Imitant Samantdi, j’ai affirmé dix choses concernant ma vie. L’une d’elle est fausse et je vous laissais le soin de découvrir laquelle. Personne n’a trouvé, le mensonge était trop bien caché dans une demi-vérité. Mais les faux-vrais mensonges ne sont-il les plus crédibles. Je me souviens d’une phrase lue dans Télérama et que j’avais adoré. UN femme quittait son compagnon et lui laissait pour toute lettre d’adieu une courte lettre où elle affirmait deux choses, dont l’une fausse :
– je ne t’ai jamais été aimé
– je t’ai trompé…
A l’homme éconduit de se torturer à trouver la vérité. J’espère que vous ne vous êtes pas autant tirer les cheveux…

1. J’ai chanté Lili Marlène sur scène.
La preuve en photo. J’aurais voulu être une chanteeeeuuuuuse. Mais on m’a très rapidement dit que ce n’étais pas sérieux pour une jeune fille

2. J’ai fait l’amour dans un buisson d’un parc romain.
J’avoue. C’est vrai. L’été, devant le Colisée, sont projeté des films en plein air. Et pendant une séance, je me suis échappée, pas bien loin, avec un camarade de jeu au tempérament… volcanique, français d’origine russe vivant en Italie, un sacré cocktail. Cela dit, à la différence d’Alix, j’étais persuadée que c’était pendant la rétrospective Travolta à laquelle nous avons eu droit. LE Travolta de La Fièvre du samedi soir et de Grease

3. J’ai fait la grève de la faim.
Oui, pendant onze jours. Pour un conflit du travail où mes patrons de l’époque essayaient de nous lourder en catimini, moi et mes quelques camarades, sur des fautes imaginaires, pour ne pas avoir à rendre des comptes sur le changement d’orientation du journal devant la coopérative. Mes patrons d’alors étaient plus proches de Hue que du baron Séllières, ce qui ne les empêchaient pas d’utiliser des méthodes de voyou. Le pire de la politique. Je préfère bosser avec des vrais patrons, au moins ils jouent franc-jeu et annoncent la couleur. Pendant cette grève, je suis tombée malade, puis j’ai fait une gastro à cause des médicaments que j’avais ingurgité sans manger. SOS médecins appelé a refusé de venir quand ils ont su que c’était pour une gréviste de la faim. C’est une médecin de garde, à Montreuil, qui est venu. Il était beau avec son blouson de cuir marron. Il ressemblait au Dr Justice dans Pif. J’ai évidemment refusé d’être évacuée.
Nous avons fini par obtenir la clause de conscience et le droit de partir sans faute. Et ceux qui voulaient nous virer discrètement en ont été pour leurs frais. Ça a été une belle bagarre. Nous occupions nos bureaux. Chaque jour nous affichions le nombre de jours de grève sur les fenêtres et ça se voyait dans tout le carrefour. Nos familles faisaient signer des pétitions au pied de l’immeuble. Les autres salariés étaient obligés de passer sous les banderoles pour aller bosser. Ils ont le culot de s’en plaindre. Et au DRH venu demandé d’enlever les banderolles, Aude a répondu : « Qu’est que ça peut leur faire, de toute façon, ils sont déjà à genoux ! » Elle a toujours eu du répondant cette petite.

4. J’ai enseigné le catéchisme pendant deux ans.
Ma foi… c’est vrai. A l’époque, je croyais en Dieu. Et comme je suis une militante dans l’âme (pas au point de devenir bonne sœur, il ne faut pas confondre militantisme et mysticisme), à 13/14 ans, j’enseignais le cathé aux premières années. Et pendant que j’étais en train de répandre la bonne parole, la fille qui avait l’autre groupe faisait des pieds et des mains pour m’évincer. Soyez chrétiens et charitables… Ça a refroidi mes ardeurs. J’ai commencé à mettre en doute l’institution. Deux ans après, je perdais définitivement la foi.

5. Je lis Voici tous les lundis, ou presque.
Mais oui. Pourquoi le lundi ? Parce qu’il arrive sur mon bureau ce jour-là et que le lendemain, il a disparu. Et je le lis vraiment. Je ne me contente pas de regarder les images. Je le lis de A à Z. Enfin, non, ce n’est pas vrai, je laisse tomber les pages modes, formes, beauté. En fait, il n’y a que les potins qui m’amusent. D’ailleurs, à ce propos, il faudrait lancé un Voici de la Blogosphère. Ça pourrait être drôle.

6. J’adore toute la cuisine du sud-ouest sauf le cassoulet
Vrai. Luciole et Alixire ont expliqué pourquoi. Je déteste les haricot blanc. Toutes sortes de haricots secs d’ailleurs. Un traumatisme de cantine.

7. J’adore tricoter. J’ai réalisé des pulls magnifiques.
Comme dit Alixire, pour petits et grands. Pour mes sœurs, mes nièces, mes filles, mon mari, moi. Mais depuis que j’ai Internet à la maison, je n’ai plus le temps…

8. J’ai été championne départementale de tennis de table deux fois.
Comme dit Alixire qui décidément se souvient bien. Une fois pour de vrai. Je devais être poussin. Je pose ici avec mon équipe. L’autre fois sur forfait pas d’un, mais de tous mes concurrents. J’ai gagné sans disputer un seul match.

