Lili, dans son blog “En passant…” a fait un post sur la fessée. Ce moquant gentiment de l’annonce gouvernementale sur la fessée. Auquel j’ai répondu dans un commentaire : « Pourtant, c’est important aussi. Au delà du terme fessée, il y a les châtiments corporels dont sont victimes les enfants. Et il n’y a pas de quoi rire. »
Lili, qui a compris pourquoi je disais cela, a écrit un nouveau post sur la question, en réponse. Mais à sa lecture, je me suis rendue compte qu’il fallait que je sois plus précise. Parce que je reste en désaccord avec elle sur l’importance de la mesure. Et que les gens ne pourront comprendre ma position que si je raconte pourquoi. Il y a eu de nombreux posts sur ce blog sur ce thème. Je les ai virés parce que je suis en plein divorce, que l’avocat de mon mari est tordu et que je ne veux pas qu’il se serve de mes propos pour les retourner contre moi. Mais le commentaire que j’avais écrit chez Lili était trop long, et son blog l’a refusé. Alors voici ma réponse.
J’ai, comme toi, reçu des fessées quand j’étais enfant. Avec la main ou le martinet. J’ai même arraché les lianes du martinet ce qui fait que j’ai eu une fessée avec le manche, je n’ai jamais recommencé. Ça ne me semblait pas plus grave que cela. Cela faisait partie de la vie. Et je pensais sincèrement que c’était un bon moyen d’éducation. Parce que c’était ce dont mes parents étaient persuadés, ainsi que la plupart des parents à cette époque. Le fait que j’ai (toujours) un problème avec l’autorité, que j’ai piqué des colères monstrueuses jusqu’à ma dépression et ma thérapie (à 30 ans), que je fuyais tous les conflits et les rapports de force au point de me retrouver sous la table ou que je surréagisse par la violence ne pouvait évidemment pas être lié à cela. Ben voyons !
Quand j’ai eu mes enfants, j’ai commencé par reproduire ce geste : une bonne petite claque de temps en temps, une fessée, ça ne peut pas faire de mal. Sauf que cela réveillait des trucs douloureux et que je devenais violente. Et puis j’ai vu la terreur dans les yeux de ma fille aînée, alors, j’ai arrêté. Et j’ai trouvé d’autres solutions plus efficaces, mais beaucoup moins violentes. Mes filles n’ont rien d’enfants-roi.
Mais mon mari, lui, a continué. Il a été élevé à la trique. Et reste persuadé que c’est un excellent moyen d’éducation. C’était pourtant un papa poule extra. Jusqu’à ce que les enfants aient 4 ou 5 ans. Là , il est entré dans la phase d’éducation. Donc fessée, coups de ceinture, j’en passe… Je me suis toujours opposée à cela. Nous en avons discuté de nombreuses fois. Je me suis interposée physiquement. Je pensais qu’il avait compris parce que quand j’étais là , ça allait mieux. Mais il était beaucoup plus souvent à la maison que moi.
Ma deuxième fille a commencé à faire un blocage scolaire sévère en CP. Je n’ai pas fait le lien, puisqu’il “n’y avait pas de problème”. Nous avons mis en branle tout le système : Rased, orthophoniste, pédopsy… Au bout de presque deux ans, elle a craché le morceau : elle ne supportait plus les fessées et punitions de son père qu’elle ne comprenait pas. J’ai encore essayé d’en parler avec lui, mais, en même temps, c’était compliqué, parce que c’était mon mari, que je l’aimais.
Au bout du compte, ma fille était devenue violente contre elle-même et contre les autres enfants. Elle piquait des colères monstrueuses qui me rappelaient des souvenirs. Elle a fini par tout raconter à sa maîtresse qui a fait un signalement. L’institutrice a fait son boulot, je ne l’en remercierai jamais assez.
Nous avons été convoqués par le médecin scolaire, par le juge des enfants, nous avons eu une mesure d’évaluation et de suivi par des travailleurs sociaux nommés par le juge. Mais mon mari, en toute bonne foi, a continué le même principe d’éducation parce qu’il est pense que c’est le bon, qu’un père a le droit de battre ses enfants quand ils font des bêtises et qu’il ne veut pas que ses filles deviennent des délinquantes. Et que c’est une affaire privée qui ne regarde personne. Et surtout pas l’Etat.
J’ai été convoquée à la brigade des mineurs (entre autres) avec les filles. Nous avons toutes témoigné les unes après les autres. Puis on m’a lu les témoignages des filles. Ils racontaient tous la même chose, suivant leur âge (13, 9, 7 à l’époque). Et encore aujourd’hui, quand j’y pense, je pleure. Je me souviens entre autres du passage où celle du milieu s’accusait de n’avoir pas pu défendre sa petite sœur parce qu’elle était planquée sous le lit et qu’elle avait trop peur de son père.
Les travailleurs sociaux ont demandé à mon mari de quitter la maison. Ce qu’il a refusé de faire. Et comme on menaçait alors de nous enlever les enfants, c’est moi qui suis partie, avec les filles. Pendant cinq mois, nous avons campé dans des appartements qu’on nous prêtait ou chez des amis. Je ne remercierai jamais assez tous ceux qui m’ont aidée, dont Leeloolène. Et puis j’ai eu une proposition de boulot à Tours et nous avons quitté Paris.
Pendant une année, les deux dernières ont continué à dormir ensemble car elles avaient des terreurs nocturnes. La grande a fait une tentative de suicide. Mais maintenant, tout cela est loin. Elles vont bien.
