« On a la nostalgie de ce qui aurait pu être et qu’on n’a pas eu. Or comme normalement on exerce son imagination et que l’écrivain le fait souvent, on pense aux possibilités que la vie nous a offertes et que nous n’avons pas compris à certains moments et qui nous ont échappé. C’est toute la palette et toute la vaste possibilités que la vie nous offre. Nous sommes très limités, nous, les hommes et les femmes. Nous pensons que nous sommes puissants, mais ce n’est pas vrai, nous sommes très très limités et vraiment notre main termine là ou termine notre bras, pas plus loin. Heureusement nous pouvons créer des univers parallèles, des univers qui n’existent pas, c’est ça la création. C’est ça ce que la littérature nous donne. Elle nous donne les choses qui n’existent pas et donc c’est une création. C’est ajouter quelque chose au monde qui n’existe pas. C’est aussi une forme de nostalgie. Vivre une histoire que nous n’avons pas vécu ou qu’on aimerait avoir vécu ou qu’on pourrait vivre, mais ce n’est pas possible. Alors la littérature, c’est une forme de compensation à la limitation de la nature humaine. »

C’est ce que disait Antonio Tabucchi, aujourd’hui, dans « Cosmopolitaine », l’émission de Paula Jacques, dont on peut écouter le podcast sur le site de France Inter.

  1. Le mardi 6 juin 2006, 22:29 par avanaé

Oh , oui ,très juste ! Je voyage beaucoup avec , aussi , mais avec de moins en moins de nostalgie , et de plus en plus de curiosité …Mais , c’est une intéressante définition , merci de l’avoir partagée , je l’aurais ratée , sinon ;)

2. Le mercredi 7 juin 2006, 17:40 par bregman

Très belle réflexion, en effet.
Ecrire, c’est vivre deux fois.