9. J’étais au Sénat lorsqu’on a annoncé l’assassinat d’Anouar el Sadate et j’ai fait une minute de silence en sa mémoire avec tous les sénateurs présents en séance.
C’est faux. Mais c’est en partie vrai. Je n’étais pas au Sénat, mais à l’Assemblée nationale. Je n’ai jamais mis les pieds au Sénat, même si j’ai été fictivement assistante de sénateur pendant une paire d’années. Par contre me souviens du choc et de l’émotion provoqués par l’annonce de l’assassinat du président égyptien dans l’hémicycle. Mermaz était président de l’assemblée. A sa demande, nous nous sommes tous levés et avons fait silence. Je ne me souviens plus du tout pourquoi j’assistais à la séance ce jour-là. C’était plutôt rare. J’ai dû y aller deux fois ou trois fois seulement.

10. J’ai choppé la dingue.
Pas la dingue bien sûr, mais la dengue. C’était une faute de frappe très bien détectée par Leeloolène. C’est une maladie tropicale qu’on choppe en se faisant piquer par les moustiques et qui donnent une fièvre de cheval. Certaines formes hémorragiques peuvent être mortelles. Pas celle-ci visiblement, puisque je suis là à faire des racontars.

Allez, j’en rajoute une dernière. Dans sept jours, je vais avoir 48 ans. Et cette affirmation là, hélas, est très vraie. Je ne vois guère le temps passer.

1. Le mardi 24 avril 2007, 01:31 par Otir

Bon, alors, j’ai été trompée :-) Mais comme j’ignorais que tu travaillais dans le domaine de la presse (d’après ce que j’aurais compris des commentaires des autres), je n’ai pas fait le rapprochement possible avec la lecture professionnelle.

Je me souviens moi aussi très bien de où je me trouvais lorsque j’ai appris l’assassinat de Sadate, dans un bureau du boulevard Haussmann, et si nous n’avons pas fait une minute de silence, nous avons certainement été abasourdis et observé un moment de silence atterré le temps de digérer la nouvelle.

Merci pour ce jeu !

2. Le mardi 24 avril 2007, 03:49 par Moukmouk

c’est bien terrible, de ne pas savoir, on a joué, on a perdu, mais tu devrais quand même nous le dire…

Quand à ta prétention d’avoir 48 ans, ça c’est faux, tu es beaucoup plus jeune que ça, c’est tellement visible.

3. Le mardi 24 avril 2007, 07:42 par Akynou

Otir : ce n’est pas pour des raisons professionnelles que je lis Voici, même si je le reçois au bureau. C’est parce que ça m’amuse.

Moukmouk : ha c’est bien vrai. Si jamais je n’avais pas révélé tout ça, je gage que beaucoup n’en auraient pas dormi la nuit :-)

4. Le mardi 24 avril 2007, 09:05 par andrem

Mais c’est que je n’ai PAS dormi de la nuit.

Le seul truc faux était que tu aies attrapé la dingue. Parce que franchement, dans notre monde de fous, qui trop embrasse mal étreint.

Alors je maintiens, Sénat ou pas sénat, orthographe ou pas orthographe. Jamais de ta vie tu n’as attrapé de dingue, et je cours vite.

Pour revenir à la vraie vérité, je reconnais que la mort d’Anouar El Sadate ne m’avait pas trop marqué. Pour probablement mille raisons d’époque j’étais passé à côté de l’importance de l’homme. Je pourrais en dire de même aujourd’hui avec Boris Eltsine, dont pourtant on voit se répandre partout les nécro zémues, surtout en occident d’ailleurs. Objectivement, il a pourtant eu un rôle décisif, mais ce rôle ne serait-il pas à mettre au crédit de Gorbatchev? Trop oublié, lui-aussi.

C’est souvent à travers le prisme des successeurs qu’on s’aperçoit de la qualité des prédécesseurs.

Yeah, l’aphorisme qui tue. La honte me submerge, mais je laisse pour te faciliter la tâche moqueuse.

5. Le mardi 24 avril 2007, 10:01 par Anne

Une semaine après ma môman (qui a en a 8 de plus et me disait elle aussi qu’elle ne voyait pas le temps passer).

Tu sais, je trouve que c’est bon signe, quand même.

C’était en 81, Sadate, c’est ça ? J’ai un souvenir de mon grand-père (exultant quelques mois plus tôt à la victoire de Mitterrand), qui avait lâché un « quelle drôle d’année pour l’humanité », ou quelque chose d’approchant…

6. Le mardi 24 avril 2007, 11:00 par Akynou

Andrem, ce n’est pas tant la personnalité de Sadate, encore qu’il avait reçu le prix Nobel de la Paix et qu’il était le premier chef d’Etat arabe à tenter de faire la paix avec Israel, mais on ne peut pas dire que ce n’était pas un grand démocrate, que le fait d’assassiner ainsi un chef de l’Etat. Il y en a eu d’autres, comme celui de Rabin, ou Olof Palme qui m’ont laissé la même impression de surprise et de choc. Avec en plus de la tristesse.

Eltsine est mort de mort naturelle. C’est notre lot à tous, c’est moins choquant.

Anne, oui, en 1981, octobre. Bon signe de ne pas voir le temps passer ? Je ne sais pas. Des fois, j’aimerais pouvoir en profiter plus. Même si j’ai l’intention de vivre très très vieille, j’en suis au milieu. Et je n’ai pas l’impression d’avoir vécu 48 ans…