Alors non, on n’a pas le droit d’éduquer ses enfants dans la violence. Quelle qu’elle soit. C’est déjà le cas légalement, chose que beaucoup de gens semble ignorer. Et non, les juges ne mettent pas tous les parents dans le même panier. Ils font parfaitement la différence entre une claque qui part une fois de temps en temps à cause de l’énervement – parce que les enfants, oui, ça peut-être très chiant – et les parents qui en font un principe d’éducation. Dans ce cas-là , ce ne sont pas des mesures de répression qui sont prises mais d’accompagnement pour que le parent en cause puisse changer de fonctionnement. Et quand ça ne marche pas, on l’éloigne.
Oui, il y a d’autres moyens d’éduquer ses enfants que les fessées et autres châtiments physiques. Sans pour autant être laxiste. Le coup, la fessée, la tape, c’est ce qu’il y a de plus facile. Ça part quand on n’a plus de mot. Efficacité 0. Le fait que je dise aux filles que mon seuil de tolérance est dépassé a toujours été plus efficace que tous les coups de mon mari.
Alors oui, il faut trouver des ressources pour imposer son autorité et oui, ce n’est pas facile. Moi, j’ai envie tous les jours d’ouvrir la boîte à baffes comme je dis. Mais je me retiens. Nous nous retenons toutes ensemble.
Oui, il faut que l’Etat puisse intervenir dans les familles pour protéger les enfants. Moi-même, je n’ai pas su le faire pendant longtemps, jusqu’à ce que je parte. Parce qu’il s’agissait de mon mari, que je l’aimais. Mon avocate m’a beaucoup aidé. Et les deux juges qui ont suivi le dossier, ils étaient remarquables. Parce qu’ils ont tout à fait compris ce qui se passait. Mais j’ai failli perdre mes trois filles.
Au Canada, la fessée est déjà interdite depuis des années. Avant, ça me semblait ridicule, insupportable. Mais je me suis rendue compte qu’en fait, c’était une bonne chose. Et si les associations de protection de l’enfance le réclament, c’est parce que sur le terrain elles ont pu mesurer l’importance de cette décision.
Par contre, d’accord avec Lili pour dire que cette décision a été présentée de façon tout à fait ridicule par le ministère et les médias. Et quand je dis qu’il n’y a pas de quoi en rire, je ne pense pas tant à ce qu’elle écrit dans ton post, qu’à certaines plaisanteries lues dans les commentaires, qu’à ce que j’en ai entendu à la radio, qu’à cette élue socialiste qui parlait de la nécessité d’une fessée pour Royal. Cette dernière est peut-être une tête à claque, mais la saillie n’était pas drôle, voire méprisante vis-à -vis des enfants que la loi veut essayer de protéger.
C’est que le mot de fessée fait rire, parce qu’il a également une connotation sexuelle. Si on cherche fessée, en image, sur google, on tombe immanquablement sur ces images coquines représentant une jeune femme renversée sur les genoux d’un homme, les fesses à l’air, en train de se faire administrer la fameuse fessée. Un même geste pour deux choses différentes et pourtant semblables. Tu ne trouves pas cela troublant ?
Le dimanche 29 novembre 2009, 14:31 par luciole
C’est parce que nous avons tous en nous cette part de violence que la loi nous fait si peur, nous nous sentons tous susceptible d’ĂŞtre hors la loi.
Pour ma part, je renforcerais plutĂ´t l’Ă©ducation des parents, que la loi punitive. Pour ce qui est des violences faites aux enfants, la loi actuelle me semble suffisante.
2. Le dimanche 29 novembre 2009, 14:57 par Lili
Je comprends encore mieux ta réaction et je ne te cacherai pas que je me doutais que derrière ton commentaire existait une histoire personnelle plus grave.
La question que je me pose maintenant c’est de savoir si avec une loi contre les chatiments corporels ton mari aurait eu une attitude diffĂ©rente………
Tu as raison, mille fois raison, et tu as Ă©tĂ© courageuse et je t’admire, mais une sĂ©rieuse communication sur la violence me semblerait vraiment plus utile qu’une loi qui conduirait Ă cacher ces comportements plutĂ´t qu’Ă induire une remise en question des comportements. Nous sommes une gĂ©nĂ©ration qui a connu les chatiments corporels, et communiquer sur ce point me semble indispensable.
3. Le dimanche 29 novembre 2009, 15:01 par poufpouf
Je suis de l’avis de Luciole.
Apprendre aux parents que des alternatives existent
Leur apprendre comment se faire comprendre des enfants, comment donner une gradation dans les punitions pour que leur sĂ©vĂ©ritĂ© soit en lien avec la bĂŞtise. Quand la fessĂ©e part, en dernier recours, je m’interroge toujours sur le « et après ? tu fais quoi ? ».
Leur apprendre Ă©galement comment Ă©vacuer leur trop plein de stress, de rage, d’agacement qui n’ont rien Ă voir avec les enfants mais que la rĂ©action de ces derniers vient invariablement raviver.
