C’est le week-end de retour des filles. Je me dépêche de finir ce que je devais faire à la maison avant qu’elles n’arrivent. Pour le moment elles sont chez leur père. Ça me laisse un jour de répit. Mais je surveille les arrivées via mon téléphone portable.

Hier, Lou est arrivée la première. Une ado de son camp l’a prise en grippe pendant les quinze jours. Elle lui a piqué son portable et s’est acharné dessus. Quand Lou a constaté la disparition de son bien le plus précieux, tout le camp s’est mis à sa recherche. Et a trouvé des morceaux de la coque de protection, plus la batterie. Mais ni portable ni carte Sim. (Je lui foutrais des baffes à cette gamine). Lou m’appelle donc de la gare de Lyon à partir du téléphone d’un copain. Elle m’annonce que que les animateurs du camp on retrouvé le reste de son téléphone et la carte Sim dans la tente de la gamine. C’est toujours ça de gagné. Et elle ajoute : « Papa m’a dit qu’il fallait que je l’attende à la gare, qu’il ne viendrait que quand Garance arriverait. Ça me gave d’attendre trois heures toute seule. Est-ce que tu peux demander à papa si je peux pas aller avec E. ou B. (deux copines dont les enfants se sont retrouvés dans la même colo que Lou). »

Vu comme ça, je la comprends. J’appelle le père. Il est déjà à la gare. En fait, il n’avait jamais eu l’intention de la laisser attendre toute seule. Il l’a faisait marcher. J’adore son humour. Ma grande aussi… Enfin, ils se retrouvent. Je les laisse ensemble. J’ai à faire dans la maison.

Sur les coups de 21 heures, alors que je suis en réunion avec le bureau du club d’escrime, appel du père qui vient de récupérer la seconde. Il me l’a passe. Elle est en larmes. Ce qui est plutôt un bon signe. Oui, c’est le paradoxe du retour des colo. Plus l’enfant pleure, meilleure était sa colo, et plus sympas étaient les copains qu’il s’est fait. Je suis donc toute contente de l’entendre pleurer et je la console en lui disant combien je l’aime… Elle redouble de larmes et me repasse son père, un peu inquiet. Je le rassure. Je retourne à ma réunion.

22 heures et des brouettes. Coup de téléphone du père. Il a donné ses clés à Lou car elle ne voulait pas attendre Garance avec lui. Du coup, c’est le père qui a attendu tout seul. Ça lui apprendra à faire des plaisanteries idiotes. Lou est partie avec deux copines. Le problème c’est que le père est au pied de son immeuble avec Garance, mais Lou n’est pas là. Elle a dû déposer sa valise et ressortir (il voit ça à la position du verrou). Et elle n’est pas revenue. Du coup, il est à la rue avec Garance.

J’appelle E. et B. les deux amies qui sont venues chercher leur fils qui étaient dans la même colo que Lou. Ben non, elle n’est pas avec eux. Elles sont rentrées tout seules. Enfin, pas avec lou en tout cas. Je préviens le père. Il est maintenant 22h30. Je commence à me faire su soucis. Le père lui râle parce qu’elle a osé ressortir sans l’appeler. Du coup je m’énerve. D’abord, elle ne connait pas son numéro de téléphone par cœur. Il ne pense qu’à lui. Il ne s’imagine pas que si Lou n’est pas là à cette heure là, c’est peut-être parce qu’il lui est arrivé quelque chose. Je suis vraiment à cran.

Je retéléphone à mes amies. L’une fait la tournée des copains de colo dont son fils à le numéro de téléphone. L’autre voit du côté de l’HP. Je me sens totalement impuissante. Je rappelle le père que j’engueule copieusement. Il est paralysé devant l’appartement. Et Garance qui doit tomber de sommeil. Il est 23 heures passé maintenant. Je lui dis d’aller au commissariat. Une demi heure plus tard, il est toujours devant l’appartement. « Mais qu’est-ce que je fais de Garance ! Et puis comment je rerentre dans l’immeuble après (il y est entré grâce à un voisin…). » Une fois de plus, il ne pense qu’à lui…

Je suis totalement angoissée. Les amis du bureau deu club d’escrime tentent de me rassurer. De défendre le père (les hommes surtout : les mecs ne réagissent pas forcément comme nous et il doit aussi être pétrifié d’angoisse…). Je rappelle e. Rien de nouveau de son côté. Et elle me souffle à l’oreille : « Imagine qu’elle soit dans l’appartement en train de dormir… Mon fils, à peine rentré, c’est endormi d’un coup. Leur dernière nuit était blanche. » Je rappelle le père et lui soumet l’idée. Il y a bien pensé. Il a sonné : « Au moins cinq fois. » Et il ajoute : « Elle dort fort quand elle dort ? » Tu parles, dans certaines phases de sommeil, on pourrait faire sonner le canon qu’elle n’entendrait pas. Il a oublié ? C’est qu’il ne peut pas non plus faire trop de bruit à cause des voisins du dessous. « Oui, ils sont chiants, mais là, on les emmerde, non ? » Je raccroche.

Les amis autour de moi sont tous debout autour de la table. Ils sont tous inquiets et ne savent pas trop quoi me dire pour me rassurer. Nouveau coup de fil. C’est le père. Il a du sourire plein la voix. Lou était dans l’appartement. Elle dormait. Autour de moi, tout le monde se met à rigoler. C’est le soulagement général. Je rappelle E. pour la rassurer. Elle se charge d’appeler B. pour lui transmettre la bonne nouvelle.

Epilogue. Ce matin, le père a récupérer Léone, la petite dernière, à 6h54 du matin. Il ne m’a pas appelé pour me laisser dormir. Mais tout s’est bien passé. Quand je l’appelle à 11 heures, les trois filles sont en train de dormir.

Mortalité : quand la mère flippe, elle monte sur ses grands chevaux…
Mortalité 2 : quand la mère monte (sur ses grands chevaux), ça fait des vagues