas là ?
le samu social et les associations ne sont-elles pas tout simplement débordées ?
je ne veux pas défendre le samu social, mais j’ai comme le sentiment qu’on a tord de lui jetter des pierres…
oui… il est nécessaire de se préoccuper d’avoir les moyens de sa politique !… loin de moi l’idée de vouloir faire de l’humour « noir » sur le dos de la misère… mais cela me rappelle une histoire qui s’est déroulée en des temps pas si lointains : un journaliste s’était ému des conditions dans lesquelles vivaient des personnes dans des camps de réfugiés quelque part en Asie… la presse occidentale suivie par de nombreux politiques avaient très officiellement protesté contre ces conditions inhumaines… le pays incriminé répondit alors : « vous les voulez ? on vous les envoie, il y en a une dizaine de millions… » … bizarrement, on n’entendit plus jamais aucun écho de cette histoire qui fut oubliée aussi soudainement qu’elle explosa… il s’agissait de la Chine, et les pensionnaires des camps étaient des personnes qui avaient tenté de fuir leur pays, mais avaient été interceptées avant…
pssttt : je ne vois pas le rapport.
le rapport est : doit-on soutenir ce type d’action ? considérant que sa réussite ne ferait qu’inciter à décupler les volontaires à l’exil sur nos terres… je veux dire par là que nous ne pouvons pas tous monter sur le même bateau au risque de couler…
je préfèrerais soutenir une action qui contribue à inciter ces immigrants du désespoir à trouver leur place dans leur pays d’origine…
je soutiendrais également bien volontiers toute action obligeant l’administration à rendre sa comptabilité et son action transparentes…
Pssst : Et tu proposes quoi ? Tu préfèrerais soutenir… d’accord, mais tu fais quoi concrètement ? Si tu as un plan, je serai ravie que tu le partages. Un truc concret tu vois. Parce que s’arrêter aux vœux pieux, c’est un peu facile. Sur le fond, je suis bien d’accord avec toi, il serait plus sage d’aider les gens à s’en sortir dans leur pays. Fatou Diome a d’ailleurs écrit un très beau roman sue la question. Mais, en l’occurence, de la famille d’Aya, tu fais quoi ? Tu les laisse crever sur place ? Tu la laisses faire une fausse couche dans le métro ? Juste pour inciter les autres à ne pas venir ? Aya et son mari sont en France depuis plus de quinze ans, ils s’y sont mariés, ils y ont eu des enfants. Comme mes arrières-grands-parents. Et comme les grands-parents de plus de 15 millions de français. Ils y ont quasiment toute leur famille. Et puis, je vais te dire, moi, j’aide les gens quand ils sont dans la merde. Et je me fous de savoir s’ils viennent de France, de Navarre, du Maroc, d’Afrique noire, d’Asie ou d’Amérique latine. Je suis peut-être pas regardante, c’est vrai, mais la préférence nationale, c’est pas mon truc.
concrètement ? je choisis des produits issus du commerce équitable dans mes achats… à la machine à café au boulot, je choisis toujours le café « commerce équitable » même si plus cher et moins bon que l’autre… c’est peu… j’en conviens… et pourtant…
à long terme, l’évolution en est bien plus enviable que ta proposition…
pour le reste de tes arguments, j’aurais beaucoup à commenter, mais je ne suis pas sûre que tu sois demandeuse…