Mais j’ai toujours au fond de moi, en pleine fatigue, quand ça dĂ©borde, et que je donne une fessĂ©e, cette peur de ne pas arriver Ă me contrĂ´ler …
4. Le dimanche 29 novembre 2009, 15:11 par Floh
Bonjour Akynou,
J’ai suivi le dĂ©bat sur le blog de Lili. Je me sens un peu concernĂ©e par la remarque sur les commentaires lĂ©gers et moqueurs, et donc je me permets d’intervenir ici, pour la première fois. J’aurais prĂ©fĂ©rĂ© que ce soit dans un cadre un peu plus lĂ©ger, mais bon 
Ton tĂ©moignage est poignant, et donne beaucoup de sens au dĂ©bat. Je comprends que tu ressentes le besoin de recadrer les situations, et le besoin d’expliquer. Et mĂŞme si ça fait un peu conventionnel, je te le dis très sincèrement, j’admire ton courage, ta dĂ©termination et ton parcours. Je n’ai pas vĂ©cu le quart de la moitiĂ© de ce que tu as traversĂ©, et pour moi c’Ă©tait dĂ©jĂ le bout du monde.
Je comprends ton point de vue sur le dĂ©bat. Je reste nĂ©anmoins rĂ©ellement interrogative, au-delĂ du manque de communication de l’Etat, dont je ne reparlerai pas. Je m’interroge vĂ©ritablement sur la capacitĂ© Ă juger sur un acte qui, comme tu le dis très bien, n’a pas rĂ©ellement d’autre but Ă©ducatif, si ce n’est celui de « soulager » l’adulte. Tu as eu affaire Ă des juges comprĂ©hensifs, intelligents et qui t’ont Ă©normĂ©ment aidĂ©e, et c’est une bonne chose, mais chacun pourra-t-il avoir cette chance, avec une loi encore plus dure, et des juges moins comprĂ©hensifs? C’est une rĂ©elle question, parce que je ne me suis pas penchĂ©e sur le texte. Et j’espère avoir tort.
Dans mon enfance, j’ai dĂ» avoir un nombre de fessĂ©es qui peuvent se compter sur les doigts des 2 mains. Une seule claque, dont je me souviens encore (bien plus la brĂ»lure que la raison d’ailleurs). Je ne remettrai jamais en cause ces actes, parce que je pense sincèrement que c’Ă©tait en effet un « trop plein » de mes parents, mais ça ne m’a pas traumatisĂ©e. Comme disait quelqu’un sur les commentaires de Lili, je pense qu’on peut encore plus blesser par des mots sans mĂŞme lever la main, et que les dĂ©gâts peuvent ĂŞtre aussi terribles que les coups, sans pour autant, du coup, ĂŞtre « hors la loi ». Comment, dans ce cas, peut-on lĂ©gifĂ©rer en mettant des limites, en toute objectivitĂ©, et en s’assurant qu’il n’y aura pas d’abus, dans un sens ou dans l’autre?
Comme le dit Luciole, et après tout comme tu l’Ă©voques dans ton tĂ©moignage, le point crucial est sans doute l’accompagnement des parents, afin de les faire, s’ils le peuvent, changer de comportement, et prendre conscience de leurs abus. Mais une loi de plus que celle qui est est dĂ©jĂ prĂ©sente, est-ce que cela va rĂ©ellement apporter plus de prĂ©vention?
5. Le dimanche 29 novembre 2009, 15:47 par Akynou
La loi n’est pas seulement lĂ pour punir. Il ne s’agit pas de mettre Ă l’amende et d’emprisonner des parents dĂ©linquants. Mais de les faire rencontrer une institution qui leur fera prendre conscience de la rĂ©alitĂ© de la chose, leur permettra d’ĂŞtre accompagnĂ©s dans la rĂ©forme de leurs habitudes de leurs modes de pensĂ©e.
Et seulement si les choses n’avancent pas, alors lĂ , oui, intervenir plus fermement, Ă©loigner le parent. Et donner rĂ©ellement les moyens au juge de le faire. La loi actuelle n’oblige pas le parent violent Ă partir. Le seul recours du juge pour protĂ©ger les enfants, c’est de les placer. Et de les enlever du mĂŞme coup Ă l’autre parent qui n’est pas forcĂ©ment dĂ©faillant et qui est peut-ĂŞtre aussi tout autant victime (ce qui n’Ă©tait pas mon cas).
Mon mari et moi avons pu bĂ©nĂ©ficier de cet accompagnement, c’est une procĂ©dure très commune. Les juges en voient tous les jours des gens comme nous. Ça aurait pu s’arrĂŞter lĂ si quelque chose avait changĂ©. Mais il n’en a rien Ă©tĂ©, les enfants avaient toujours aussi peur.
Si une loi avait permis que mon mari soit simplement sorti de notre maison, qu’il soit obligĂ© de faire un travail de thĂ©rapie, etc. cela m’aurait Ă©vitĂ© cinq mois de galère avec mes filles Ă dormir Ă droite Ă gauche. C’Ă©tait violent. Nous Ă©tions toutes les quatre Ă courir dans Paris, Ă dĂ©mĂ©nager rĂ©gulièrement alors que lui vivait seul dans notre appartement de quatre pièces avec tout le confort. Est-ce que c’Ă©tait normal ? En mĂŞme temps, c’Ă©tait moins pire que rester. Très vite, les filles ont commencĂ© Ă aller mieux.
Mais nous, nous avons eu la chance d’avoir des amis pour nous hĂ©berger, que j’ai une situation, que je gagne bien ma vie, etc.
Si moi j’avais mis mon mari dehors, il aurait pu tout Ă fait lĂ©gitimement demander Ă rĂ©intĂ©grer le domicile et Ă ce que je sois moi condamnĂ©e. Je n’avais mĂŞme pas le droit de partir avec les enfants. C’Ă©tait abandon du domicile familiale. Et mon mari a demandĂ© la rĂ©intĂ©gration des enfants. Si le rapport des experts n’Ă©tait pas intervenu Ă temps, il aurait pu l’obtenir, ça se voit tous les jours.
