Parfois, on se crée des peurs imaginaires et, parfois, elles sont vraies. Hier soir, je devais aller à l’école inscrire ma grande à un camp de vacances organisé par le centre aéré. Comme je n’avais pas son carnet de santé, en sortant du bureau hier soir, j’ai téléphoné au Nôm pour qu’il envoie Lou le porter à l’école qui est en bas de la maison. « Elle n’est pas encore là, m’a-t-il dit.
– Ce n’est pas grave, le temps que j’arrive, tu l’envoies dès qu’elle rentre. »

Et j’ai raccroché. Je suis descendue dans le métro et là, le flip. Merde ! il est 19 heures et elle n’est pas encore à la maison…

Le jeudi soir, Lou a coutume d’aller avec Garance et une copine de sa classe dans un local près de la maison où une association fait de l’aide au devoir. Pas qu’elle en ait vraiment besoin. Mais l’ambiance est sympathique et elle fait ses devoirs en toute tranquillité. Hier soir, Garance n’était pas là puisqu’elle n’était pas encore rentrée de sa classe de mer. Mais à 19 heures, normalement, Lou est à la maison. Elle sait que je ne veux pas qu’elle rentre au-delà de 18 h 30.

Pendant tout le trajet en métro, je surveillais mon portable pour voir s’il pouvait passer. Mais rien à faire. Heureusement, je n’en ai pas pour plus de vingt minutes changement compris. Mais vingt minutes, quand on flippe, cela peut sembler une éternité…

Je suis sortie du métro en courant et en remontant vers l’école, j’essayais de téléphoner. Et personne ne répondait. Et plus j’essayais et plus je me disais : « Il s’est passé quelque chose, il s’est passé quelque chose. » Le Nôm était à la maison la demi-heure d’avant avec les deux petites. Il n’était plus là. Il s’était forcément passé quelque chose.

Je suis arrivée à l’école dans tous mes états. En même temps, je ne suis pas passée à la maison parce que je me disais que tout ça n’était peut-être que le fruit de mon imagination parfois débordante. J’ai toujours tendance à imaginer le pire pour conjurer le mauvais sort.

Les flics de la brigade de proximité du quartier a fait une information dans les grandes classes mercredi, car, ont-ils expliqués, des enfants d’une école voisine auraient été agressés.

Le directeur du centre aéré que je devais voir n’était pas dans son bureau. Sur les conseils de la gardienne, je me suis mise à la chercher dans les classes. Cela me faisait rager de perdre du temps. J’étais sur des charbons ardents.

Et puis en revenant vers l’entrée de l’école, une bouffée de soulagement : Lou est là, avec son père. Je me précipite dessus, la serre dans mes bras. Et comme tout parent qui s’est fait une grosse frayeur, je l’engueule. « Non, mais tu as vu l’heure. Je t’ai dit que je ne voulais pas que tu rentres aussi tard de l’association. En plus, avec le rôdeur… » Et je la reprends dans mes bras en serrant fort, fort. Elle a les yeux rouges, je me dis qu’elle s’est aussi fait engueuler par son père. Elle arrive enfin à en placer une : « Maman ! je l’ai vu le monsieur. On a essayé de nous attraper F. et moi. » Je suis glacée. Elle me raconte alors qu’elle sortait avec son amie du local et commençait à descendre la rue pour rentrer, quand elles se sont fait apostropher par deux hommes qui ont commencé à leur courir après. Terrorisées, elles ont réussi à les éviter et se sont réfugiées dans le local de l’association. Au moins, les conseils de la police auront servi à cela : leur donner un bon réflexe. Si elles avaient essayé de rentrer chez elles, je ne sais pas ce qui se serait passé.

Je l’ai envoyée à la maison, en lui conseillant de mettre par écrit le plus précisément possible ce qu’elle avait vu des deux hommes. Et j’ai été faire ses papiers. Quand je suis rentrée dans l’appartement, les deux grandes pleuraient et le Nôm aboyait. J’ai calmé tout le monde. Lui, il avait eu une telle trouille qu’il se lâchait. Lou, encore sous le coup de l’émotion, pleurait à chaudes larmes, Garance, fatiguée par son voyage, imitait sa sœur. Un vrai psychodrame.
Et puis tout s’est dégonflé, nous avons mangé, j’ai envoyé les enfants au lit. Elles ont tout de même passé une bonne nuit. Preuve que le fait d’en avoir un peu parler avec Lou lui a permis d’évacuer un peu de son stress.

J’ai téléphoné à la directrice pour savoir à qui je devais signaler le cas (autant que ceux qui sont sur les précédentes affaires soient au courant rapidement) et je dois aller au commissariat avec Lou ce soir, déposer une main courante.