Le juge des enfants n’a aucun pouvoir sur les parents, que celui de leur enlever les enfants. Et croyez-moi, ça c’est insupportable. Ce n’est mĂŞme pas une bonne solution pour les enfants. Les miennes Ă©taient terrorisĂ©es Ă cette simple idĂ©e. Au point qu’Ă un moment, elles ont pensĂ© refusĂ© de continuer Ă dire les choses.
Alors oui, il faut que la loi soit plus forte, plus claire et dise les choses de façon nette et prĂ©cise. Je prĂ©cise au passage que ce n’est pas une loi française mais une dĂ©cision europĂ©enne que la France est tenue d’appliquer.
Quant aux campagnes de prĂ©vention, il faut combien d’annĂ©es pour qu’elles soient efficaces ? Combien d’enfants seront-ils encore victime avant que ça change.
Ça fait combien de temps que les violences faites aux femmes sont réellement punies ? Très peu. Et avant, il y en a eu des campagnes de prévention. Pour quel résultat ? Ridicule !
Quant au courage, celles qui en ont eu, du courage, ce sont mes filles, qui ont dit. Qui ont rĂ©ussi Ă surmontĂ© leur peur, leur douleur, pour dĂ©noncer un père que pourtant, elles aiment. Mais qu’elles ont encore du mal Ă voir. Pendant des mois et des mois, elles se sont tues parce qu’elles ne voulaient pas que nous nous sĂ©parions parce qu’elles savaient que j’aimais mon mari. Et elles se sont protĂ©gĂ©es mutuellement. Et elles sont montĂ©es au crĂ©neau ensemble Ă partir du moment oĂą elles ont compris que c’Ă©tait inĂ©vitable. Et chacune Ă son tour elles m’ont obligĂ©, de façon très lucide, Ă continuer Ă me battre pour elles contre leur père. Ce sont des sacrĂ©es nĂ©nettes. et Je suis fière d’elles.
Moi, je n’ai fait que prendre des dispositions pour les soustraire Ă cette situation. Et Dieu sait s’il a fallu qu’on me foute des coups de pied au cul pour que je m’y mette. J’ai mis très longtemps, trop longtemps Ă rĂ©agir.
Je disais toujours que je voulais que mes filles soient des femmes libres et qu’elles n’acceptent jamais d’ĂŞtre battues ou rabaissĂ©es par amour. Et je me dis qu’elles sont sur le bon chemin. Mais Ă quel prix !
6. Le dimanche 29 novembre 2009, 15:55 par Akynou
Autre chose, je suis assez d’accord avec Luciole quand elle dit : »C’est parce que nous avons tous en nous cette part de violence que la loi nous fait si peur, nous nous sentons tous susceptible d’ĂŞtre hors la loi. »
J’irai plus loin. Cette loi telle qu’on la reprĂ©sente remet en cause l’Ă©ducation que nous avons nous-mĂŞme reçu et nous ne pouvons pas considĂ©rer nos propres parents comme des dangers, des criminels. MĂŞme si nous nous ne frappons pas nos enfants, nous ne pouvons pas dire que nos parents, nos grands-parents faisaient mal. C’est humain. Il a Ă©tĂ© plus facile de remettre en cause et de dĂ©noncer les violences des maĂ®tres Ă l’Ă©cole que celles des parents. Et pourtant, oĂą est la diffĂ©rence ? Qui aime bien châtie bien, dit l’adage. Si ce n’est pas vrai pour les maĂ®tres, pourquoi ce le serait Ă l’intĂ©rieur de la cellule familiale ?
Laissons nos parents et nos grands-parents oĂą ils sont et gardons leur notre tendresse. Parce qu’ils ne savaient pas. Mais maintenant, nous, nous savons. Alors c’est Ă nous que cette loi s’adresse et c’est Ă nous de faire changer les choses. Et si mon tĂ©moignage peut y aider, alors tant mieux. Mais une loi oui, une loi pour cette fois. Dieu sait si je suis la première Ă fustiger notre gouvernement quand il veut lĂ©gifĂ©rer sur tout et sur rien, juste parce que ça fait bien dans le tableau auprès des Ă©lecteurs. Mais bon, il y a des fois oĂą ça s’impose.
7. Le dimanche 29 novembre 2009, 16:02 par Akynou
Floh justement la fessĂ©e n’est pas lĂ juste pour soulager un parent au bord de la crise de nerfs. La gifle oui, la claque, la dĂ©rouille, Ă©ventuellement… Mais pour la fessĂ©e, c’est plus compliquĂ©. Il y a encore beaucoup de parents qui considèrent qu’une bonne fessĂ©e est nĂ©cessaire Ă la bonne Ă©ducation des enfants (j’avais Ă©crit des parents ;-)) Mon mari fait parti de ceux-lĂ . Pour lui, c’est un mode d’Ă©ducation normal. C’est celui qu’il a reçu, c’est celui qui a encore court chez beaucoup de gens de sa famille.
Et je connais dans mon entourage de nombreux gamins qui racontent à ma fille aînée des choses qui me serrent le cœur quand elle me les rapporte. Des fessées bien administrées pour éduquer, mater, corriger… le vocabulaire est extrêmement étendu…
8. Le dimanche 29 novembre 2009, 17:05 par julio
Mon père na jamais toucher un de sais enfants ni avec sa main ni avec des nos dur ou méchants ! Ma mère oui surtout mon frère qui était vraiment terrible pour les autres enfants. Moi je ne croie pas a l’éducation pars la force de quelque façon que se soi. Par contre ma mère avais des horaires très précis qu’il nous fallait respect, l’heur de nous couché des repas etc. elle ne tolérer les retards que quand ont allé au sport. Bon dans l’ensemble je suis asse d’accord avec akynou, même si les problèmes sa arrive aussi aux enfants qui nom pas était battu, subi des violences moi j’avais des problèmes a l’école, et je pleurer tout seule de ne pas comprendre et ma mère était plutôt gentils et compréhensible elle fessait se quelle pouvez pour moi. Ma mère nous appliquer la politique de la chaise el nous mette assis sur une chaise et elle commença a nous explique pourquoi sa il ne fallait pas faire, pourquoi il ne fallait pas trainer le soir etc. bon voila malgré le caractère violent de mon frère et dur du mien je pense que ma mère a su manouvre pour transformer nos caractères en plus, en volonté, en générosité etc.
Moi j’ai eu de la chance parfois je pense que dans une autre maison j’aurai fini bandit !
9. Le dimanche 29 novembre 2009, 17:36 par a n g e l
je n’ai pas tout lu les commentaires
j’ai Ă©tĂ© Ă©levĂ©e avec des coups et la ceinture, et je suis contre les fessĂ©es
j’avoue que chez moi, avec mes enfants, je donne deux tapes sur les fesses quand ils font un truc super grave (dernier en date, PItiGasson qui jette ses couverts de colère sur la table, la fourchette n’est pas passĂ©e loin de son frère) mais c’est plus le stress qui parle qu’autre chose (pareil quand LaPatate me lâche la main et se sauve dans la rue, il a une tape sur sa couche, ça ne lui fait pas mal du tout, mais il sait qu’il a fait n’imp’). Je donne des tapes sur la main (sans faire mal) quand j’ai dit dix fois non pour le gaz et que l’enfant y revient…
C’est tout.
C’est dĂ©jĂ trop je voudrais faire moins.
N’empĂŞche que cette loi je la VEUX et je l’ESPERE, parce que si je sais que chez moi la violence est maĂ®trisĂ©e, et rĂ©flĂ©chie, etc, ce n’est pas le cas pour beaucoup. Des enfants qui se prennent des volĂ©es en public, des baffes aussi, j’en vois TOUT LE TEMPS! Et ça me rĂ©volte.
Donc OUI A CETTE LOI:
http://lataiedoreiller.blogspot.com…
(deuxième partie du billet)
pour que plus jamais des vieilles connes ne se permettent de martyriser des petits Arthurs.
et que les parents sachent que la loi dit le contraire de leurs pratiques!
:'(
10. Le dimanche 29 novembre 2009, 19:47 par PASDUPE
Je suis un des parents d’avant, je remercie Akinou de son indulgence pour nous.
11. Le dimanche 29 novembre 2009, 20:59 par luciole
Attention, j’ai bien parlĂ© d’Ă©ducation des parents et pas de prĂ©vention. Former un rĂ©seau d’aide qui puisse agir en prĂ©vention. Bien sur que des campagnes d’affichages me semblent totalement insuffisantes.
Sinon, tu as raison, la loi telle que tu la dĂ©cris est insuffisante, mais ça ne concerne pas l’interdiction de la fessĂ©e, ça concerne, l’accompagnement, le suivi et la protection des enfants maltraitĂ©s. Je trouve moi aussi scandaleux, que vous ayez Ă©tĂ© contrainte de partir. Il devrait en effet exister des mesures d’Ă©loignement du parents coupable de maltraitance.
Ce que je voulais dire c’est qu’il me semble que la loi interdit dĂ©jĂ la maltraitance sur enfant, alors une loi interdisant spĂ©cifiquement la fessĂ©e…
12. Le dimanche 29 novembre 2009, 21:44 par claramar
Je me pose beaucoup de questions sur l’Ă©ducation depuis que je suis maman…j’aimerais Ă©lever ma fille sans violence, alors je travaille sur moi quand je sens que la cocotte minute bout…mais elle est encore petite, je sais que ça ne va pas ĂŞtre facile tous les jours…mais je suis convaincue que c’est aux parents de s’Ă©duquer…
A lire pour y rĂ©flechir, un petit document rĂ©alisĂ© par la Maison de l’Enfant : http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0…
Et un texte intéressant :
http://web.me.com/jacornet/Site_1/P…
13. Le dimanche 29 novembre 2009, 22:35 par Akynou
Luciole, sur la prĂ©vention, je rĂ©pondais Ă Lili, pas Ă toi. J’ai bien compris ce que tu disais.
Le problème de la fessĂ©e, c’est qu’elle n’est pas reconnue comme une maltraitance, mĂŞme par certains juges. Ce mot, c’est un peu un terme gĂ©nĂ©rique qui caractĂ©rise le châtiment physique sur les enfants, comme principe d’Ă©ducation, pour le sĂ©parer justement de la claque qui part sous le coup de l’Ă©nervement, ou de la dĂ©rouille que tout le monde reconnaĂ®t dĂ©jĂ comme une maltraitance. Et encore une fois, c’est une loi europĂ©enne que la France va devoir appliquer, pas une trouvaille sortie du chapeau de la ministre
14. Le dimanche 29 novembre 2009, 22:50 par Bladsurb
Dans la dernière loi en prĂ©paration contre les violences conjugales, je relève de cet article le passage suivant :Le juge aux Affaires Familiales peut ordonner des mesures d’urgence comme l’Ă©viction prĂ©alable du conjoint violent si les brutalitĂ©s exercĂ©es par l’un des conjoints mettent en danger l’autre ou les enfants. Toutes formes de violences qu’elles soient physiques, morales, psychologiques et sexuelles ou harcèlement peuvent justifier ces mesures.