J’ai toujours craint ça. Mais sans doute pas au point de penser que c’était possible. Hier soir, j’étais partagée entre la peur rétrospective et une immense colère. Maintenant, j’ai juste les nerfs qui lâchent un peu. Mais ça va aller mieux…

Le vendredi 18 février 2005, 14:48 par leeloolene
Quelle horreur cette histoire !!… Bon courage et j’espère que les angoisses de Lou, des soeurs et de toute la famille vont s’estomper !! Bon courage…

Le vendredi 18 février 2005, 15:19 par oznej
J’ai le crops parcouru par des tas de frissons.. C’est horrible…

Qu’est-ce que c’est encore que ce truc..une nouvelle manière d’enlever des enfants…? Il faut que cette information soit donnée à un plus large publique et je m’en vais le faire des maintenant auprès de mes amies qui ont des enfants qui rentrent seuls de l’école…

Mais dans quel monde vit-on…

Heureuse que tout ce soit bien terminé..

Gros bisous à la sage Lou qui a eu la meilleure réaction..

OZ

Le vendredi 18 février 2005, 15:49 par Racontars
Dans le cas des enfants poursuivis par la camionnette, on pense à une expédition du père des enfants que la mère a fuit l’été dernier… Pour les autres, il s’agit bien de pervers.Le vendredi 18 février 2005, 16:09 par AnneOuf… heureusement, tout finit bien…

Quelle frayeur…

Bon, j’espère que vous vous remettez de cette grosse émotion tout doucement. et que le week-end vous permettra de vous changer les idées.

Des bises à vous 5

Le vendredi 18 février 2005, 17:10 par Kouignaman
ça fait froid dans le dos de lire ça! Et surtout ça met en colère.
J’espère que Lou et son amie « oublieront » rapidement cette histoire. Bon courage à tous.

Le vendredi 18 février 2005, 17:50 par Ebb
Quelle histoire d’horreur ! C’est affreux quand nos inquiétudes et prémonitions s’avèrent bien réels.

J’espère que ça ne se reproduira pas…

Bon courage à Lou (et à la famille) et bravo pour ses bonnes réactions.

Le samedi 19 février 2005, 22:01 par M&M
Ciel,quelle horreur! Les frissons me parcourent le corps :-(

Bizouxxx

Carole M&M

Le samedi 19 février 2005, 23:38 par Veuve Tarquine
Bisous à vous tous. Plein de pensées, de colère et de soutien.

Le dimanche 20 février 2005, 07:12 par jeff
bon courage.
Plein de pensées pour vous.
Faudra penser à féliciter les filles de bien avoir écouter!!!!
jeff découragé (dans quel monde vit on si même les enfants doivent avoir peur…)

Le dimanche 20 février 2005, 12:01 par racontars

A tous : Mrci pour vos mots et vos pensées. Ça fait du bien.
La colère, oui, je peux vous dire que jeudi soir, j’étais folle de rage. Vendredi, totalement HS Nous avons été au commissariat vendredi soir. Ils ont été parfaits. Lou s’est sentie rassurée. Mais maintenant, ça m’étonnerait qu’elle accepte de se rendre quelque part toute seule et je la comprends.

Jeff ; Quand j’avais l’âge de Lou, ça existait déjà et mes parents m’avaient bien avertie. La peur, celle-la a toujours existé. Je me souviens m’être fait importunée par un exhibitionniste dans la cage d’escalier de notre immeuble, je devais avoir 8 ans. Curieusement, je n’ai pas eu peur du tout, je l’ai juste trouvé franchement bizarre. J’avais senti qu’il ne me ferait pas de mal. Mais en arrivant à la maison, quand j’ai raconté cela, mes parents ont été aux quatre cents coups, mon père fou de rage. Je trouvais que ça ne valait pas le coup. Maintenant, je comprends…

Le dimanche 20 février 2005, 20:12 par carooooooh
plein de gros bisous pour toi,
en tous cas ta fille assure comme une chef ! elle a eu le bon réflexe, cette petite a du sang froid !

Le lundi 21 février 2005, 11:37 par Jazz
Alors là !
J’avais très peur en lisant le titre de ta note.
Puis une boule au ventre en lisant la note elle-même.
Heureusement que les filles ont eu la tête sur les épaules et ont su trouver une solution rapide et maline pour se mettre à l’abri ! Grâce à cette présence d’esprit, elles sont sauves et peut-être même que la description de Lou aidera la police à appréhender les pervers, qui je l’espère, seront poursuivis, suivis et mis hors d’état de nuire…
Un jour, j’en suis sûre, Lou repensera à cette histoire, en se disant que si ses parents ont crié et grondé ainsi, c’était une manifestation de leur amour. Et elle en rira probablement.
En attendant, vous pouvez vous dire que vous avez fait tout ce qui était en votre pouvoir, et ça, c’est bien.
Bon courage.