Je ne sais pas dans quel mesure cela pourra servir pour les cas de violences purement parentales et non conjugales, mais au moins le caractère d’urgence nĂ©cessaire est pris en compte.
15. Le dimanche 29 novembre 2009, 23:13 par julio
La loi existe en Espagne depuis quelque temps déjà !
Sais comme el defensor del niño sa existe depuis de nombreuse années !
16. Le lundi 30 novembre 2009, 00:41 par saperli
Merci Akinou de si bien dire les choses malgrĂ© ce que ton rĂ©cit doit Ă©veillĂ© comme mauvais souvenir. Je suis par contre Ă©berluĂ©e d’entendre les rĂ©actions dans les mĂ©dias. Interdire les châtiments corporels envers les enfants, me semble très urgent et il n’y aura pas de vĂ©ritable Ă©ducation des parents tant qu’ils ne se sentiront pas obligĂ©s de recourir Ă d’autres mĂ©thodes.
17. Le lundi 30 novembre 2009, 01:49 par Akynou
Bladsurb. Dans le cas de violences uniquement sur enfants ce n’est pas le JAF qui intervient, mais le juge des enfants. Qui n’a pas ce pouvoir lĂ . Pour aller devant le JAF, il faut introduire une demande de divorce ou de sĂ©paration. Ce que j’ai fait. Mais c’est long :-). Si j’Ă©tais restĂ©e Ă Paris, j’aurais pu rĂ©cupĂ©rer l’appartement, mais je suis partie en fĂ©vrier et le JAF nous a vu en juillet… Puis après il a fallu attendre sa dĂ©cision qui a Ă©tĂ© rendue en septembre.
18. Le lundi 30 novembre 2009, 09:49 par Anne
A vrai dire, je n’ai pas grand chose Ă dire de plus que ce qui a dĂ©jĂ Ă©tĂ© dit dans le billet et les commentaires. Oui, la violence est un signe qu’on a plus les mots, oui, bien sĂ»r, elle doit ĂŞtre totalement bannie.
Mais je suis surtout sans mots devant le lien que tu fais en fin de billet entre la fessĂ©e punitive et la fessĂ©e sexuelle. Bon sang mais c’est bien sĂ»r… et ce que ça rĂ©vèle de psychologie du parent laisse sans voix…
19. Le lundi 30 novembre 2009, 10:47 par Lili
Je crois que je comprends mieux aujourd’hui l’enjeu de cette loi grâce Ă ton intervention (merci de l’avoir fait). Je ne voyais dans la fessĂ©e que la tape que l’on donne dans un mouvement d’agacement, et je n’imaginais pas combien c’Ă©tait compliquĂ©e de soustraire des enfants Ă leur père violent malgrĂ© les tĂ©moignages.
Continue d’intervenir quand je dis des bĂŞtises loooool
20. Le lundi 30 novembre 2009, 13:31 par akynou
Anne : enfin une que cela fait réagir.
Beaucoup de commentaires que j’ai lu ailleurs font des rĂ©fĂ©rences implicites Ă ce lien, sans mĂŞme sans rendre compte. C’est d’une rare violence.
Lili. J’avais exactement la mĂŞme rĂ©action que toi avant de vivre tout ça 
21. Le lundi 30 novembre 2009, 15:42 par Lyjazz
Tout Ă fait d’accord : il faut interdire la fessĂ©e, c’est sĂ»r. Et toutes les autres mĂ©thodes violentes bien entendu.
Et je sais fort bien que ce n’est pas facile.
Pour faire avancer le dĂ©bat je donne le lien vers l’OVEO Observatoire de la Violence Educative Ordinaire, oĂą vous trouverez des informations et des tĂ©moignages.
Et pour tous les parents qui cherchent des solutions, il y a aussi une liste de discussion yahoo qui est un lieu de parole et de recherche de solutions. Elle s’appelle Parents conscients.
22. Le lundi 30 novembre 2009, 16:10 par Lyjazz
D’ailleurs, ton tĂ©moignage Akynou aurait sa place sur le site de l’OVEO.
J’ai oubliĂ© de citer aussi l’ouvrage d’Olivier Maurel : La fessĂ©e, et un texte qui en parle
Ainsi qu’un texte d’Alice Miller Ă ce sujet. Un autre lĂ .
Je garde toujours en mĂ©moire l’idĂ©e que je n’irais pas mettre une baffe (ou une fessĂ©e, ou une tape sur la main) Ă un invitĂ© qui aurait fait tomber son verre, ou cassĂ© un Ă©lĂ©ment du mobilier. Mais que l’Ă©ducation veut souvent dire qu’on va le faire Ă un enfant.Sans vergogne.
Et ça m’aide bien.
23. Le lundi 30 novembre 2009, 19:15 par julio
Je ne suis pas entièrement d’acore avec Alice Miller. Il y a trop de certitude et de vérités toute faite dans sais propos. Les pas de l’humain ne sont pas toujours marque pars sont environnement. Un homme peu très bien avoir était élever dans la tendresse et le bonheur et devenir une Tyran. A se sujet l’Allemagne nazi je ne croie pas que les allemands était moins bien élèves que les autres peuples et pourtant il on voulu exterminer un peuple !
Je confirme ma volonté de dire que toute agression contre un enfant, une femme et toute personne faible dans une société doit être sanctionne avec la plus grande sévérité ! Sais jours si j’avais en tête le meurtre de sais deux jeunes femmes Géraldine et Katia, et je me dis comment ont peut tuer en regardent une personne dans les yeux et peut-être qui vous supplie comment on peu faire ? Je ne croie pas que même désocialise l’homme puis commettre se genre de crime il faut chercher la réponse ailleurs. Pour la maltraitance pareille je suis pour la sanction pour des raisons évidente de protestions de l’enfant.
24. Le lundi 30 novembre 2009, 22:57 par Jeanne
C’est Ă mes yeux ,et mon coeur, le plus beau billet que tu aies Ă©crit….
25. Le mardi 1 décembre 2009, 10:30 par laure
Je suis moi aussi contre la violence, et pourtant, j’ai la main leste.
Souvent, quand une baffe part, c’est d’Ă©nervement, et je le regrette. Pourtant l’autre jour, je me suis dit calmement « il faut que je donne une baffe Ă ma fille ». Ça m’a moi-mĂŞme Ă©tonnĂ©. Je raconte. Tous les jours, quand nous revenons de l’Ă©cole, elle, son frère et moi, elle le pousse pour arriver la première Ă la porte, manquant de le faire tomber sur les cailloux. Elle sait que c’est dangereux. Le lui expliquer une n-ième fois serait la prendre pour une imbĂ©cile qu’elle n’est pas. Elle sait que ça me met hors de moi. Et c’est tous les jours, 5 jours par semaine, depuis des mois. Je lui ai donc annoncĂ© une baffe pour la prochaine fois. Elle l’a eu. Le problème est rĂ©glĂ©. Je ne sais pas quoi pensĂ© de ça. J’ai surement ratĂ© un truc quelque part, mais souvent, elle est comme ça. Les explications et autres punitions rĂ©flĂ©chies font effet 98% du temps. restent 2%…
26. Le mardi 1 décembre 2009, 12:52 par Moukmouk
Très bon billet. Il me semble que ce soit une question de culture. La violence est encore perçue en France comme une mĂ©thode d’Ă©ducation et la loi pourrait ĂŞtre un des Ă©lĂ©ments permettant de changer cette attitude.
L’exemple de Laure (25- qu’est en fort probablement une mère qui veut le mieux pour ses enfants) est clair. Elle est persuadĂ©e que la baffe est une bonne mĂ©thode, alors pourquoi en chercher une autre ?
27. Le mardi 1 décembre 2009, 14:21 par Clopine Trouillefou
Akynou, me permettrais-tu de recopier ton billet sur mon blog ? Parce que je suis entièrement d’accord avec toi, et qu’il est sincèremente et clairement exposĂ©…perso, avec mon Clopinou, il y a eu deux ou trois (bon disons 5 ou 6) « raclĂ©es » (pas des fessĂ©es mais une grande gifle, on retourne le gamin, on lui donne un coup de pied dans les fesses pour qu’il dĂ©gage et on l’accompagne jusqu’Ă la porte de la chambre qu’il est sensĂ© occuper jusqu’au pardon de l’offense…) quand il Ă©tait petit, c’est vrai, et je m’en voulais de faire ça mais le fait de culpabiliser n’avançait Ă RIEN.
E puis il a grandi et quand il a eu neuf ou dix ans, je me suis rendue compte, un jour, qu’il avançait en serrant les dents vers les coups, parce que me dĂ©fier Ă©tait plus important pour lui que le reste, et qu’il savait, justement, qu’après je culpabilisais Ă mort.
Alors je lui ai dit, en prèsence du père et en le regardant droit dans les yeux : « Bon c’est fini maintenant. Je ne te giflerai JAMAIS PLUS. Tu auras beau faire le pire du pire, ĂŞtre infect tant que tu voudras, tu ne recevras plus un seul coup de ta vie. Par contre, attends-toi Ă ne plus accĂ©der Ă tes Ă©crans favoris (tĂ©lĂ©, ou play station), et Ă avoir quelques petites punitions Ă effectuer…
IL n’avait le droit de revenir Ă table, ou dans la salle, ou près de moi, qu’après avoir accompli la punition. J’essayais que cette dernière ait le plus possible Ă voir avec la connerie faite. Par exemple, s’il foutait le bordel dans la salle, il devait non seulement ranger, mais Ă©crirev vingt fois « on ne joue pas au foot dans la salle en pĂ©tant la plante verte, mĂŞme avec un ballon en mousse »…
Il est adolescent maintenant et il est très dur, le Clopinou, mais ça a quand mĂŞme marchĂ©. Et franchement, on respire mieux quand on s’interdit de lever la main sur un plus petit que soi…
Et du coup, il ne nous dĂ©fie plus, enfin, plus de la mĂŞme manière… Il a seize ans et doucement, doucement, je le vois qui Ă©volue dans le bon sens..
Bon, j’attends ta rĂ©ponse avant de copiercoller ton texte, lĂ .
Clopine
28. Le mardi 1 décembre 2009, 20:00 par Akynou
Laure, oh que je te comprends. Mais tu es l’illustration de ce que je dis : les coups viennent quand on n’a plus de mots. Cela dit, je suis tout Ă fait partisane de mettre ses menaces Ă exĂ©cution. Sinon, après, c’est pire.
L’explication du fait qu’il ne faut pas faire ça ou ça, quand l’enfant cherche ses limites, ça ne sert plus. Il a très bien compris qu’il ne faut pas le faire et pourquoi, c’est justement pour cela qu’il le fait. Il cherche juste le moment oĂą on va craquer. C’st les 2%
Le problème de la gifle, c’est que si cette limite-lĂ n’avait pas suffit pour ta fille. Y a des p’tits comme ça qui ont la tĂŞte dure, tu fais quoi après ? Ça finit toujours par arriver ce moment-lĂ . Mon père nous donnait des fessĂ©es que je juge encore aujourd’hui trop violentes. Ça n’empĂŞchait pas une de mes sĹ“urs d’aller le dĂ©fier : cogne, je m’en fous, mĂŞme pas mal… Ça allait très loin. C’est ce que dis aussi Clopine.
Mais trouver autre chose, c’est pas forcĂ©ment Ă©vident. Ça peut-ĂŞtre la suppression d’un truc auquel ils tiennent particulièrement et des fois nous aussi. Garance, la dernière fois oĂą elle a passĂ© les bornes, est restĂ©e Ă Tours au lieu de venir avec moi voir Carmen Ă l’OpĂ©ra comique. C’Ă©tait un moment unique pour elle, je le savais. Mais j’ai tenu bon. Par contre, que je lui supprime sa DS ne sert Ă rien. Elle me la tend d’elle-mĂŞme, par dĂ©fi. En revanche, la DS, voilĂ qui marche bien avec LĂ©one. Je m’adapte.
Parfois, je les prends entre quatre yeux et je leur demande ce qu’elles veulent. « Tu me cherches, j’ai compris. Mais pourquoi ? Est-ce que tu es capable de me le dire. Et pourquoi tu me cherches lĂ dessus. » Je ne leur dis pas de façon amicale. C’est pas une discussion. C’est froid et coupant. On règle le problème, on ne s’explique pas, on ne s’excuse pas, on n’est pas copain. Elles me gavent, je le leur montre. Parfois, ça suffit Ă faire tomber la mayonnaise. Mais il n’y a pas de recette magique. On ne peut que naviguer Ă vue.
Et puis je gueule. Faut pas trop en demander quand mĂŞme. Je ne suis pas une sainte. Il faut des soupapes. Quand ça ne va pas, quand elles me tapent sur le système, au bout d’un moment, je sors de mes gonds et je leur hurle dessus. Elles aussi, pas sur moi, mais les unes sur les autres. La maison, c’est les Hauts du Hurlevent, nous crions toutes. C’est les voisins qui sont contents. Quand ils prĂ©paraient leurs exams, ils sont venu me voir pour me demander de mettre une sourdine pendant quelques jours parce qu’ils n’en pouvaient plus
Mais dans le cas de la grande, les cris, c’est cautère sur jambe de bois. C’est juste moi que ça soulage…
Clopine, si tu veux, toujours avec les mĂŞmes conditions : signature et lien sur mon blog
ce que tu racontes, c’est ce qui me faisait craindre d’avoir un p’tit gars. Je maĂ®trise très mal le rapport de force.
29. Le mercredi 2 décembre 2009, 12:44 par Zoë Lucider
Bonjour, j’ai fait un post sur la fessĂ©e qui a recueilli un record de commentaires des plus ironiques aux plus Ă©nervĂ©s. C’est un sujet qui fait mal si je puis me permettre.
Je suis contre la fessée et pour une loi qui oblige les parents à se sentir vraiment coupables quand ils lèvent la main sur leurs enfants
30. Le mercredi 2 décembre 2009, 16:23 par andrem
Depuis plusieurs annĂ©es que je traĂ®ne mes guĂŞtres par ici, j’ai suivi les errances de la mère et des trois filles, fuyant la violence, les violences, car les mĂ©canismes de sauvegarde inventĂ©s par la SociĂ©tĂ© ne sont pas de tout repos non plus.
Je suis très sensible Ă cette question de la violence aux enfants, et dĂ©sarmĂ© dans mes rĂ©flexions Ă ce sujet. J’ai subi la violence, enfant, et le sujet me paralyse.
Je connais cette peur maladive du conflit, ces bouffĂ©es incontrĂ´lables qui soudain me pousseraient au meurtre pour un oui pour un non, et qui s’enracinent en effet dans le plus jeune âge, qu’on ait subi la violence ou qu’on en ait Ă©tĂ© tĂ©moin. Et j’ajouterais que la violence verbale n’est pas la moindre, je sais comme je suis paralysĂ© par les grandes gueules.
A l’inverse, Akynou dit très bien le sentiment d’impuissance qui saisit parfois le parent face au dĂ©fi, Ă l’escalade, au jusqu’au boutisme de l’enfant. Parfois je me dis, sans avoir raison pour autant, qu’une tape lĂ©gère vaut mieux qu’un hurlement.
Pour qui veut un exemple saisissant des traces laissĂ©es par l’Ă©ducation par la violence (et sans nĂ©cessairement qu’elle se manifeste par des coups), il faut voir le film d’Haneke, « le ruban blanc ». J’ai du mal Ă m’en remettre, je m’y suis cru chez moi, un temps.
31. Le vendredi 4 décembre 2009, 04:08 par laure
Moi aussi je gueule! Une autre soupape, chez nous, c’est l’autre. Mon mari est très prĂ©sent, et quand je n’en peux vraiment plus, il m’arrive de lui dire « prends le relai oĂą je tape dessus ». Inversement, quand c’est lui qui pète les plombs, j’interviens et lui dit d’aller voir ailleurs si on y est le temps de se calmer. On est deux, on n’a jamais subi de violence, on est tout deux capables de s’exprimer avec des mots, et l’appart est grand. Ça aide. Des fois, je me dis que je comprends les drames familiaux des faits divers…